SUR JACQUES DULORENS XI
plus haute valeur que Sigognes, Berthelot^ Courval-Sonnet et l'auteur de l'Espadon satirique. Aussi l'édition de 1646 a-t-elle été réimprimée» avec un succès que nous espérons pour celle-ci; car Duiorens abonde en traits naifs; il est doué d'une verdeur toute gauloise, et surtout d'une langue!... une langue redoutable :
Il blesseroit un homme en luy jettant des roses.
Ses hémistiches empoignent comme des tenailles, il emporte le morceau. Malheur à ceux qui tombent entre les pinces de ce faux bonhomme ! La morsure y reste, et, comme nous l'avons vu, ceux qu'il a mordus ne lui pardonnent jamais.
On a dit et répété à satiété, probablement d'après l'abbé Goujet, que les satires publiées en
I . Dans le Cabinet du Bibliophile, avec une notice d'Eugène VîUemin (Paris, Jouaust, 1869, in-12). A cette réimpression de l'édition de 1646 est joint le rare et intéressant portrait de J. Duiorens à Tâge de soixante-quatre ans, daté de 1644. Cette effigie, dessinée par Aug. Quesnel, doit être d'une ressemblance extrême. Voyez ce gros homme à la chevelure ébouriffée, au large front, au nez en bec de vautour, aux lèvres minces et serrées, aux yeux qui, sous une feinte bonhomie^ laissent échapper un regard qui pénètre comme une pointe d'acier. — Toutes les satires de Jacques Duiorens sont contenues sous ce masque fier, implacable et d'une mordante ironie.
L'édition de 1633 avait été reproduite en 1868 à Genève, in-12, chez Gay, et tirée à 102 exemplaires, dont 2 sur peau vélin.