AZOTATE D'ARGENT
que ce moment est arrivé, en enlevant une petite quantité de la matière à l'extrémité d'une baguette de verre , la dissolvant dans un peu d'eau, et versant dans la dissolution filtrée un excès d'ammoniaque ; si la liqueur ne se colore pas en bleu, on est sûr que tout l'azotate de cuivre a été décomposé. On dissout alors la matière dans l'eau , et Ton sépare l'oxyde de cuivre par filtration.
On peut aussi précipiter au moyen de l'oxyde d'argent l'oxyde de cuivre qui existe dans la liqueur. Après avoir évaporé à sec la dissolution des azotates pour chasser l'excès d'acide , on reprend par Teau. On sépare | environ de la liqueur, et on la précipite complètement à froid par de la potasse caustique en excès ; les oxydes d'argent et de cuivre se déposent ; on les lave à l'eau froide, puis on les fait bouillir avec les autres f de la liqueur. L'oxyde d'argent précipite complètement l'oxyde de cuivre , et l'azotale d'argent reste seul dans la liqueur; le dépôt se compose de beaucoup d'oxyde de cuivre et de très-peu d'oxyde d'argent. '
On prépare souvent aussi l'azotate d'argent au moyen du chlorure d'argent que l'on obtient toujours en grande quantité dans les laboratoires où l'on exécute des analyses minérales. On peut décompo* ser ce chlorure d'argent par la chaux, dans un Creuset chauffé à une chaleur blanche, ainsi que nous l'avons dit (§ 644), et obtenir ainsi de l'argent métallique pur, que l'on dissout dans l'acide azotique. Mais, ordinairement, on se contente de plonger une tige de fer au milieu du chlorure d'argent, que l'on a mouillé avec de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique. Le chlorure d'argent se décompose de proche en proche, et, au bout de quelque temps, il ne reste que de l'argent métallique. On lave l'argent avec de l'eau acidulée, puis on le dissout dans l'acide azotique.
L'azotate d'argent se dissout dans son poids d'eau froide et dans .a moitié seulement de son poids d'eau bouillante. Il se dissout dans 4 parties d'alcool bouillant. Nous avons dit que l'azotate d'argent fondait sans altération à une température inférieure au rouge sombre ; il se soliditie par le refroidissement en une masse cristalline. Il se décompose, si on le chauffe davantage. Au commencement de la décompositioQ, il ne se dégage que de l'oxygène, et le sel se transforme enazotite AgO.AzO'; mais ensuite, il se dégage à la foiô de l'oxygène et de l'azote, et il ne reste finalement que de l'argent métallique. %
L'azotate d'argent fondu est employé en chirurgie pour cautériser les chairs ; on lui donne le nom de pierre infernale. On emploie ordinairement la pierre infernale sous forme de petites baguettes
fixées à l'extrémité d'un porte-crayon. Pour obtenir ces baguettes.
488 % ARGBirr.
on coule Fazotate d*argent fonda dans une lingotîère en fer. Ces baguettes sont ordinairement noires à leur surface ; cela tient à ce que la pellicule extérieure d'azotate d*argent a été décomposée par les parois du moule.
On emploie également l'azotate d'argent, comme médicament interne, dans certains cas d'épilepsie, mais c'est un médicament dangereux et qui ne doit être administré qu'avec la plus grande prudence. Les personnes qui ont été soumises à ce traitement doivent éviter de s'exposer à Taction de la lumière du jour jusqu'à ce que le sel d'argent, qui s'est distribué dans tout l'organisme, ait pu être évacué. Sans cette précaution , toutes les parties du corps exposées à la lumière bleuissent, par suite de la décomposition du sel d'argent que la lumière opère dans le tissu sous-cutané.
L'azotate d'argent se décompose faiblement sous l'influence de la lumière solaire ; mais la décomposition est rapide en présence des matières organiques. Une goutte d'azotate d'argent produit sur la peau une tache brune persistante , qui devient complètement noire au bout de quelque temps , et ne peut plus être enlevée que p2ir une dissolution de cyanure de potassium. On utilise cette propriété de l'azotate d'argent pour marquer le linge d'une manière indélébile. A cet effet, on encolle, avecun peu d'empois rendu alcalin par du carbonate de soude , la partie du linge où l'on veut apposer la marque ; puis on écrit <avec une dissolution d'azotate d'argent épaissie par un peu de gomme ; bientôt, surtout sous Tinfluence de la lumière, les caractères apparaissent. Les caractères ainsi produits résistent aux blanchissages ordinaires , mais ils peuvent être enlevés au moyen des cyanures alcalins.
Sulfate d*argent,
$ 619. On obtient le sulfate d'argent en chauffant de l'argent métallique avec do l'acide s ulfurique concentré; de l'acide sulfu- , reux se dégage et il se forme une poudre cristalline blanche de j sulfate d'argent. On l'obtient également en versant de l'acide sulfurique ou du sulfate de soude dans une dissolution bouillante d'azotate d'ai^ent; le sulfate d'argent se précipite sous forme de j petits cristaux prismatiques. Le sulfate d'argent est très-peu soluble dans l'eau, car l'eau chaude en dissout à peine yj^.
Carbonate d'argent.
§ 650. On obtient le carbonate d'argent, sous forme d'un précipité blanc, en versant du carbonate de soude dans une dissolution
CHLORUBE d'argent. • 489
d'azotate d'argent. Ce précipité brunit promptement sous Tinfloenco de la lumière solaire; il se décompose facilement par la chaleur.
CmnlilBAlflOB de rargent «Tee le «oiiflre.
$ 651 . L'argent et le soufre se combinent directement lorsqu'on chauffe un mélange de ces deux corps. L'excès de soufre distille, et, si l'on chauffe jusqu'au rouge, le sulfure d'argent fond et se solidifie en une masse cristalline. Ce sulfure d'argent correspond au protoxyde; il a, par conséquent, pour formule AgS. On le trouve cristallisé dans la nature.
Le même sulfure d'argent se produit, par voie humide, quand on précipite un sel d'argent par l'hydrogène sulfuré , ou par un sulfhydrate alcalin. L'argent décompose l'acide suif hydrique , même à froid , surtout en présence de l'eau , et sa surface se couvre d'une pellicule noire de sulfure. C'est à cause de cette propriété que l'argent noircit si facilement dans les localités où il y a des émanations sulfurées, et que la vaisselle d'argent devient noire lorsqu'on y chauffe des aliments qui peuvent dégager de l'hydrogène sulfuré , des œufs ou du poisson , par exemple ; cela arrive surtout lorsque ces aliments ne sont pas très-frais.
Le sulfure d'argent se combine avec un grand nombre de sulfures pétalliques , principalement avec les sulfures électronégatifs , tels que les sulfures d'arsenic et d'antimoine. On trouve dans la nature plusieurs de ces sulfures doubles cristallisés.
ComblnalMni de Farsent mwee le eiilere.
§ 652. On ne connaît qu'une seule combinaison de l'argent avec le chlore ; elle correspond au protoxyde. On obtient le chlorure d'argent, AgCl, en versant de l'acide chlorhydrique ou du sel marin dans une dissolution d'azotate d'argent. Il se forme un précipité blaqc qui se rassemble facilement , par l'agitation , en grumeaux caséeux , surtout si la liqueur renferme iin excès d'acide azotique. Le chlorure d'argent est à peu près complètement insoluble dans l'eau et dans les dissolutions faibles d'acide azotique ; il se dissout , au contraire , sensiblement dans les dissolutions d'acide chlorhydrique ou des chlorures alcalins. L'acide chlorhydrique concentré et bouillant dissout une quantité notable de chlorure d'argent; la liqueur saturée abandonne , par le refroidissement , des petits cristaux octaédriques de ce chlorure. L'ammoniaque dissout facilement, et en grande quantité, le chlorure d'argent ; la liqueur, abandonnée à l'air, perd successivement son ammoniaque et laisse déposer des cristaux octaédriques de chlorure d'argent , qui prennent souvent
un assez grand développement. En saturant la liqueur ammoniacale avec de l'acide azotique , le chlorure d'argent se dépose de nouveau. Les dissolutions des hyposulfites alcalins dissolvent une grande quantité de ce chlorure.
Le chlorure d'argent fond, à une température d'environ 260®, en un liquide jaune qui, en se solidifiant, donne une matière translucide ressemblant à de la corne, et se laissant couper au couteau. A la chaleur rouge , le chlorure d'argent donne des vapeurs sensibles ; il n'est cependant pas assez volatil pour qu*on puisse le distiller. Le chlorure d'argent noircit promptement sous l'influence des rayons solaires. Si le chlorure est en suspension dans l'eau , il se dégage de l'oxygène , et la liqueur renferme , au bout de quelque temps , de l'acide chlorhydrique. Si le chlorure est sec, il se dégage du chlore. Dans les deux cas, en traitant par l'ammoniaque la matière altérée, on dissout du chlorure d'argent incolore, et il reste de l'argent métallique sous forme de poussière noire.
Le chlorure d'argent se rencontre quelquefois cristallisé dans la nature; il forme des cristaux cubiques ou octaédriques, d'un gris de perle, lorsqu'ils sont enfermés dans l'intérieur de la roche , et d'un violet plus ou moins foncé quand ils se trouvent à la surface.
Comblnalsoii de Tarsent avec le brome.
% 653. On obtient un bromure d'argent, AgBr, semblable au chlorure, en versant un bromure alcalin dans une dissolution d'azotate d'argent; il se forme un précipité blanc, légèrement jaunâtre, qui est insoluble dans l'eau et dans l'acide azotique, mais qui se dissout facilement dans l'ammoniaque et dans les hyposulfites alcalins. Le chlore décompose facilement le bromure d'argent, et le transforme en chlorure. Le bromure d'argent a été rencontré dans certains minerais d'argent du Mexique.
CombinalMoii de Parseni avee Tlode»
% 651. En versant de l'iodure de potassium dans une dissolution d'azotate d'argent, on obtient un précipité blanc jaunâtre d'iodure d'argent, Agio. Ce précipité est insoluble dans l'eau. L'acide azotique le dissout en petite quantité; l'ammoniaque n'en dissout qu'une quantité assez faible, ce qui permet de le distinguer facilement des chlorure et bromure d'argent. Le chlore le décompose et met Tiode en liberté. L'acide chlorhydrique le change en chlorure. Il fond audessous de la chaleur rouge. L'iodure d'argent s'altère uïoins rapidement par la lumière que le chlorure; il noircit cependant en peu de temps, en prenant d'?ibord une teinte brune. L'iodure d'argent
ALLIAGES d'argent. 491
se dissout en assez forte proportion dans une dissolution d*iodure de potassium; la liqueur abandonne, par évaporation , des cristaux d'un iodure double Aglo-f-KIo. L'iodure d'argent cristallisé a été rencontré dans plusieurs minerais d'argent.
§ 655. L'argent est rarement employé à l'état de pureté ; il est trop mou , et les objets fabriqués s'usant promptement à leur surface, perdraient la finesse de leurs contours. On allie ordinairement l'argent à une certaine quantité de cuivre qui augmente beaucoup sa dureté. Il faut que la proportion de cuivre soit considérable pour que l'alliage prenne une teinte jaune prononcée ; quand il n'en renferme pas plus de |, il reste sensiblement blanc. Cependant cette blancheur est moins franche que celle de l'argent pur, et Ton cherche ordinairement à la reproduire sur les objets de luxe par une opération qu'on appelle \& blanchiment. Cette opération a pour but d'enlever à l'alliage le cuivre qui se trouve immédiatement à la surface de l'objet. A cet effet, on chauffe l'objet au rouge sombre ; le cuivre de la couche superficielle s'oxyde, et, en plongeant immédiatement l'objet dans l'eau acidulée par de l'acide azotique ou de l'acide sulfarique, l'oxyde de cuivre formé se dissout. Après ce blanchiment la surface de l'objet est nécessairement mate, parce que les parcelles d'argent y sont, pour ainsi dire, séparées les unes des autres; mais on la rend facilement brillante par le brunissage.
Les alliages d'argent employés pour les monnaies, les objets d'orfèvrerie et de bijouterie sont soumis à un titre légal , réglé par la loi , et garanti par un poinçonnage pour l'orfèvrerie et la bijouterie.
La monnaie d'argent de France est au titre de -f^ , c'est-à-dire qu'elle doit renfermer 900 d'argent et 100 de cuivre. Mais, comme il serait difficile d'obtenir toujours rigoureusement ce titre par la fusion directe des deux métaux, la loi accorde une tolérance de yoôô au-dessous du titre légal, et de j^ au-dessus. Ainsi un alliage de 897 argent et de 403 cuivre est encore accepté, tandis qu'on refuse un alliage de 896 argent et 404 cuivre. Les alliages qui renferment plus de 903 d'argent ne sont pas non plus admis; il y a avantage à les refondre avec une petite quantité de cuivre, pour les ramener aux limites de la tolérance.
Les médailles d'argent doivent être au titre de ^^ ; la tolérance est de jf^ comme pour les monnaies.
Le titre pour la vaisselle et l'argenterie ordinaire est de -^^ ; mais la tolérance est plus forte que pour les monnaies; elle est de j^
au-dessous du titre légal. On ne fixe pas de limite supérieure, parce que le fabricant est intéressé à ne pas dépasser le titre légal.
Le titre pour la petite bijouterie d'argent et pour les objets d'ornement est de Y^ , avec une tolérance de j^ .
§ 656. On fabrique beaucoup de vases avec des feuilles de cuivre recouvertes sur toute leur surface d'une lamelle d'argent fortement soudée. C'est ce qu'on appelle le plaqué d*argent. Le titre ordinaire du plaqué est au ^ , c'est-à-dire que la feuille doit se composer de ^ cuivre et ^ argent ; on fabrique cependant des plaqués à un. titre moins élevé.
Les objets de plaqué sont aujourd'hui en grande partie remplacés par des objets moulés en cuivre ou en alliages cuivreux , recouverts ensuite d'une couche d'argent par des procédés que nous décrirons bientôt.
BMttaim de« «lUases d'argent.
§ 657. Il est important que les titres des alliages d'argent puissent être déterminés rapidement et exactement , afin que la fabrication des monnaies et de l'argenterie reste sous le contrôle efficace du gouvernement. Les essais se font par deux procédés : le premier, et le plus ancien, est Isicoupellation; le second est le procédé d'analyse par voie humide. Ce dernier procédé, beaucoup plus précis, a remplacé la coupellation dans tous les bureaux d'essai de l'État^
Essais par coupellation,
% 658. L'analyse des alliages d'argent et de cuivre par coupellation est fondée sur la propriété de l'argent de ne pas s'oxyder quand on le maintient fondu au contact de l'air, et de ne donner que des vapeurs presque insensibles. Le cuivre s'oxyde au contraire dans cette circonstance et se change en oxydule Cu*0 ; mais pour que ce métal se sépare de l'alliage, on a reconnu qu'il était nécessaire d'introduire Fig. 133. dans celui-ci une certaine quantité de plomb
qui, en s'oxydant, produit de la litharge liquide à cette température, et dans laquelle l'oxydule de cuivre se dissout. Le grillage a heu dans une coupelle (fig. 433 ) , c'est-à-dire dans une cap- Fig. 134. suie poreuse et à parois épaisses. Ces coupelles sont fabriquées avec des cendres d'os, humectées d'un peu d'eau; on comprime la pâte dans des moules qui lui donnent la forme dont la figure 434 montre une section verticale. L'oxyde de plomb fondu et tenant les autres oxydes en dissolution s'imbibe dans la coupelle, et il ne reàte, à la fin, sur
CODPELLITION. 493
la coupelle, que le globule d'ai^ent alfiné. Une coupelle d'os peut absorber eaviron son poids de lilharge.
La quantité de plomb qu'il faut ajouter à un alliage d'argent et de cuivre pour le passer commodément à la coupellation , doit être d'autant plus grande que le contenu en cuivre est plus considérable. Il faut en effet que tes lilharges, aprèâ avoir dissous l'oxydule de cuivre qui e'eat formé simultanément, conservent assez de fluidité pours'inSItrer facilement dans la coupelle. Si l'infillratioa n'a pas lieu, la litharge recouvre le métal et l'osydation s'arrête; on dit alors que l'essai est noyé.
L'essai par coupellation se fait ordinairement sur un gramme d'alliage. La quantité de plomb que l'on ajoute est différente suivant le titre de l'alliage : pour la monnaie d'argent, on prend 7 grammes de plomb ; pour des alliages moins riches en argent on emploie de 10 à 18 grammes de plomb.
Le fourneau de coupellation est représenté par les figures 43S et
436 ; la figure 1 36 en montre une section verticale. La parliela plus imporlantedu fourneau est la moufle X. C'est un berceau demi-cylindrique en terre (fig. 137) bouché à l'une do ses extrémités, et disposé dans le fourneau, de manière qu'on puisse l'envelopper com^
plétement de combustible; son ouverture correspond exactement à l'ouverture D du fourneau. Les parois latérales de la moufle sont
percées de fentes longitudinales , par lesquelles s'établit un tirage de Tair extérieur qui s'introduit par la porte de la moufle et s'échappe à travers ces fentes dans le courant d'air du fourneau. Fig. 137. La moufle est donc constamment traversée par
un courant d'air (rès-oxvdant. On surmonte ordinairement le rêverbère du fourneau d'un tuyau en tôle M (fig. 4 35), qui active le tirage. On remplit complètement le fourneau de charbon de bois par l'ouverture F, et l'on introduit les coupelles dans la moufle, où on les dispose symétriquement quand on a un grand nombre d'essais à faire. Si les coupelles sont fraîches , on les place préalablement sur la plate-forme N pour les dessécher. Quand les coupelles sont dans la moufle , on ferme l'ouverture D avec la porte E, afin d'éle^ ver la moufle à une très-haute température , et, quand ce but est atteint, on ouvre l'ouverture D, et l'on place dans chaque coupelle, à l'aide d'une pince , une portion du plomb qui doit être ajouté à chaque essai. Aussitôt que le plomb est fondu , on introduit laprtse dressai enveloppée dans le reste du plomb. Les métaux fondent promptement, et l'alliage d'argent se dissout complètement dans le plomb ; au bout de quelques minutes Talliage forme dans chaque coupelle un globule liquide , arrondi. Bientôt , il se dégage des vapeurs blanches dues à du plomb métallique qui s'oxyde dans l'air; la surface du globule métallique se couvre d'une pellicule et de gouttelettes d'oxyde fondu qui se meuvent rapidement à sa surface. Ces oxydes s'absorbent à mesure dans la coupelle. Lorsque le cuivre et le plomb se sont complètement transformés en oxydes imbibés dans la coupelle, et que l'argent est afi&né, le mouvement que l'on observait à la surface s'arrête , le globule se couvre , pendant un instant très-court, des couleurs des bulles de savon; puis il devient sombre. Ce phénomène, qui se produit à la fin de l'oxydation , s'appelle Védair, Il faut alors rapprocher lentement la coupelle de l'ouverture de la moufle , afin que le globule d'argent ne se refroidisse pas trop brusquement. Nous avons vu , en efiet (§ 644), que l'arçent pur absorbe une certaine quantité d'oxygène à l'air, et que le gaz absorbé se dégage subitement lorsque le métal se refroidit rapidement, et au moment de sa solidification. Or, ce dégagement brusque du gaz détermine ordinairement la projection d'une petite quantité de métal; on dit alors que 4'argent roche. Il est facile de reconnaître , à l'aspect du bouton refroidi , si ce phénomène s'est présenté, car, si l'argent « roche , on remarque toujours à sa sur-