LE GOUVBBNEMENT DE LA FRANCE
Dans les mairies, y compris celles de Paris, gaspillages analogues. Le rapporteur cite des employés de la Ville qui, en plus de leurs appointements de 4.000 francs, se faisaient allouer 4.100 francs de supplément. Des rédacteurs à 4.400 francs touchaient en plus 2.415 francs. Toutes ces allocations étaient imputées, bien entendu, à des chapitres variés. L'auteur conclut en disant :
Comme on le voit, les finances départementales ou communales sont, parfois, administrées dans des conditions aussi déplorables que les finances nationales... Il n'est guère qu'une chose bien organisée en France, c'est l'irresponsabilité générale.
La guerre ne fît donc qu'aggraver une situation déjà ancienne.
Un autre député, M. Boussenot, dans la séance du 10 mars 1916, montrait à quel point les services de la marine avaient été désorganisés. Navires réquisitionnés, puis oubliés de longues semaines dans les ports sans qu'on les employât, alors que nous manquions de moyens de navigation. Bâtiments chargés sous la direction d'officiers de cavalerie, et si mal aménagés qu'il fallait faire escale en route pour les recharger ; bateaux réquisitionnés et envoyés de port en port à des autorités qui ne savaient à quoi les utiliser. 11 faut évidemment voir dans tous ces faits la conséquence d'une mentalité générale.
Durant la guerre, comme avant la guerre, l'État industriel se montra très au-dessous de sa tâche, et ce fut seulement, 'je le répète, le concours de l'industrie privée qui sauva la situation.
J 4. — La lutte dvt pouvoir autocratique contre les lois naturelles. Les taxations.
Avant de tomber, une autocratie s'exagère, et c'est môme précisément cette exagération qui finit par causer sa chute.
L'autocrate, voyant d'abord tout céder devant lui, croit son pouvoir illimité et prétend bientôt forcer les lois naturelles à fléchir suivant sa volonté. Les autocrates de tous les âges imiteraient volontiers Xerxès, faisant fouetter la mer qui contrariait ses projets.
Parmi les lois naturelles guidant le cours des choses, figurent certains principes économiques, simple expression des relations entre les phénomènes, que les détenteurs de pouvoir absolu se sont toujours obstinés à vouloir violer.
Semblables tentatives n'ont pas manqué pendant la guerre, aussi bien en France qu'en Allemagne, notamment à propos de la taxation des denrées alimentaires. Elles ont montré qu'en matière d'économie politique et sociale, les expériences les plus catégoriques n'apparaissent jamais suffisamment démonstratives.
Gomme à l'époque de la Révolution, les pouvoirs dictatoriaux de France et d'Allemagne prétendirent taxer les marchandises, empêcher les accaparements, etc.
Mais ainsi que dans le passé, ces mesures eurent pour conséquence ou de faire disparaître complètement les matières taxées ou d'en élever le prix. Leur résultat final fut de paralyser le commerce et l'industrie.