ESSAIS DES MONNAIES D*OR
direcle, il y a des surcharges el des pertes qui s'élèvent quelquefois jusqu'à 3 millièmes.
Pour déterminer exactement la quantité d'or qui se trouve dans un alliage ternaire d'or, d'argent et de cuivre , on le coupelle à une température modérée avec une certaine quantité d'argent et de plomb. On obtient ainsi un alliage d'argent et d'or, que l'on traite par un excès d'acide azotique qui dissout l'argent et laisse l'or à l'état de pureté. Mais, pour que cette analyse donne des résultats exacts et s'exécute facilement, il faut qu'il y ait un certain rapport entre les quantités d'or et d'argent. Si l'argent est en quantité trop faible, l'acide azotique ne l'attaque pas complètement ; si , au contraire, l'argent est en quantité trop grande, l'argent et le cuivre se dissolvent entièrement, mais l'or se sépare sous forme pulvérulente , et il est difficile de le recueillir sans perte. L'expérience a montré que les conditions les plus favorables à cette analyse , appelée ordinairement le départ, consistent à amener Talliage à contenir l d'or et { d'argent. L'attaque de l'alliage est alors complète , bien que l'or séparé conserve la forme de l'alliage primitif et ne se divise pas , si Ton opère avec les soins convenables. L'opératioi) qui a pour but de produire cet alliage a reçu le nom d'in'quartation.
La proportion de plomb qu'il faut ajouter à l'alliage varie avec le titre de l'alliage.
Pour la monnaie d'or, on emploie 40 parties de plomb pour 4 partie d'alliage. •
Supposons que l'on ait à déterminer le titre d'une monnaie d'or, le titre légal de l'alliage, que l'on peut regarder comme son titre approché, est de ^Q. On opère ordinairement sur 0b%500 d'alliage Pig. jgj, contenant, d'après le titre légal, 0s%450 d'or; il faudra
P donc ajouter pour l'inquartation 4s',350 d'argent et 56' de plomb. I
Le bouton métallique provenant de la coupellation est aplati au marteau sur un tas d'acier, recuit pendant quel-
Cques instants, puis laminé entre des cylindres. La lame obtenue est roulée en spirale : on en forme une espèce de cornet que l'on soumet à l'action de l'acide azotique dans un petit matras d'essayeur (fig. 439) dans lequel on verse 80 grammes d'acide azotique à 22° Baume, que l'on fait bouillir pendant 20 minutes. On décante ensuite l'acide, et on le remplace par 30 grammes d'acide azotique plus concentré et marquant 32°. On fait bouillir encore pendant 10 minutes; après quoi, on décante l'acide et on lave, à plusieurs reprises, l'or qui a conservé la forme du cornet d'alliage. On remplit le matras complètement
d'eau, puis bouchant son ouverture avec le pouce, on le retourne; le cornet d'or tombe lentement dans la colonne liquide , sans se désagréger; on le reçoit dans un petit creuset de terre; on décante Teau et on porte le creuset au rouge dans la moufle.
Il est essentiel de ne pas attaquer immédiatement l'alliage par de Tacide trop concentré , parce que Tor pourrait se diviser. Quand Tattaque a été faite avec les soins que nous avons indiqués, Tor reste sous une forme spongieuse , brune, très-friable, qui présente à peu près le même volume que l'alliage primitif; mais il subit un retrait considérable quand on le chauffe dans le petit creuset , il acquiert de la consistance, et prend l'éclat et la couleur de l'or malléable. L'or calciné est pesé exactement, et l'on obtient ainsi le titre de l'alliage, à 4 millième près.
néteUarsIe de Vor.
$ 673. L'or se trouve presque toujours à l'état natif: quelquefois il est pur ; mais le plus souvent ^ il est Mlié avec des proportions variables d'argent.
L'or natif se trouve ordinairement dans des sables quartzeux désagrégés, qui forment souvent des alluvions très-étendues. Ces sables proviennent de la destruction de roches cristallines dont on trouve encore les analogues dans la contrée. La grande pesanteur spécifique de l'or s'est opposée à ce que ses parcelles fussent entraînées aussi loin*que les autres minéraux avec lesquels il était mélangé, et son inaltérabilité par la plupart des agents chimiques l'a conservé à l'état de paillettes métalliques. Les alluvions qui contiennent l'or sont principalement disposées dans des vallées ouvertes au milieu de montagnes primitives dans lesquelles on a trouvé quelquefois les parcelles d'or en place. Les principaux gisements de sables aurifères se trouvent au Brésil, au Mexique , au- CWli, en Afrique dans les monts Ourals et Altaï en Sibérie, enfin en Californie et en Australie, où l'on a découvert récemment des sables aurifères beaucoup plus riches que ceux Ijui étaient connus jusqu'alors. La quantité d'or que l'on en extrait annuellement s'élève à une valeur de plus de 400 millions de francs. L'or so trouve ordinairement dans les sables, sous la forme de paillettes ou de ^ains informes et arrondis. Lorsque ces grains ont un volume un peu considérable, on leur donne le nom de pépites. Il n'est pas rare de rencontrer des grains de la grosseur d'une noisette; on a trouvé quelquefois des pépites du poids de plusieurs kilogrammes. On a même trouvé dans l'Oural une pépite qui pesait 36 kilogr.
Il existe de l'or en paillettes dans les sables charriés par toutes les