‹ Premières consequences de la guerreChapitre 84 sur 100 · LBS PEUPLES POURRONT-ILS ÉVITER LE MILITARISME · texte numérisé non relu

LBS PEUPLES POURRONT-ILS ÉVITER LE MILITARISME

condamnée au militarisme jusqu'à ce que les idées actuelles des peuples aient changé.

On peut cependant espérer qu'après les désastres financiers accumulés par la guerre et les millions d'hommes qu'elle a fait misérablement périr dans la p boue des tranchées, les peuples réfléchiront un peu. ^: Dans les cervelles teutonnes les plus asservies, naîtra ^j: peut-être cette conviction que toutes les soufl'rances i subies ne pouvaient profiter qu'à une féodalité milij^ taire, industrielle et financière fort dure et que l'im- ; mense majorité du peuple n'a qu'à perdre dans ces J' sanguinaires aventures. Avec cette conviction, les l multitudes germaniques marcheraient peut-être ^ moins docilement vers les tueries qu'elles ne le firent pendant la guerre actuelle.

Parmi les causes qui contribueroiîÎN|icore à empêcher l'Allemagne de renouveler trop vite ses agressions figureront aussi les mécomptes dont cette guerre a été surchargée pour elle. Mécomptes militaires dans le présent et mécomptes économiques dans l'avenir.

En obligeant ses ennemis à remédier aux insuffisances de leur industrie, l'Allemagne aura perdu d'importants clients. Il est certain également que jamais dans l'avenir aucun pays ne laissera les Allemands prendre dans ses banques, ses entreprises industrielles, ses magasins, ses conseils d'administration, etc., la place qu'ils y occupaient autrefois. L'Allemagne découvrira alors que la guerre fut pour elle un véritable désastre industriel, économique et moral. Il est même étonnant que dans, cet immense empire ne se soit pas trouvé, avant la guerre, un seul homme d'État capable de prévoir que,

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même en cas de succès, l'Allemagne perdrait une hégémonie industrielle qui grandissait dans la paix et se serait imposée de plus en plus.

Aucun de ses philosophes, de ses écrivains, de ses diplomates ne s'en est aperçu. Nous avons déjà montré dans notre précédent volume combien furent nombreuses les fautes de psychologie accumulées par eux avant et pendant la guerre. La lutte européenne a prouvé une fois encore que la psychologie est régie, comme la physique, par des lois qu'on ne saurait impunément violer*.

1. Il faut bien reconoatlre que la psychologie qui devrait être la base de la politique reste si théorique dans les livres classiques qu'on ne saurait en tirer aucune application. Un professeur à l'Ecole des sciences politiques à qui je demandais pourquoi la psychologie n'était pas enseignée dans cette école me répondit que le conseil des professeurs n'en avait pas vu l'utilité.

L'étude de la psychologie appliquée à la conduite des hommes constitue une science qui naît à peine. Son intérêt est prouvé par le succès des bien rare» ouvrages lui ayant été consacrés. C'est ainsi que d'éminents officiers, les généraux Bonnal et de Maud'huy, ont enseigné à l'Ecole de guerre les principes que j'avais posés dans divers livres, principalement dans la Psychologie des Foules, et les Lois Psychologiques de l'Evolution des peuples. Ce dernier Uvre, publié pour la première fois il y a vingt ans, a été traduit dans bien des langues, notamment en arabe par Fathy Pacha, ministre de la Justice au Caire, en japonais par le baron Motonb, ambassadeur du Japon à Saint-Pétersbourg, etc. L'ancien Président des Etats-Unis, M. Roosevelt, a souvent répété que ce petit volume ne l'avait pas quitté durant sa présidence et qu'il ne s'en Âéparait jamais dans ses voyages. Je donne ces détails simplement pour raoairer que les ouvrages de psychologie appliquée sont certains d'avoir des lecteurs et engager dans cette étude les jeunes professeurs capables d'observer la wie autrement qu'à travers leurs livres.

Je renverrai le lecteur qu'intéresserait l'étude de la psychologie appliquée, aux ouvrages que j'ai publiés en dehors de ceux cités à l'instant : Psychologie molitique, Opinions et Croyances, la Vie des Vérités, la Révolution

'rançaise et la Psychologie des Révolutions, Psychologie de l'Éducation.

ia couverture de l'édition russe de ce dernier livre, porte que sa traduc'icTi a été faite par l'ordre du grand-duc Constantin, Président de l'Académie de» toiences de Russie.

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