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MÉTALLURGIE DE L'OR

rivières qui sprtent des terrains primitifs , ou qui roulent leurs eaux sur une grande étendue de ces terrains. En France on connaît plusieurs de ces al lu viens aurifères. On trouve de l'or dans les alluvions de l*Ariége dans les Pyrénées, du Gardon dans les Cévennes, de la Garonne, du Rhin près de Strasbourg. L'or y est en trop petite quantité pour qu'on puisse établir des exploitations régulières , mais les habitants se livrent souvent à l'extraction de l'or, quand ils n'ont pas d'autres travaux : on leur donne alors le nom d'orpailleurs. Les paillettes d'or disséminées dans les sables de rivière sont ordinairement d'une ténuité extrême : il en faut souvent plus de 20 pour faire 4 milligramme.

En Sibérie, on regarde comme non exploitables avec avantage les sables qui ne contiennent que 0,000004 d'or; les sables du Rhin ne renferment moyennement que f de cette quantité.

L'or existe aussi , combiné avec le tellure , dans certaines mines de la Transylvanie. On trouve au Brésil un alliage d'or, d'argent et de palladium, sous fprme de petits grains cristallins ; on lui donne le nom d'auro-^oudre. Enfin , il n'existe pas de pyrites, en filons dans les terrains primitifs, qui né renferment une petite quantité d'or; et souvent , cette quantité est assez considérable pour qu*on puisse l'extraire avec avantage.

Le lavage des sables aurifères se fait par les procédés les plus simples. Souvent il s'exécute dans des sébiles en bois ; d'autres fois on étend le sable sur un plancher incliné , et Ton y fait couler de l'eau. Ce plancher porte une série de petites rainures transversales dans lesquelles les paillettes d'or se rassemblent avec les minéraux les plus lourds. On met do côté ces sables enrichis , et on les traite par amalgamation.

PLATIJSE.

Équivalent = 1232,0.

§ 674. Le platine n'a été importé en Europe que vers le milieu du dernier siècle , il était connu depuis longtemps en Amérique sous le nom espagnol platina, qui signifie petit argent; mais il était sans usage parce qu'on ne savait pas le travailler. Le platine du commerce , à l'état d'objets confectionnés, est presque pur; il ne renferme ordinairement qu'un peu d'iridium qui augmente sa dureté , mais diminue sa malléabilité. Pour obtenir du platine entièrement pur, on dissout le platine du commerce dans l'eau régale ; on opère ^ i

512 PLATISB.

onlioairement daoj lei luboratuires sur desobjeUde pluline ban de service, par exemple sur de vieux crouâels. On BllVe la dissolj- \ioa et OD y ver^e du chlorure de potassium , qui donne un abondant précipité cristallin jaune de chlorure double de platine et do potassium, très-peu soluble dans l'ean, mais ordinairement mË16 d'une petite quantité de chlorure double d'iridium et de potassium. On mélange le précipité avec du carbonate de potasse, et od le chauffe an rouge dans un creuset de terre. Le chlorure de platine abandonne son chlore au potassium du carbonate do potasse, le platine reste isoléj II se dégage de l'oxygène et de l'acide carbonique. Le chlorure double d'iridium est également décomposé, mais l'iridium reste â l'état d'oxyde. On traite la masse calcinée par de Fig. 1*0. l'eau chaude qui dissout les sels alcalins; puis on at- ' taque le résidu par de l'eau r^ale affaiblie qui ne

dissout que le platine et laisse l'oxyde d'iridium. On verse du sel ammoniac dans la dissolution de chlorure de platine; il se forme un précipité cristallin jaune de chlorure double do platine et d'ammoniaque rtCl'-f AiHMlCI, que l'on calcine au rouge après l'avoir bien lavé; il reste une masse spongieuse de platine, que l'on appelle éponge oa mousse de platine. Pour amener l'éponge de platine à l'état de platine malléable , on l'introduit dans un cylindre en laiton efgh (fig. HO ) I s'adapîant par le bas dans une capsule d'acier abal. Un piston d'acier ik s'engage dans le cylindre. Lorsque le cylindre est à moitié rempli d'épongé de platine, on introduit le piston et on Trappe dessus i coups de marteau, d'abord faiblement, puis plus fort. L'éponge de platine se réduit ï un volume beaucoup plus petit, et, au bout de t ■ quelque lemps, on retire du cylindre un disque de

, métal assez fortement agrégé. On chauffe ce disque au blanc dans une moufle , et on le frappe a coups de marteau sur une enclume. En répétant ces opérations plusieurs fois , on obtient une plaque de

Platineparfaitement malléable, et que l'on peut réduire en lameà aide du laminoir.

g 67S. Le platire résiste sans se fondre aux plus hautes tempéraluresdu feu de forge; mais il fond au chalumeau à gaz oxygène et hydrogène , ou entre les charbons qui terminent les conducteurs d'une forte pile; on peut ainsi fondre en quelques instants des petites masses de platine pesant plusieurs grammes. Le platines jouit de la propriété de se laisser foirer et souder sur lui-même i

la chaleur blanche; nous venons de voir comment on utilisait celle propriété pour transformer l'éponge de platine en platine malléable.

Le platine a une couleur d'un blanc gris, il peut prendre un grand éclat. Il jouit d'une grande malléabilité lorsqu'il est pur, mais il suffit de la présence d'une Irès-petite quantité de matière étrangère pour altérer profondément cette propriété. La ténacité du platine pur no le cède guère à celle du fer, mais le platine du commerce , qui ren- * ferme toujours de petites quantités d'iridium , présente une ténacité beaucoup moindre, car un fil de 2 millimètres de diamètre se rompt souvent sous une charge de 425 kilogrammes. La densité du platine martelé ou laminé est de '24 ,5.

Le plaline ne s'oxyde à l'air à aucune température. Il n'est attaqué que par un petit nombre d'acides. L'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique concentré sont sans action sur lui. L'acide azotique ne l'attaque pas non plus ; cependant cet acide peut dissoudre ce métal , lorsque celui-ci est allié à une quantité suffisante d'ar> gent. L'eau régale est le véritable dissolvant du platine.

Le platine est attaqué à la chaleur rouge par la potasse, la soude et surtout la lithine ; il n'est pas altéré par les carbonates alcalins. Un mélange d'azotate de potasse et de potasse l'attaque beaucoup plus facilement que la potasse pure. Le platine laminé n'est attaqué qu'à la longue, par le soufre, le phosphore et l'arsenic; mais l'éponge de platine se combine assez facilement avec ces métalloïdes, et il en résulte des combinaisons fusibles et très-cassantes. Un mélange de silice et de charbon attaque le platine; c'est la cause la plus ordinaire de destruction des creusets de platine qu'on chauffe fréquemment dans des feux de charbon. La surface des creusets devient rugueuse, et le mét^l cassant. Pour conserver longtemps les creusets de platine, il faut éviter de les chauffer au contact du charbon ; on les place dans des creusets de terre au fond desquels on met un peu de chaux vive ou de magnésie.

§ 676. Le platine métallique peut aussi être obtenu sous forme de précipité chimique très- divisé, qu'on appelle noir c/e p^a^ttie ; il jouit alors de propriétés remarquables sur lesquelles nous devons insister. On obtient le noir de platine en réduisant le platine en dissolution par une matière organique facilement combustible. Ordinairement on f9it bouillir une dissolution de chlorure de platine PtCl* avec du carbonate de soude et du sucre; il se forme du chlorure de sodium, le platine se précipite à l'état métallique, et l'oxygène abandonné par la soude décompose une partie du sucre qu'il transforme en eau et en acide carbonique. 11 faut avoir soin d'agiter

fréquemment le ballon dans lequel se fait Topération , pour que le platine précipité ne s'attache pas aux parois. On recueille le précipité sur un filtre, et on le sèche entre plusieurs doubles de papier Joseph. On prépare également le noir de platine en dissolvant du protochlorure de platine , PtCI , dans une dissolution concentrée de potasse, faisant bouillir la liqueur, puis y projetant peu à peu de Talcool. Il se fait une effervescence très-vive d'acide carbonique, et le platine se précipite. Enfin , on prépare quelquefois le noir de platine, en décomposant à chaud le sulfate de platine par l'alcool.

Le platine métallique très-divisé jouit de la propriété de condenser les gaz en très-grandes quantités. Ainsi, le noir de platine qui a séjourné dans une atmosphère de gaz oxygène, a condensé plusieurs centaines de fois son volume de ce gaz, et produit des phénomènes de combustion très-intenses. Si l'on projette, par exemple, une goutte d'alcool absolu sur du noir de platine ainsi chargé d'oxygène, il y a inflammation, et toute la matière devient incandescente. Si l'on place une capsule renfermant du noir de platine sous une cloche remplie d'air, et dont les parois sont mouillées d'alcool , les vapeurs d'alcool subissent une oxydation lente qui les Jtransforme en acide acétique. Les noirs de platine, préparés par les divers procédés que nous venons d'indiquer, ne présentent pas tous cette propriété au même degré ; celui que l'on obtient en décomposant le sulfate de platine par l'alcool est le plus actif.

Cette propriété du noir de platine se retrouve encore , quoique à un degré moindre , dans l'éponge de platine , et même dans le platine laminé. Ainsi, nous avons vu (§74) que, si Ton projette un fragment d'épongé de platine dans une cloche renfermant un mélange détonant d'oxygène et d'hydrogène, l'explosion a lieu immédiatement; de même, si l'on projette un courant de gaz hydrogène sur de l'éponge de platine plongée dans Tair, le jet d'hydrogène prend feu. On a même construit d'après ce principe des briquets à gaz hydrogène.

Le platine laminé ne présente pas ces propriétés à la température pj ^ ordinaire, mais il les manifeste lorsqu'il est chauffé

' à 200*^ environ. Si l'on place, au-dessus de la mèche

I d'une lampe à alcool , une spirale en forme de pla-

' tine (fig. 444), qu'on allume cette lampe de fa-

çon à chauffer la spirale au rouge , qu'on éteigne la flamme en soufflant vivement dessus, en évitant toutefois de diriger le courant d'air sur la spirale qui serait alors trop fortement refroidie, celle-ci reste indéfiniment incandesc43nte. La vapeur d'alcool qui se dégage

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