‹ Premieres poésies...1829-1835Chapitre 38 sur 91 · OCTAVE · texte numérisé non relu

OCTAVE

FRAGMENT

Ni ce moine rêveur, ni ce vieux charlatan, N'ont deviné pourquoi Mariette est mourante.

Elle est frappée au cœur, la belle indifférente; Voilà son mal, — elle aime. — Il est cruel pourtant De voir, entre les mains d'un cafard et d'un âne. Mourir cette superbe et jeune courtisane.

Mais chacun a son jour, et le sien est venu; Pour moi, je ne crois g;uère à ce mal inconnu. Tenez — la voyez-vous, seule, au pied de ces arbres, Chercher Tonibre profonde et la fraîcheur des marbres, Et plonger dans le bain ses membres en sueur? Je gagerais mes os qu'elle est frappée au cœur. Regardez : — c'est ici, sous ces longues charmilles. Qu'hier encor, dans ses bras, loin des rayons du jour, Ont pâli les enfants des plus nobles familles. Là s'exerçait dans Tombre un redoutable amour; Là, cette Messaline ouvrait ses bras rapaces Pour changer en vieillards ses frêles favoris, Et, répandant la mort sous des baisers vivaces, Buvait avec fureur ses éléments chéris,

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