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LES PBUPLBS POURRONT-ILS ÉVITER LE MILITARISME

grandes et des petites banques dans d'importantes sociétés de crédit.

Le plus considérable de ces futurs groupements serait naturellement formé par l'Allemagne. Elle absorberait non seulement l'Autriche, mais aussi la Belgique, la Hollande, la Suisse, la Suède, la Turquie et les États balkaniques.

Tous ces pays conserveraient une indépendance nominale, mais comme ils sont incapables de réaliser par eux-mêmes l'idéal germanique, on les placerait, au point de vue industriel et économique, sous la direction de fonctionnaires allemands chargés d'enseigner aux ouvriers la technique collective après un dressage méthodique à la caserne. Grand bienfait pour eux, assurément, puisque l'organisation germanique est supposée supérieure à toutes les autres. En agissant ainsi l'Allemagne ne ferait donc que se dévouer à l'intérêt général !

Les écrivains convaincus de la supériorité de l'organisation allemande, au point de vouloir l'imposer à l'Europe par la force, n'ont jamais eu l'idée de se demander si l'organisation individualiste de l'Amérique, qui faisait une si rude concurrence à TAllemagne, ne valait pas la leur.

Ils auraient eu d'autant plus raison de se le demander qu'ils sont bien obligés de confesser que le régime d'esclavage à peine déguisé auquel l'Allemagne voudrait soumettre une partie de l'Europe rendrait l'existence des hommes fort dure. Naumann le reconnaît dans les termes suivants : « La classe ouvrière organisée, étroitement liée à nos employeurs scientifiquement stylés, à nos directeurs de syndicats, à nos conseillers privés et nos officiers, formerait une société qui

n*est pas assurément la plus aimable, ni la plus séduisante qu'on puisse trouver, mais elle constituerait Je machinisme humain le plus efficace, le plus précis, le plus durable. »

L'auteur ajoute, et cette fois avec plus de raison encore, que ce système « est l'incarnation historique du caractère national de l'Allemagne » , mais il aurait pu se demander si cet effrayant système, rappelant à la fois le servage antique et la pesante réalisation du rêve socialiste, conviendrait également à des peuples n'ayant pas subi le dressage àla caserne et pour lesquels l'idéal de l'homme sur la terre n'est pas d'être simplement ce que l'auteur appelle « un machinisme humain efficace ».

Il est donc infiniment probable que l'idéal latin et l'idéal germanique subsisteront sans jamais se pénétrer. Il nous reste à rechercher comment on pourra empêcher le premier de se substituer par la force au second.

§ 2. — Llextension probable du militarisme.

Les idées ne se combattant qu'avec des idées les canons agissent peu sur elles. Tant que persisteront les conceptions qui mènent aujourd'hui les dirigeants allemands, leur rêve d'hégémonie se maintiendra et ils chercheront à le réaliser. Appuyé par une légion de professeurs, de politiciens et d'écrivains, ce rêve restera fort tenace.

J'ai montré dans un précédent chapitre comment des expériences répétées finiront par enseigner aux peuples l'inutilité des guerres, mais nous n'en sommes pas encore là. On lé voit facilement par la lecture

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