CONDITIONS DE PROSPÉRITÉ
lée besoins d'essaimement et de colonisation se font sentir au sein des nations, et que, dès lors, l'absence de frontière maritime devient un obstacle à leur prospérité et à leur avenir . A défaut d'issue du côté de la mer, une union étroite avec une puissance maritime devient une nécessité; et cette union doit être recherchée, autant que possible, là où une certaine affinité ethnographique ne permet pas de concevoir de craintes pour l'avenir. La Suisse, par exemple, ne saurait indifféremment chercher à fonder une marine sur une alliance avec la France, l'AUemagiie ou l'Italie. Le mépris des principes fondamentaux de la science des nationalités^^pourrait l'exposer, à cet égard, aux conséquences les plus graves et les plus désastreuses.
En théorie, nous n'avons pas à nous préoccuper de la configuration territoriale des états actuellement existants ; en pratique, au contraire, il faut tenir compte des faits accomplis, et ne pas oublier que la réorganisation logique du globe doit être Tœuvre de nombreuses générations éclairées, et non le résultat de changements brusques et trop souvent irrationnels. Ceux qui veulent le triomphe des principes providentiels de l'ethnographie ne doi-. vent avoir d'autre système d'action que la
propagande de Tinstruction chez les différents peuples, en s'attachant autant que possible à établir à un même niveau l'état du progrès sous toutes les latitudes. A part cela, que les ethnographes continuent leur oeuvre exclusivement scientifique dans le calme du cabinet. La Providence fera le reste.