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SULFURES DE MERCURE

la même composition que le précipité noir; on lai donne le nom de (iinahre. On obtient la même combinaison en broyant , pendant longtemps, du mercure avec du soufre; il se forme une matière noire que Ton emploie quelquefois en médecine sous le nom ^éikio^ minéral. Pour obtenir le sulfure de mercure HgS, il est convenable de broyer ensemble 6 parties de mercure et 4 partie de soufre ; la matière noire qui en résulte donne du cinabre par sublimation. Le sulfure de mercure HgS se trouve dans la nature, le plus souvent sous forme de masses compactes d*un rouge foncé; quelquefois , cependant, en cristaux transparents d'un beau rouge, qui dérivent d'un rhomboèdre de 74®. C'est le principal minerai du mercure.

Le sulfure de mercure HgS se présente quelquefois avec une couleur rouge , plus belle que celle du cinabre sublimé ; il est employé dans la peinture à l'huile et à l'aquarelle sous le nom de vermiUon, Le plus beau vermillon se prépare par la réaction , sous l'influence de l'eau , des polysulfures alcalins sur le sulfure noir de mercure. On triture ensemble pendant 2 ou 3 heures, dans un mortier, 300 parties de mercure et 444 parties de soufre, et l'on y ajoute 75 parties de potasse et 400 parties d'eau. On maintient le tout à une température d'environ 45® en remuant de teiftps en temps. Le précipité noir rougit rapidement , et lorsqu'il a atteint la nuance convenable , on le lave rapidement à l'eau chaude. Si l'on prolongeait plus longtemps l'action du sulfure alcalin , la matière brunirait de nouveau. . On obtient également du vermillon d'une belle nuance en chauffant, pendant longtemps, à une température moyenne de 50® , du cinabre ordinaire , réduit en poudre impalpable , avec une dissolution de sulfure alcalin. Le changement de couleur que le sulfure de mercure noir éprouve ainsi au contact des sulfures alcalins, n'a pas encore été convenablement expliqué.

Le cinabre se grille facilement au contact de l'air; de l'acide sulfureux se dégage , et le mercure métallique distille. Il est facilement décomposé par l'hydrogène , le charbon , et par un grand nombre de métaux. Les acides non oxydants l'attaquent très-difficilement; mais il est facilement attaqué par l'acide azotique concentré , et surtout par l'eau régale.

OobiIiIiiaUmmis du mereiire »vee le chlore.

g 638. On connaît deux combinaisons du mercure avec le chlore: Le sous-chlorure Hg*Cl , appelé calomel ; Le protochlorure HgCl , communément nommé sublimé corrosif. La plupart des chimistes donnent encore aujourd'hui le nom de protochlorure de mercure au calomel Hg^CI , et celui de bichlorure

au snblimé corrosif HgCl. Nous n'avons pas conservé ces noms parce qu'ils sont en contradicUon avec les règles de la nomenclature et avec les formules chimiques que l'on s'accorde à donner à ces corps. Nous croyons devoir insister particulièrement sur tretie circonstance afin de prévenir les méprises qui pourraient dans ce cas avoir beaucoup de gravité , parce qu*il s'agit de substances employées en médecine.

On peut préparer le sous-chlorure Hg'Cl, en versant une dissolution d* azotate d'oxyde de mercure dans une dissolution étendue de sel marin ; le chlorure de mercure Hg*Gl se précipite sous forme d^me poudre blanche. On peut l'obtenir également par la réaction du mercure métallique sur le protochlorure de mercure HgCl , bu sublimé corrosif. A cet effet on mêle i parties de sublimé corrosif et - 3 parties de mercure, et on les broie longtemps ensemble, tout en maintenant la matière mouillée avec un peu d'alcool , pour éviter les poussières malfaisantes du sublimé corrosif. On chauffe ensuite le mélange au bain de sable, dans une grande fiole. Le calomel se sublime et vient se condenser sur les parois supérieures de la fiole. Comme le produit peut être mélangé de sublimé corrosif, il est essentiel de réduire la matière en poudre fine, et de la lavera l'eau bouillante jusqu'à ce que les eaux de lavage ne précipitent plus par la potasse ou par l'hydrogène sulfuré. Dans les fabriques de produits chimiques , on prépare le calomel en chauffant un mélange do sulfate d'oxydule de mercure Hg*O.SO' et de sel marin. Mais, comme la préparation du sulfate d'oxydule de mercure présente quelque difficulté, on remplace ce sel par un mélangede sulfate de protoxyde de mercure HgO.SO* et de mercure métallique. On prend 46 parties de mercure , et on les divise en deux portions égales ; on transforme la première portion en sulfate de protoxyde (§ 636), et l'on y mêle intimement la seconde portion ; on broie le mélange avec trois parties de sel marin , el on le soumet à la distillation.

Le calomel employé dans les pharmacies doit être en poudre trèsfine , parce qu'il est alors plus facile de le débarrasser complètement du sublimé corrosif, qui exerce une action très-délétère sur l'économie animale. On l'obtient immédiatement en poudre impalpable, en opérant la distillation dans un vase dont le col , large et court, est engagé dans un vaste récipient où la vapeur de calomel se condense avant de toucher les parois. On se sert ordinairement, comme récipient , d'une fontaine de grès. Le calomel ainsi obtenu doit être lavé à l'eau bouillante jusqu'à ce que les eaux de lavage ne se troublent plus parla potasse ni par l'hydrogène sulfuré.

Le calomel est extrêmement peu soluble dans l'eau; une dissolu-

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