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LA FRANCE A LA VEILLE DE LA GUERRE

internationale des ouvriers n'était qu'une de ces formules dont le prestige dissimule la faiblesse. Les prêtres de la foi socialiste restèrent seuls convaincus de la justesse de leurs dogmes. Le congrès qu'ils eurent la malheureuse idée de tenir à Londres pendant la guerre semble prouver qu'ils n'ont rien compris, rien ? ;^pris.

L'ordre du jour voté à Londres, écrivait M. Charmes, a ressemblé à ceux qui l'avaient précédé dans d'autres Congrès.

On y a retrouvé la guerre de classes, le pacifisme avec toutes ses chimères dout la niaiserie apparaît en ce moment si manifeste, la distinction entre les peuples qui sont pour nous des frères et leurs gouvernements qui sont seuls des ennemis, l'espérance qu'après la guerre les nations libérées, dont on excepte l'Alsace-Lorraine, seront admises à disposer de leurs destinées, c'est-à-dire à énoncer leur volonté par plébiscite, etc., etc. Le morceau se termine par une attaque contre le gouvernement russe pour ses méfaits habituels. |jd. Sembat était-il là à sa place? Nous voudrions lui trouver une excuse : peutêtre a-t-il cru qu'en y allant il exercerait une heureuse influence sur le Congrès et l'empêcherait de voter ces inepties dangereuses; mais, dans ce cas, il a trop présumé de son influence : il a dCi se soumettre à Londres et peut-être aurait-il dû ensuite se démettre à Paris.

§ 4. -— La vie politique.

On sait ce que fut notre vie politique pendant ces dernières années : persécutions religieuses féroces, non seulem.ent des congrégations, mais encore de tous les citoyens n'appartenant pas au parti dominant. La terreur régnait dh haut en bas de l'échelle sociale. Le député faisait trembler ses adversaires, mais il tremblait lui-même devant les injonctions de petits comités électoraux où trônaient, à côté des débitants de boissons, les éléments les moins recgmmandables de chaque cité.

La caractéristique du gouvernement radical-socialiste était l'arbitraire le plus complet. Il professait un entier dédain pour les droits acquis, les lois, les conventions, les contrats. Ses ennemis semblaient être la propriété et le capital, et c'est contre eux qu'il légiférait sans trêve.

Tous les moratoriums désastreux du début de la guerre furent les conséquences de ce terrible esprit jacobin, ne reconnaissant d'autre loi que son propre intérêt et sa volonté. Aussi, accumulait-il les plus maladroites et les plus ruineuses mesures. M. R.-G. Lévy fait remarquer que :

... Lo Cabinet, qui, au début de 1914, avait jugé la situation do notre trésorerie prospère et un appel au crédit inutile, poussa nos établissements de banque à émgttre des emprunts balkaniques, notamment une rente turque, dont le produit servit en grando partie à acheter des navires, à payer la mission militaire allemande à Gonstantinople, à équiper l'armée qu'on mettait sous les ordres d'un général prussien et qui ne devait pas tarder à être mobilisée contre nous.

Les grands établissements de crédit étaient malheureusement entre les mains de gouvernants qui, faisant payer cher leur protection, enrichissaient une nuée de protégés aux dépens de ces sociétés.

Elles se rattrapaient en plaçant dans leur clientèle des actions de plus en plus véreuses, mais leur procurant de fortes remises. Le pillage de la fortune publique et privée devenait général.

On sait quelles étaient, avant la guerre, les préoccupations de la Chambre. Les persécutions religieuses ayant paru insuffisantes, elle discutait ce qu'on appelait la « défense laïque ». Les socialistes se trouvaient absorbés ar l'établissement de l'im ôt sur le

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