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W LES PEUPLES POURRONT-ILS ÉVITER LE MILITARISME

des publications allemandes, depuis les journaux 0,.' quotidiens jusqu'aux livres des économistes les plus connus. Quelques extraits choisis au hasard indiqueront la mentalité qui continue à régner en Allemagne.

On remarquera d'abord que les Allemands se font du militarisme une conception fort différente de la nôtre.

On a donné du militarisme, écrit l'un d'eux, une idée fausse en disant que c'était l'assujettissement des corps et des âmes; non, c'est une méthode d'éducation, un moyen de développer la conscience du devoir national, devoir accepté et voulu par des hommes libres.

Ces hommes libres acceptant volontairement les coups de bâton à la caserne ont évidemment une conception spéciale de la liberté. Pour la comprendre il faut se souvenir que les mêmes termes peuvent revêtir chez différents peuples des sens souvent très différents.

A quel point les écrivains allemands sont pénétrés de la nécessité du militarisme et convaincus de son extension ressort clairement des passages qui suivent :

C'est à une rivalité nouvelle dans les armements que nous allons assister. Et, demandera-t-on, quelle en sera la conséquence? Un danger de guerre plus grand pour l'avenir. Un fardeau colossal d'impôts. (Bremer Bûrger Zeitung du 30 décembre 1915.)

L'Europe sortira de la présente guerre plus militaire encore qu'elle n'y est entrée. Et c'est de ce fait précis qu'il faut tirer des conséquences politiques. Les Allemands vont sans doute se trouver à l'Ouest en face d'un groupement de puissances plus dangereux que l'alliance franco-russe ne le fut jamais. (Sozialistische Monatshefte, 20 janvier 1916.)

Dans un article : la Mission mondiale du milita' risme. blié par le Tom du 21 juillet 1916, Reichenau écrit :

L'on oat fondé à prévoir qu'il se produira dans les armements, à la suite des événements d'aujourd'hui, une augmentation sans précédent historique. Au cours de la guerre, chacun des belligérants a déjà augmenté ses armements dans la mesure de ses moyens, avec le regret certain de n'être pas entré en campagne dans l'état d'amélioration actuel. La leçon de cette guerre est trop grave^ en tout cas, pour être oubliable et pour que ne subsiste pas le désir de faire mieux dans l'avenir.

Horreur, terreur ! Rien n'y fera ! Il faut accepter et se soumettre à cette inéluctable loi naturelle. Le peuple qui se laissera diriger par la puissante main d'une bonne organisation militariste sera en bonne voie. Mais malheur à lui s'il rejette cet appui 1

Les faits actuellement observés chez tous les peuples tendent malheureusement à justifier ces assertions. Les nations jadis les plus pacifistes : Suède, Hollande, Suisse, etc., se hâtent d'augmenter leurs armements. Les États-Unis eux-mêmes ont voté plusieurs milliards pour se constituer une armée et une flotte suffisantes à les protéger. On sent partout que le seul droit respecté dans l'avenir sera celui qu'appuieront des canons.

§ 3. — Pourquoi la paix pourrait durer quelque temps.

Les précédentes observations portent de trop visibles enseignements pour qu'il soit utile d'y insister. Sans doute les dirigeants des peuples alliés ne cessent de répéter qu'ils se proposent de détruire le militarisme; mais quel moyen pourrait obtenir un tel résultat? Même complètement vaincue l'Allemagne ne songerait qu'à préparer une revanche.

A moins donc d'admettre une hégémonie qui serait simplement de l'esclavage, l'Europe semble

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