‹ Premièros méditations et Nouvelles méditationsChapitre 24 sur 54 · LE TEMPLE · texte numérisé non relu

LE TEMPLE

Q'dil eBt doux y quand du foir l'étoile solitaire, Précédant de la nuit Je char silencieux , S'élève lentement dans la Toûte des cieux, Et que Tombre et le jour se disputent la terre;

Qull eft doux de porter ses pas religieux Dans le fond du irallon, yers ce temple rustique Dont la mousse a couvert le modeste portique , Hais où le ciel encor parle â des cœurs pieux! Salut y bois consacré! Salut, champ funéraire. Des tombeaux du village humble dépositaire; Je bénis en passant tes simples mouumens.

Malheur à qui des morts profane la poussière! J'ai fléchi le genou devant leur humble pierre , Et la nef a reçu mes pas retentissans.

Quelle nuit! quel silence! au fond du sanctuaire A peine on aperçoit la tremblante lumière De la lampe qui brûle auprès des saints autels. Seule elle luit encor quand Punivers sommeille, Emblème consolant de la bonté qui Teille Pour recueillir ici les soupirs des mortels.

Avançons. Aucun bruit n*a frappé mon oreille }

Le parvis frémit seul sous mes pas mesurés,

Du sanctuaire enfin j'ai franchi les degrés.

Murs sacrés! saints autels! je suis seul, et mon âme

Peut verser devant vous ses douleurs et sa flamme,

Et confier au ciel des accens ignorés.

Que lui seul0 cohnaitra , que vous seub entendrei.

Mais quoi! de ces autels j'ose approcher sans crainte ! J'ose apporter, grand Dieu! dans cette auguste enceinte Un cœur encor brûlant de douleur et d'amour!

Et je ne tremble pas que ta majesté sainte Ne venge le respect qu'on doit à son séjour ! Non : je ne rougis plus du feu qui me consume : L'amour est innocent quand la vertu Tailume.

Aussi pur que l'objet à qui je l'ai juré , Le mien brûle mon cœur, mais c'est d'un feu sacré ; La constance l'honore et le malbeur l'épure.

Je l'ai dit à la terre, à toute la nature; Devant tes saints autels je l'ai dit sans effroi : J'oserais , Dieu puissant , la nommer dcTant toi. Oui , malgré la terreur que ton temple m'inspire , Ma bouche a murmuré tout bas le nom d'£l?ire; Et ce nom, répété de tombeaux en tombeaux, Comme l'accent plaintif d'une ombre qui soupire , De l'enceinte funèbre a troublé le repos.

Adieu, froids monumeus! adieu, saintes demeures 1 Deux fois l'écho nocturne a répété les heures Depuis que deyant tous mes larmes ont coulé : Le ciel a vu ces pleurs , et je sors consolé. Peut-être au même instant, sur un autre rivage, Elvire Yeille ainsi, seule aveo mou image , Et dans un temple obscur, les yeux baignés de pleurs, Tient 'aux autels déserts confier ses douleurs.

TWaT-TROISliMB

CHANTS LYRIQUES DE SaCL.

IMITATIOX DSS P8AVMU SB DAYID.

Je répandrai mon ftme au seuil da fanotuaire , Seigneur , dans ton nom seul je meittrai mon espoir ; Mes cris t'éToilleront, et mon humble prière S'élèvera yen toi comme TeBcent du aoir!

Danf quel abaiisement ma gloire s'est perdue ! J'erre sur la montapie ainsi qu'un passereau ; Et par tant de rigueurs mon âme confondue , *' Mon âme est devant toi comme un désert sans eau.

Pour mes fiers ennemis ce deuil est une fête. Ils se montrent, Seigneur, ton Christ humilié. Le ToiU, disent-ila, ses dieux Tout oublié; £t Mdoch en passant a secoué la tète £t souri de pitié.

Seigneur, tendei Totre aro; leres-Tons, Jngei-moi! Remplisses mon carquois de tos flèches brûlantes.. Que des hauteurs du ciel tos foudres déYorantes Portent sur eux la mort qu'ils appelaient sur moi!

Dieu se lève, il s'élance, il abaisse la Toute De ces cieux étemeb ébranlés sous ses pas ; Le soleil et la foudre ont éclairé sa route; Ses anges doTant lui font Toler le trépas.

Le feu de son courroux fait monter la Aimée , Son éclat a fendu les nuages des cieux ;

La terre est consumée

D'un regard de tes yeux.

Il parle j sa voix foudroyante

A fût chanoeler d'épomanto Lm cédrat du Liban , les rochett d«t détette ; Le Jourdain montre é nu fa aooiiBe reeolée;

De la terre ébranlée

Lea os sont découTertf .

Le Seigneur m'a livré la raee crioûaello

Dea snperbea enfana d'Ammon.

LeTei-TOUf , ô Saûl l et qne l'ombre étemelle

Engloutiaae jusqu'à leur nom !

Que Tois-je ? tous tremblea, orgueilleia o|>preaieuri !

Le héros prend sa lance,

Il TagiCe , il s'élance ;

A sa seule présence y La terreur de êeê yeux a passé dans tos cobuts.

Fuyei!....Il est trop tard ! sa redoutable épée . Décrit autour de vous un cercle menaçant , En tout lieu tous poursuit , en tout lieu .tous attend ; Et déjà, mille fois dans Totre sang trempée , S'enÎTre eneor de Totre sang.

Son coursier superbe Foule conune l'herbe Les corpa des mouransj Le héros l'excite

Et le précipite À traverf les rangs { Les feux Tenvironnent , Les casques résonnent Sous ses pieds sanglans ; DcTant sa carrière Cette foule altière Tombe tout entière Sous ses traits brûlans , Comme la poussière Qu'emportent les Tcnts.

Où sont ces fiers Ismaélites ^ ■ '

Ces enfans de Moab , cette race d'Édom ?

Iduméens , 'guerriers d'Àmmon , > Et TOUS , superbes fils de Tyr et de Sidon ,

Et TOUS , cruels Amalécites ?

Les Toilà dexant moi comme un fieuTe tari , Et leur mémoire même avec eux a péri!

Que de biens le Seigneur m'apprétel Qu'il couronne d'honneurs la Tieillesse du roi! Éphraîm , Manassé , Galaad , sont â moi ; Jacob j mon bouclier , est l'appui de ma tête.

Que de biens le Seigneur m'apprête!

Qu'il couronne d'honneurs la vieillesse du roi!

Des bords où Taorere le lève

Aux bordf où le soleil «cbèYe

Son coan tsacé par rÉteroeli L'opulente Saba , la fertile Ethiopie , La ricbe mer de Tyr , les déserts d'Arabie ,

Adorent le roi d'Israël.

Peuples , frappez des mains ; le roi des rois s'avance ;

Il monte, il s'est assis sur son trône éclatant ;

Il pose de Sion l'étemel fondement ;

La montai^e frémit de joie et d'espérance.

Peuples , frappes des mains j le roi des rois s'ayance ;

Il pose de Sion l'étemel fondement.

De sa main pleine de justice Il Terse aux nations l'abondance et la paix.

Réjouis-toi f Sion , sous ton ombre propice , Ainsi que le palmier qui parfume Cadès , La paix et l'équité fleurissent à jamais.

De sa main pleine de justice Il verse aux nations l'abondance et la paix.

Dieu chérit de Sion les sacrés tabernacles

Plus que les tentes d'Israël ; Il y fait sa demeure , il y rend ses oracles , Il y fait éclater sa gloire et ses miracles : Sion y ainsi que lui, ton nom est immortel.

Dieu chérit de Sion les sacrés tabernacles

Plus que les tentes d'Israël.

C'est là qu'un jour vaut mieux que mille.

C'est U qu'environné de la troupe docile

122 HÉDITAnOHS POÉTIQUES.

De fes nombreni enfans, m gloire et ion appui» Le roi vieillit, semblable à i'oliTier fertile Qui yoit ses rejetons fleurir autour de lui.

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