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AMALGAMES

combinaison en dissolvant du protoxydo de mercure dans de Facide cyanhydrique. On emploie pour cela Tacide cyanhydrique dilué, que l'on obtient par la distillation du cyanoferrure de potassium avec de l'acide sulfurique étendu. On prépare ordinairement le cyanure de mercure , dans les laboratoires , en faisait bouillir 2 parties do bleu de Prusse, 4 partie de protoxyde de mercure et 8 parties d'eau. On filtre la dissolution bouillante, et elle abandonne, par le refroidissement, des cristaux prismatiques blancs de cyanure de mercure anhydre , HgCy ou HgC*Az. Il arrive souvent que la liqueur contient un peu de fer en dissolution ; on la fait bouillir alors avec un peu de protoxyde de mercure qui précipite l'oxyde de fer. On obtient également du cyanure de mercure en faisant bouillir 2 parties de cyanoferrure de potassium avec 3 parties de sulfate de protoxyde de mercure, dissoutes dans 45 à 20 parties d'eau. La liqueur abandonne , par le refroidissement, des cristaux de cyanure de mercure.

Alliages do mercare) on •limlgamca»

§ 642. Le mercure se combine avec un très-grand nombre de métaux , et constitue des alliages, appelés amalgames j qui sont liquides quand le mercure domine beaucoup, et solides quand le métal ayec lequel il est combiné se trouve en proportion considérable. Il suffit de la présence d'une très-petite quantité d*un métal étranger, pour altérer profondément la fluidité du mercure et ses autres propriétés physiques.

Le mercure se combine avec le potassium et le sodium en dégageant de la chaleur ; il forme des amalgames pâteux qui décomposent l'eau. Avec le plomb et l'étain il produit des amalgames dont la consistance varie selon la proportion de métal combiné. Si l'on chauffe ces amalgames de manière à les rendre parfaitement liquides , et qu'on les abandonne à un refroidissement lent , il s'en sépare des cristaux d'amalgames solides , qui présentent des combinaisons à proportions définies. On rencontre dans la nature un amalgame d'argent cristallisé. Les amalgames se décomposent facilement par la chaleur et abandonnent complètement leur mercure*, qui distille.

Le tain des glaces est formé d'un amalgame d*étain.

nétalliirgle du mereure.

§ 6i3. Le principal minerai de mercure est le sulfure ou cinabre (§ 637). Les mines d'Almaden, en Espagne, et celles d'Idria, en lllyrie , fournissent la presque totalité du mercure employé dans les arts. On entasse le minerai clans do grandes chambres voûtées en

maçonnerie , et percées d'an grand nombre d'ouvertures pobr permettre un accès facile à l'air frais. Ces chambres communiquent avec d'autres chambres disposées les unes à la suite des autres , et qui font l'office de condenseur. On brûle du bois sur une grille placée au-dessous du minerai ; le sulfure de mercure prend feu , le soufre se change en acide sulfureux : le mercure isolé se volatilise , se condense dans les chambres et se rend dans un réservoir commun. A Almaden on remplace les chambres de condensation par plusieurs rangées d'allonges en terre cuite , disposées sur une terrasse inclinée; le mercure se condense dans ces allonges, appelées aludèles^ et s'écoule dans une rigole qui l'amène au réservoir.

§ 644. L'argent de nos monnaies et de nos objets d'orfèvrerie n'est pas pur ; il renferme une certaine proportion de cuivre. Pour préparer l'argent pur, on dissout le métal alHé dans Tacide azotique , et Ton verse dans la dissolution du sel marin , qui précipite l'argent à l'état de chlorure insoluble , tandis que les autres métaux restent en dissolution. On mêle 400 parties de ce chlorure d'argent desséché avec 70 parties de craie et 4 ou 5 de charbon, et l'on introduit ce mélange dans un creuset d'argile que l'on porte à une forte chaleur blanche. De l'oxyde de carbone se dégage ; il se forme du chlorure de calcium et de l'argent métallique. Après le refroidissement l'argent forme , au fond du creuset , un culot qui est recouvert d'une scorie de chlorure de calcium.

L'argent se distingue, parmi tous les métaux, par sa belle couleur blanche et par un grand éclat qui ne se ternit pas à l'air, à moins que celui-ci ne renferme des Vapeurs sulfurées. La densité de l'argent est de 40,5. L'argentest plus dur que l'or, mais plus mou que le cuivre; l'addition d'une petite quantité de cuivre augmente sa dureté. 11 est , après l'or, le métal le plus malléable ; on peut le réduire par le battage en feuilles extrêmement minces, et l'étirer à la filière en fils très-fins. Il jouit aussi d'une assez grande ténacité , car un fil de 2 millimètres de diamètre ne se rompt que sous une charge de 85 kilogrammes. L'argent fond à la chaleur blanche ; on estime la température de sa fusion à environ 4000® du thermomètre à air. Il donne des vapeurs très-sensibles à la température

da feu de forge , et se vaporise promptement quand on le porte à la haute température qu'on obtient entre les deux charbons qui terminent les deux conducteurs d'une forte pile.

L'argent n'absorbe pas l'oxygène à la température ordinaire ; il ne se combine pas non plus, d'une manière stable, avec l'oxygène à une température élevée. Mais, si l'on maintient pendant longtemps de l'argent très-pur, fondu au contact de l'air, il absorbe une proportion considérable d'oxygène, qu'il abandonne, pendant le refroidissement, avec sa solidification. Le gaz, en se dégageant, projette souvent une portion du métal hors du creuset. On démontre cette absoiption de l'oxygène par l'expérience suivante ; on fond dans un creuset de terre 3 ou 4 kilogrammes d'argent trè&-pur : lorsque le métal fondu se trouve à une forte chaleur blanche , on découvre le creuset, et l'on y projette, par petites pincées, une certaine quantité de salpêtre qui se décompose et maintient une atmosphère d'oxygène dans le creuset. Après l'addition de la dernière portion de salpêtre, on laisse le creuset couvert pendant^ heure, en maintenant la haute température ; puis on le saisit avec une tenaille , on le plonge dans la cuve à eau , en amenant au-dessus une cloche pleine d'eau ; le gaz oxygène absorbé se dégage aussitôt, et se rassemble dans la cloche. Au moment où l'on plonge le creuset incandescent dans l'eau, il se fait quelquefois une forte détonation ; il est donc indispensable de faire cette expérience avec prudence.

On a reconnu que l'argent pouvait absorber jusqu'à 22 fois son Yolume d'oxygène. La présence d'une très-petite quantité de métaux étrangers suffit pour lui enlever cette propriété.

L'argent ne s'oxyde pas, à la chaleur rouge, au contact des alcalis caustiques et des azotates alcalins. C'est à cause de cette propriété que l'on se sert de creusets d'argent lorsqu'on a besoin, dans les analyses chimiques, d'attaquer les matières par la potasse caustique ou par le salpêtre, qui attaqueraient, au contraire, fortement les creusets de platine. Mais l'argent s'altère au contact des silicates alcalins fondus ; il se forme de l'oxyde d'argent, qui se dissout dans le silicate et le colore en jaune.

L'argent ne décompose que très-faiblement l'acide chlorhydriqiio en dissolution ; il n'y a de réaction qu'avec le métal très-divisé et à la température de l'ébullition. L'acide sulfurique étendu n'attaque pas l'argent, mais celui-ci décompose facilement à chaud l'acide sulfurique concentré ; du gaz sulfureux se dégage et il se forme du sulfate d'argent. L'acide azotique attaque l'argent, même à la température ordinaire; il se dégage du deutoxyde d'azote et l'argent se transforme en azotate. L'acide sulfbydrique est décomposé par

Taisent, à la température ordinaire ; une lame brillante 'd'argent noircit prompteroent dans une dissolution d'acide sulfhydrique ; elle se recouvre d'une pellicule noire de sulfure d'argent. L'argent est attaqué à froid par le chlore, le brome et l'iode.

§ 645. On connaît aujourd'hui trois combinaisons de l'argent avec l'oxygène :

Le suboxyde , Ag*0 Le protoxyde, Âg() Etlebioxyde, AgO'.

Le protoxyde csl îe seul oxyde d'argent qui présente de l'intérêt.

On obtient le protoxyde d'argent^ AgO, en versant de la potasse en excès dans une dissolution d'azotate d'argent ; il se forme un précipité brun clair qui est de l'hydrate de protoxyde. Cet hydrate perd facilement son eau dans le vide sec ou à une chaleur modérée, et se transforme en une poudre olive de protoxyde anhydre. Le protoxyde d'argent perd facilement son oxygène par la chaleur; il se décompose, même à froid, sous l'influence des rayons solaires. Le protoxyde hydraté se dissout en petite quantité dans l'eau ; celle-ci manifeste ensuite une réaction alcaline sur les teintures. colorées; il ne se combine pas avec les alcalis caustiques. Le protoxyde d'argent est une base puissante qui se combine avec les acides même les plus faibles, et neutralise complètement les acides les plus énergiques : ainsi, l'azotate d'argent est parfaitement neutre aux réactifs colorés.

. Ammoniure d'oxyde â^argenU

% 646. Si l'on fait digérer de l'oxyde d'argent avec une dissolution concentrée d'ammoniaque caustique, il se forme une poudre noire, éminemment explosive. On obtient la même combinaison en versant de la potasse caustique dans un sel d'argent dissous par un excès d'ammoniaque caustique. Ce composé, auquel on donne le nom émargent fulminant^ détone très-facilement et ne doit être manié qu'avec la plus grande prudence. Lorsqu'il est sec , il fait explosion si on le frictionne seulement avec une barbe de plume. Il détone sous l'eau orsqu'on chauffe celle-ci jusqu'à 400®. Les chimistes ne sont pas d'accord sur la composition de l'argent fulminant ; quelques-uns le regardent comme formé par la combinaison directe de l'ammoniaque avec l'oxyde d'argent , et lui donnent la formule AgO.AzlP ; d'autres le considèrent comme un amidure d'argent AgAzH", produit par la réaction AgO-f- AzH*=AgAzH*-|-HO;

SELS d'argent. 485

enfin , un grand nombre le regardent comme un simple azoture d*argent, et supposent que la réaction qui lui a donné naissance est exprimée par Téquation 3AgO-}- AzH' = Ag'Az -f- 3H0.

Sel« formé* par le pratoxyde d*arscittt«

§ 647. Ainsi que nous Tayons déjà dit (§ 645) , le protoxyde d'argent est une base puissante qui se combine avec les acides, même les plus faibles , et neutralise parfaitement les acides les plus énergiques sous le rapport de leur action sur les réactifs colorés. Le protoxyde d'argent se comporte , dans quelques circonstances , comme une base plus forte que les alcalis , car il décompose quelques sels, alcalins en leur enlevant une portion de leur acide ; cette décomposition cependant n'a lieu que quand il peut se former un sel double. Les sels d'argent sont incolores lorsque l'acide n'est pas luimême coloré. On obtient les sels d'argent solubles en dissolvant le carbonate d'argent dans les acides. Les sels insolubles se préparent par double décomposition , au moyen de l'azotate d'argent qu'on obtient en dissolvant l'argent dans l'acide azotique. Les sels d'argent solubles ont une saveur métallique désagréable; ils sont trèsvénéneux. Tous les sels d'argent noircissent à la lumière solaire; ils se décomposent, et de Targent métallique se sépare. Les sels solubles d'argent présentent les réactions caractéristiques suivantes. La potasse et la soude donnent des précipités bruns de protoxyde hydraté qui ne se dissolvent pas dans un excès de réactif. L'ammoniaque produit dans les dissolutions neutres le même précipité , mais celui-ci se dissout complètement dans un excès du réactif. Si la dissolution renferme un grand excès d'acide , Tammoniaque ne la trouble plus , parce qu'il se forme un sel soluble d'argent et d'ammoniaque, indécomposable par un excès d'ammoniaque. Les carbonates de potasse et de soude donnent un précipité blanc sale de carbonate d'argent , qui ne se dissout pas dans un excès de réactif. Le carbonate d'ammoniaque produit le même précipité ; celui-ci se dissout dans un excès de carbonate d'ammoniaque et dans l'ammoniaque caustique. L'oxyde et le carbonate d'argent , précipités , se décomposent facilement par la chaleur, et donnent une masse spongieuse d'argent métallique, qui s'agrège par la percussion et présente tous les caractères physiques de l'argent malléable.

L'acide sulfhydrique produit un précipité noir de sulfure d'argent; les su Ifhyd rates alcalins donnent le même précipité noir; il ne se dissout pas dans un excès de sulfhydrate.

Le cyanoferrure de potassium donne un précipité blanc ; le cyanoferride , ou prussiate rouge, produit un précipité rouge brun.

L'acide chlorbydrique et les chlorures solubles forment dans les disBolations d'argant un précipité blanc, qui se> réunit facilemenl par l'agitation en un dépôt cailleboté, surtout si la liqueur renferme un excès d'acide azotique. Ce précipité est insoluble dans un excès d'acide azotique; il se dissout , au contraire, facilement dans l'ammoniaque ; si l'on sature l'ammoniaque par un acide , le chlorure d'argent se précipite de nouveau. Ce précipité noircit promptement à la lumière en prenant d'abord une teinte violacée. Il se distingue par là du précipité de sous-chlorure de mercure Hg*Gl, qui se forme quand on verse un chlorure soluble dans une dissolution d'un sel d'oxydule de mercure, et qui reste blanc pendant fort longtemps. Une lame de zinc ou de fer, mise en contact avec le chlorure humide , le décx)mpose et isole l'argent métallique.

Les iodures solubles forment dans les dissolutions d'argent tin précipité blanc jaunâtre d'iodure d'argent, qui se dissout difficile* ment dans un grand excès d'acide ou dans l'ammoniaque.

L'argent est précipité de ses dissolutions , à Fctat métallique, par un grand nombre de métaux, notamment par le fer, le zinc, le cuivre. Le mercure opère la même décomposition ; mais l'argent précipité se combine à mesure avec le mercure , jusqu'à ce que celui-ci se soit transformé en un amalgame solide. A partir de ce moment, l'argent qui continue à se déposer forme de longues aiguiihes brillantes d'amalgame d'argent, qui remplissent quelquefois toute la dissolution. On donne à cette cristallisation le nom d'arbre de Diane. Pour la préparer, on place ordinairement , dans une dissolution d'azotate d'argent, du mercure déjà combiné avec \ de son poids d'argent.

Azotate d'argent,

§ 618. L'argent se dissout facilement dans l'acide azotique; si l'on évapore la liqueur, l'azotate d'argent cristallise, anhydre, sous forme de larges lames incolores. On prépare ordinairement l'azotate d'argent, dans les laboratoires , avec l'argent de monnaie qui contient -^ de son poids de cuivre. On dissout cette monnaie dans l'acide azotique, et l'on obtient une dissolution bleue qui renferme, à la fois , de l'azotate d'argent et de l'azotate de cuivre. On évapore cette dissolution à siccité, et l'on chauffe le résidu jusqu'à fusion dans une capsule de porcelaine. La fusion de l'azotate d'argent a lieu au-dessous du rouge sombre ; à cette température, l'azotate de cuivre se décompose et se change en protoxyde de cuivre , CuO, qui colore la masse en noir ; on maintient la température jusqu'à ce que l'azotate de cuivre soit entièrement décomposé. On reconnaît

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