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LE GOUVERNEMENT DE LA FRANCS

nement seraient- elles excellentes que la technique ne pourrait rien sans l'esprit. Or, l'esprit, la volonté de se sacrifier par devoir patriotique, n'existe plus. Plus durait la guerre, plus il a fait place à la routine, à l'égoïsme, à la recherche de ses aises, à une confiance quiétiste dans le gouvernement. Le bourgmestre de Cologne constate en séance du Conseil : « II est « regrettable au plus haut point de voir les difficultés du mode ment exploitées par les partis politiques qui exagèrent, géné- « ralisent, et excitent la haine des classes pour en tirer un « profit. » (Kôlnische Volkszgt, 17-3-16.)

Une des grandes leçons de la guerre sera sûrement d'avoir appris aux peuples et à leurs conducteurs, d'une façon sinon définitive au moins durable, que certaines lois naturelles dominent la volonté des plus puissants despotes.

Cette incapacité générale à comprendre la force des lois naturelles tient sans doute à ce qu'elles n'agissent qu'au bout d'un certain temps, alors que les mesures dictatoriales semblent avoir des effets immédiats. Le visible immédiat cache l'invisible lointain, mais inexorable.

Tous les désordres énumérés dans ce chapitre et résultant du pouvoir autocratique furent acceptés avec résignation, comme nécessités de la défense nationale. Ils finirent cependant par s'accumuler à tel point que le gouvernement autocratique dut évoluer et se soumettre au contrôle des assemblées parlementaires évité pendant longtemps.

Ce fut la phase fatale de l'autocratisme dont j'ai déjà signalé la nécessité au début de ce chapitre. Nous allons en constater maintenant les effets. '

UHAFITRB V

ÉVOLUTION DU GOUVERNEMENT DE LA f-riANCE PENDANT LA GUERRE

§ 1. — L'éYOlation du gouTernement autocratique Rôle des commissions parlementaires.

Nous avons vu que Tautocratie gouvernementale finit par devenir, en raison surtout de la façon dont elle était exercée par les agents subalternes, trop oppressive pour pouvoir durer.

Elle ne dura pas, en effet, et se trouva mitigée par deux procédés différents.

Le premier fut l'intervention des commissions parlementaires. Le second, la substitution au véritable Conseil des Dix que formaient les ministres, d'un nouveau ministère dont le nombre des membres était douMé et comprenait des représentants de tous les partis, de l'extrême gauche à l'extrême droite.

Parmi eux figuraient les anciens présidents du conseil possédant le plus de prestige. Cette conception, basée sur une psychologie assez sûre, fut Toeuvre personnelle de M. Briand*.

1. Les journaux neutres étrangers ont été unanimes à reconnaître l'œuvre considérable de cet éminent homme d'État. Il sut créer l'unité partout, unité ëe conduite daxut la politique intérieure et unité dans les opérations des Alliés- Comprenant le premier qu'en Orient se déciderait Tissue de la guerre, il envoya

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