LA FRANCE A LA VBILLE DE LA 6UBRRB
joué d'ailleurs un rôle prépondérant fort contraire aux théories socialistes.
Tout en perdant ses principes théoriques le socialisme ne saurait disparaître parce qu'en dernière analyse il représente la tendance à l'amélioration du sort des travailleurs. En Allemagne, il représentera un jour les idées de liberté et d'égalité dont ce pays reste si loin encore.
On ne saurait s'étonner, d'ailleurs, qu'il y apparaisse un jour sous une forme violente parce que pour un grand nombre de ses adeptes, il constitue un état mental beaucoup plus qu'une doctrine. La mentalité révolutionnaire a été observée à toutes loi époques et s'exerce dès qu'un pré-exte quelconque lui est fourni. L'hérétique des guerres de religion, le terroriste de la Révolution, lo nihiliste des conspirations russes, l'incendiaire de la Commune appartiennent à une même famille psychologique.
§ 3. — L'idée d'une grève générale en cas de guerre.
L'idée d'une grève générale en cas de guerre, conçue par le parti socialiste français unifié, est une des plus singulières aberrations que des cerveaux de rêveurs aient jamais enfantées. Elle montre à quel point le voile des illusions peut masquer les réalitéf
On se souvient comment, la veille même du conflit, nos députés socialistes découvrirent, après de longues délibérations, que, pour rendre une guerre impossible, il suffirait aux travailleurs allemands et français, si leurs gouvernements la déclaraient, de se mettre en grève.
Voté à une grande majorité chez les socialistes
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unifiés français, le projet de grève devait être présenté par eux au Congrès International qui allai se tenir à Vienne un peu avant le début des hostilités.
Sans doute, les collectivités sont à l'abri de la honte ; mais elles se composent d'individualités qu'un tel sentiment aurait dû atteindre. Il n'apparaît pas cependant que les propositions, réalisées sous l'œil ironique des socialistes allemands, aient fait rougir les auteurs du projet.
Une vieille légende, rarement démentie par l'histoire, assure que Jupiter commence par troubler l'intelligence des hommes qu'il veut perdre. Le maître des dieux avait sûrement frappé de démence les socialistes qui votèrent ainsi la grève des soldats français en cas de guerre.
Le soutien apporté à l'impérialisme par les socialistes allemands permet de pressentir avec quel mépris ils auraient accueilli la proposition de leurs collègues français. Pour avoir songé à la faire, il fallait cette totale incompréhension entre races dont j'ai, bien des fois, signalé les effets.
Comment, cependant, parmi les auteurs de cet humiliant projet, ne s'en est-il pas trouvé un seul sachant à quel point les socialistes allemands étaient dans les mains de leur gouvernement ?
Heureusement pour notre destinée, les discours des rhéteurs socialistes n'ont exercé aucune action sur l'âme ancestrale des futurs combattants. Leurs bavardages n'entravèrent en rien l'élan national qui souleva toute la France au moment de la guerre.
Le socialisme s'est d'ailleurs tout à fait effondré pendant la guerre. Chacun a vu que la solidarité