LABEUR AU CHAMP, VALEUR AU CAMP
La guerre actuelle, qui met en évidence les deux armées des remueurs de la glèbe et des remueurs de frontières, me rappelle ces mots surpris sur le carnet d’un ami :
‘“ Labeur au champ, valeur au camp...” C’est la caractéristique de notre race, qui doit à l’épée et à la charrue surmontée d?2 la croix sa principale illustration !
Honneur donc à ces deux armées !
‘ Labeur au champ... .””, c’est l’apanage de nos héroïques cultivateurs ; mais malheureusement leur ardeur n’est pas assez souvent servie par une science égale des moyens de rendre ce travail très productif. O labeur trop souvent stérilisé par l’ignorance ou le préjugé !
Il se crée dans notre pays, à l'exemple des autres plus vieux, une élite agricole, une sorte
d'état-major formé dans nos écoles d’agriculture et dans celles de l’étranger. Ces officiers de l’agriculture sont aussi indispensables que les officiers de l’autre armée des combattants. Il nous faut avoir pour eux tout le respect dû à leur condition et à leur dévouement.
‘ Labeur au champ...” Pour donner toute son efficacité, le travail des champs a besoin d’être organisé sur une base plus rationnelle et plus scientifique, qui permette de multiplier les puissances de production... La gloire de rendre son territoire plus productif vaut bien celle d’en conquérir un nouveau.
Dans ce but, mettons plus d'intelligence dans notre activité et une ardeur plus réfléchie dans nos travaux de culture.
Sachons ouvrir nos sillons à temps pendant l’automne ; ce sont nos tranchées ! Gare aux
ennemis : pluies, froides bises, etc... qui pourraient retarder notre élan au printemps !
Sélectionnons nos grains pendant l'hiver, à la main s’il le faut, afin de nous assurer une pousse plus vigoureuse, une pousse qui déconcerte les mauvaises herbes, nos principaux ennemis.
Assistons aux lecons d’agriculture quand pous en avons le temps et l’occasion. Initions-nous aux nouvelles découvertes de l’agronomie.
Participons aux concours et efforçons-nous
d’appartenir à la chevalerie du Mérite agricole de notre province.
En avant pour la patrie, pour le pain qui nourrit l’autre armée !
Détruisons sans pitié les fils barbelés de la vieille routine. Saccageons la forteresse des anciens préjugés néfastes et portons le drapeau agricole jusqu'aux dernières limites de la science...
Le monde verra une stratégie agricole très efficace et très apte à repousser la misère jusqu'aux confins de la terre.
L’épée conquiert ; la charrue conserve...