SUR JACQ.UES DULORENS IX
J *ay du bien, grâce à Dieu, ce qu'il m'en faut pour vivre : Je mange fort peu seul ; jamais je ne m'enyvre. Si je n'ay des estats, estant homme privé, Je m'en couche plus tost, j'en suis plus tard levé.
En 1618, il quitta Chartres pour succéder en la charge de bailli -vicomte de Châteauneuf, à M^ Mathurin de la Chaussée, écuyer, seigneur de Louvet, qui exerçait encore en 161 2. Châteauneuf étant sorti de la maison de Mantoue en 1637, il devint lieutenant général du bailliage, et ensuite président. C'est le titre qu'il prit, en 1646, en tête de ses nouvelles satires.
Si Dulorens se fit des ennemis par son esprit caustique et railleur, « estant, suivant une plainte des habitants de Chasteauneuf, d'une humeur si peu accommodante que jamais il n'y put vivre en paix et sans avoir de différends avec quelqu'un, n'ayant laissé un seul des officiers et principaux habitants exempt de ses offenses ordinaires x), il fut dédommagé de ces tracas par l'amitié d'illustres personnes, en tête desquelles il faut placer Charles dé Gonzague, duc de Nevers, son constant protecteur, au nom de qui il rendait la justice à Châteauneuf; puis le maréchal de Bassompierre ; les présidents Mole, de Mesmes, Briçonnet ; le président Nicole de Chartres; Roirou le tragique, Re-