I. Liv. II, sat. V, du présent volume
SURL JACQUES DULORENS Vil
blâme qui lui avait été infligé à Chartres^ un arrêt fut encore rendu contre lui au Parlement de Paris au profit de maître Laurens Ollivier, avocat du roi au bailliage de Châteauneuf, portant condamnation « à de grosses amendes et de grands dépens, pour excès, injures et libelles diffamatoires ».
Pendant le temps qu'il était avocat à Chartres, Dulorens y épousa Geneviève Langlois. Il semble que c'était une femme de tête, qui modérait la folle humeur et les prodigalités de son mari, et qui^ disait-il,
... ne veut voir chez moy pour boire et pour manger
Ny Gautier ny Garguille, en dussé-je enrager;
Qui contrôle mes jeux, mes yeux, mes promenades'.
Bien qu'il ne pût mettre un frein à sa verve satirique, même en parlant de sa moitié, il l'aimait au fond.
La femme que j'ay prise est une des meilleures!
s'écriâit-il, non cependant sans ajouter aussitôt :
Mais, toutefois, elle a de si mauvaises heures Que, Socrate y fût-il (que Xantipe exerçoit)... Il seroit bien contraint de luy quitter la place...
j. Liv. 1, sat. Y, du présent volume.
Vill NOTICE
Son humeur est fascheuse et contraire à la mienne : Mais neantmoins le mal que je luy veux m'avienne.
Vous voyez bien, lecteur, qu'il l'aimait, et a point même de regarder comme un de ses devoir conjugaux de
... se baisser la nuict pour luy bailler le pot*.
Aussi i'appeile-t-il sa chère épouse dans sa note surl'article 1 27 de la Coustume de Chasteauneuf, in-4, où il dit : « Il a été jugé, en la Coustume de Chartres, au profit de dame Langlois, nostre chère espouse, contre les Michelet de Nogent-le- Rotrou, que les cousins germains conjoints ex utroque n'excluoient ceux qui ne festoient que d'un costé, dans la succession de Lancelot Poulard, sieur d'Oiré, où il s'agissait de ses acquêts. »
C'est par cette succession que la terre d'Oiré passa dans les mains de Dulorens, qui ajouta depuis à son nom la qualité de sieur d'Oiré.
De son côté, notre poète était d'une famille aisée ; l'éducation qu'il avait reçue le prouve, et lui-même se reconnaît pourvu de Vaurea mediocri' tas qui satisfaisait Horace :