‹ Premières semailles. Préf. de M. l'abbe Camille RoyChapitre 19 sur 32 · PILOTE · texte numérisé non relu

PILOTE

: Une séance au collège de Sainte-Anne, hier soir, sous les auspices du cercle Mail- Joux ! L’éloquence juvénile, le chant, la musique célèbrent la mémoire des prêtres qui ont fait cette institution déjà si illustre.

Pour moi, un nom brillait d’un éclat partieulier, une mémoire m'était plus douce. La figure de l’abbé Pilote, fondateur de l’Ecole d'Agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, émergeait comme un emblème de la science agricole érigée contre le préjugé féroce ou l’entêtement de la routine séculaire.

L'école de Pilote est une des premières institutions de ce genre, au Canada.

Ce qui rehausse l’éclat du mérite de son fondateur, c’est d’avoir osé parler d’enseignement agricole, il y a plus d’un demi-siècle, lorsque l’agronomie, encore dans l’enfance, n'avait pas fourni toutes les preuves de son efficacité.

Honneur à ce pilote instruit, clairvoyant et courageux ! Nos voisins du Sud diraient bien qu'il était “ up-to-date ”.

Le monde à progressé, les sciences agronomiques ont marché à pas de géant, et cependant l’évidence des études agricoles et d’une culture raisonnée ne frappe pas encore tous les esprits. Il y a encore des renards qui trouvent les raisins de la théorie trop verts et qui se retirent avec rien souvent, sous prétexte d’être des praticiens... célèbres.

Ne nous payons pas de mots, la science agricole est une science efficace essentiellement basée sur des observations, et par conséquent sur la pratique et sur l’expérience.

Si ces idées sont encore battues en brèche, en notre siècle de progrès agricole surtout, quelle devait être l’opposition rencontrée alors par l’abbé Pilote !... Cette noble figure fascine, cette énergie ranime et cet exemple entraîne !

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