‹ Premières semailles. Préf. de M. l'abbe Camille RoyChapitre 22 sur 32 · PP · texte numérisé non relu

PP

Ses lèvres s’entr’ouvrirent comme pour gober l’explication que je tardais à lui donner...

— Je comprends, fit-il soudainement, avec un fin sourire par où passait toute la perspicacité lente mais sûre d’un esprit paysan.

— C’est très bien, Pitre, vous avez là de quoi ensemencer un arpent de “ navots ” Si vous n'avez pas de malchance, vous pourrez donner presque tout l’hiver une ration de 40 à 50 livres à chacune de vos sept vaches.

Vous ne manquerez pas de vendre du lait, après en avoir fourni à votre famille. Vous ne vous ruinerez pas à acheter du foin. Si vous ajoutez aux légumes un peu de son et les fourrages ordinaires, vous faites fi du mal de pattes qui ne prend pas chez les animaux bien tenus. Vous comprenez qu'il faut plusieurs mauvais champs de foin et d’avoine pour valoir un champ de 25 tonnes de choux-de- Siam et de betteraves.

Pitre partit le cœur content en se promettant bien de demander à la terre et non à la forêt ou à l’usine son principal soutien.

La culture des plantes sarclées, voilà ce qui délivrera de la misère et conduira à l’aisance, à la prospérité.

Pitre vous le dira plus tard...

Page 1