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ESSAIS DES MONNAIES D' ARGENT

face une végétalion, un petit champignon, à lendroit où|la projection a eu lieu. Il faut rejeter tous les essais qui présentent ce caractère, parce qu^ils accusent nécessairement une quantité d'argent trop faible.

Les essais par coupellation ne sont pas susceptibles d'une grande précision; Ils exigent beaucoup de précautions sans lesquelles l'essayeur peut facilement faire des erreurs de 5 à 6 millièmes en pluï; ou en moins. Ils sont aujourd'hui généralement remplacés par les essais par voie humide qui permettent une précision de ^ millième.

Essais par voie humide,

$ 659. Les essais des matières d^argent par voie humide se font en précipitant Targent à l'état de chlorure insoluble, par une dissolution titrée de sel marin. Comme le chlorure d'argent se rassemble facilement par l'agitation, dans une liqueur acidiBée par de l'acide azotique, il est facile de saisir exactement le moment où l'argent est complètement précipité. La dissolution de sel marin que l'on emploie est telle, que \ décimètre cube de cette liqueur précipite exactement 4 gramme d'argent pur. Pour déterminer le titre d'un alliage, on dissout 4 gramme d'alliage dans 5 ou 6 grammes d'acide azotique, et l'on verse dans la liqueur, avec précaution , la dissolution do sel marin contenue dans une burette graduée, jusqu'à ce que l'addition d'une nouvelle goutte ne produise plus de précipité. Après chaque addition de dissolution falée, lorsqu'on approche du moment de la précipitation complète, on a soin de secouer vivement le flacon qui contient la dissolution d'argent, pour que le précipité se rassemble et que la liqueur s'éclaircisse. Le nombre de centimètres cubes qui ont été versés pour précipiter complètement l'argent, donne le titre de l'alliage.

Ce procédé peut être simplifié et amené à une très grande précision quand on l'applique à la détermination exacte du titre d'un alliage dont on connaît déjà une valeur approchée , par exemple, d'une monnaie ou d'une pièce d'orfèvrerie. On emploie alors deux dissolutions de sel marin : l'une qu'on appelle dissolution normale et qui est telle, que 4 décilitre précipite exactement 4 gramme d'argent pur; et l'autre, qui est 40 fois plus étendue, et dont il faut 4 litre pour précipiter 4 gramme d'argent. On nomme celle-ci liqueur décime. Enfin, on emploie quelquefois une troisième dissolution titrée, la liqueur décime d'argent, qui renferme 4 gramme d'aigent dans 4 litre.

Supposons qu'il s'agisse de déterminer le titre d'un alliage de monnaie; on sait que cet alliage, pour être accepté, doit renfermer

ao moins -f^ d'argent , el l'on suppose qu'il n*en renferme que Y^\ à ce dernier titre, ^pJ^G d'alliage renfermerait 1 gramme d'argent. On pèse très-exactement ^s%^^Q de l'alliage, on le place dans un flacon susceptible d'être bouché à Témeri, on dissout la matière dans 5 ou 6 grammes d'acide azotique pur, et on verse dans le flacon 4 décilitre de la dissolution normale de sel marin. Il est clair que, si l'alliage est réellement au titre de j^, l'argent doit être complètement précipité , et la. liqueur ne doit pas renfermer un excès de sel marin. Si le titre est plus fort, il reste encore de l'argent dans la liqueur; s'il est plus faible, l'argent a été complètement précipité , mais il y a dans la liqueur un excès de sel marin. Pour s'en assurer, on bouche le flacon et on Tagite vivement, afin d'éclaircir la liqueur, et lorsque celle-ci est devenue bien claire, on y verse î centimètre cube de dissolution salée décime , qui peut précipiter 4 millième d'argent. S'il reste de ' l'argent dans la liqueur, il se forme un nuage blanc très-sensible, on agite de nouveau le flacon pour éclaircir la liqueur, puis on y verse un second centimètre cube de dissolution décime. S'il se produit un précipité, on éclaircit de nouveau la liqueur par l'agitation, on verse un troisième centimètre cube de dissolution décime, et, ainsi de suite, jusqu'à ce que la liqueur ne se trouble plus. Stipposons que 5 centimètres cubes de dissolution décime , ajoutés successivement, aient produit des précipités , mais que le sixième centimètre cube n'ait pas altéré la transparence de la liqueur, on en conclura qu'après la précipitation de 4 gramme d'argent fin par le décimètre cube de dissolution normale de sel marin , la liqueur renfermait encore au moins 4 millièmes d'argent. Le cinquième centimètre cube de dissolution décime ayant produit un trouble, tandis que le sixième n'en a pas donné, il est clair que la liqueur ne renfermait pas plus de 5 millièmes d'argent, et, en adoptant 4 J millièmes, on est sûr d'avofr le contenu exact en argent, èç millième près. Le titre réel de l'alliage est donc de 896+4 J, c'est-à-dire 900 I millièmes.

Si le premier centimètre cube de dissolution salée décime ne donne pas un nouveau précipité dans la dissolution d'argent qui a déjà reçu le décimètre cube de dissolution salée normale, il est clair que l'alliage n'est pas à un titre supérieur à ji^y et , par cela seul, il doit être r^eté.

Si l'on veut avoir exactement le titre de l'alliage, il faut avoir recours à la liqueur décime d'argent. On commence par verser 4 centimètre cube de liqueur décime d'argent, qui précipite le centimètre cube de liqueur salée décime que l'on avait ajouté et qu'il faut neu-

METALLURGIE DE L'ARGENT. 497

traliser; on éclaircit la liqueur par Tagitation , puis on ajoute 4 centimètre cube de liqueur décime d'argent; s'il produit un trouble, on agite de nouveau le tlacon et l'on verse un second centimètre cube de liqueur décime d'argent. On continue ainsi jusqu'à ce que l'ad-» dition d'un nouveau centimètre cube de dissolution décime d'argent ne trouble plus la liqueur. Supposons que les trois premiers centimètres cubes aient donné des précipités, et que la liqueur soit restée claire à l'addition du quatrième , il est très-probable que le troisième centimètre cube n'a pas été décomposé en entier, et nous admettrons qu'il n'a servi qu'à moitié, et que les 2 } centimètres cubes de dissolution décime d'argent ont suffi pour décomposer le sel marin resté libre après l'addition du décimètre cube de dissolution normale salée. C'est donc 2 \ millièmes qu'il faut retrancher du titre •^^, et le titre exact sera -^i^çf.

Hételhirgle de l'arseni*

§ 660. Une grande partie de l'argent s'extrait des galènes argentifères, c'est-à-dire du sulfure de plomb qui renferme fréquemment de petites quantités de sulfure d'argent. L'argent accompagne souvent aussi les minerais cuivreux ; enfin il se trouve à l'état natif, soit seul , soit mêlé à l'or.

Les galènes argentifères sont traitées pour plomb par les procédés que nous avons indiqués [$ 597 bis). L'argent passe dans le plomb ; pour l'en extraire , on soumet le plomb argentifère à la coupeUation. Cette opération est fondée sur la propriété que possède le plomb de s'oxyder quand on le chauffe au contact de l'air, tandis que l'argent ne s'oxyde pas et se concentre indéfiniment dans le plomb qui est resté à l'état métallique. Â la fin de ce grillage, lorsque tout le plomb s'est oxydé, l'argent reste isolé. Pour que l'oxydation du plomb marche promptement , il faut enlever l'oxyde de plomb à mesure qu'il se produit. Le fourneau de coupeUation est une espèce de four à réverbère dont la sole forme une large capsule peu profonde. Les parois de cette capsule sont couvertes d'une couche épaisse d'argile marneuse , fortement tassée , qui constitue la coupelle ^ et que l'on renouvelle à chaque opération. La voûte du four est mobile : c'est un large couvercle , en tôle boulonnée, que l'on peut enlever à l'aide d'une grue. On dispose le plomb sur la coupelle, on remet le couvercle en place, et on allume le feu. Au bout de quelque temps le four est porté à la chaleur rouge, le plomb fondu remplit la coupelle , et l'oxydation commence. Pour qu'elle soit plus active, on dirige constamment, sur la surface du bain métallique, le vent de deux soufQets. Comme la température est

élevée , l'oxyde de plumb prend l'étal liquide ; une partie s'imbibe dans ta coupelle poreuse , mais on en fait écouler - la plus grande partie par une rigole ménagée dans le massif du fourneau. L'opération continue ainsi jusqu'à ce que le plomb soit complètement oxydé ; l'argent reste au fond de la coupelle sous forme d'un disque.

L'oxyde de plomb provenant de la coupellation est vendu comme litharge {$ 583), ou transformé en plomb métallique par une nouvelle fusion au contact du charbon.

§ 664 . Au Mexique et dans l'Amérique du Sud , où le combustible est rare, on extrait l'argent de ses minerais à froid, par le procédé de V amalgamation. Les minerais consistent en argent métallique , en sulfure d'argent isolé ou combiné aux sulfures d'arsenic et d'antimoine, en chlorure d'argent, etc., etc. Le plus souvent ces minéraux sont en très-petite quantité et disséminés en particules tellement fines qu'on ne les aperçoit pas au milieu de la gangue.

Les minerais , réduits en poudre fine, sont mis en tas de 500 à 600 quintaux sur des aires dallées en pierre. Ces tas portent le nom de tourtes. On humecte la matière avec de l'eau, l'on y ajoute de 2 à 5 pour 4 00 de sel marin , puis on la fait piétiner par des chevaux ou des mulets, afin de la rendre parfaitement homogène. Après quelques jours , on ajoute do 4 à 4 } pour 4 00 de magistral. Ce magistral consiste en une pyrite cuivreuse grillée, renfermant 8 à 40 pour 400 de sulfate de cuivre, qui paraît former son principe actif. On fait piétiner de nouveau la matière pour incorporer le magistral , et l'on y verse une première portion de mercure. Lorsque celle-ci a été bien disséminée dans la masse , on prend une petite portion de la matière, et on la lave dans une sébile de bois pour séparer le mercure amalgamé. A l'aspect de ce mercure , on juge de la marche de l'opération , et l'on voit s'il convient d'ajouter de la chaux ou du magistral. Si la surface de l'amalgame est grisâtre et que le métal so réunisse facilement , l'amalgamation marche bien. Si le mercure est très-divisé, s'il présente une couleur foncée et des taches brunes à sa surface , c'est qu'il y a trop de magistral , et l'on dit que la tourte a trop chatid. Si l'opération continuait dans ces conditions, il se perdrait beaucoup de mercure; on se hâte donc d'ajouter de la chaux , qui décompose une portion du sulfate de cuivre et du chlorure de cuivre produit parla réaction. Si , au contraire , le mercure conserve sa fluidité, les réactions chimiques ne marchent pas, et la tourte a trop froid; il faut la réchauffer en ajoutant du magistral.

Après 4 5 jours environ , la première portion de mercure s'est combinée avec une qfuantité d'argent assez grande pour être transformée en amalgame pâteux ; on ajoute alors une seconde portion de mer-

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