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OXYDES DE PLATINE

de la mèche brûle alors au contact de la spirale de platine , et développe assez de chaleur pour en maintenir l'incandescence. Cette expérience réussit mieux en ajoutant à l'alcool un peu d'éther ; on . fui donne le nom d'expérience de la lampe sans

LJ^^^^ /^^^^^ ^^ Davy. De même , si l'on verse un peu

d'éther au fond d'un verre à pied (fîg. 442) et qu'on y plonge une spirale de fil de platine , préalablenlent chauffée au rouge , et attachée à un couvercle en carton qui bouche incomplètement, l'orifice du verre , cette- spirale reste incandescente pendant très-longtemps. Les vapeurs d'alcool et d'éther n'éprouvent , dans ces expériences , qu'une combustion incomplète ; il se forme des substances volatiles, d'une odeur acide et suffocante , qui sont dues à cette combustion incomplète.

Le deutoxyde d'azote et l'ammoniaque, mêlés à du gaz oxygène^ se changent, au contact de la mousse de platine, en acide azotique. Les combinaisons de l'azote et de l'oxygène se changent, au contraire , en ammoniaque , au contact de Téponge de platine dans une atmosphère d'hydrogène. Pour que ces expériences réussissent, il est convenable de chauffer la mousse de platine à une température de 450 à 200**, dans un tube de verre que l'on fait traverser par le mélange gazeux.

L'éponge de platine perd cette propriété au bout de quelque temps; mais, pour la lui rendre, il suffît de la chauffer pendant quelques instants avec de l'acide azotique; et de la calciner ensuite au rouge sombre. Le noir de platine cesse également d'être actif après quelque temps ; on lui rend ce caractère en le faisant chauffer avec de l'acide azotique , le lavant avec de l'eau , et le séchant à une douce chaleur.

CombliiAUioiiM du platine avee l'oxygène.

§ 677. Le platine ne se combine directement avec l'oxygène qu'à la chaleur rouge , et sous l'influence des alcalis caustiques. On connaît deux oxydes de platine :

Le protoxyde , PtO , Etlebioxyde,PtO«.

Ces deux oxydes sont des bases faibles ; chacun d'eux formé une série de sels avec les acides énergiques. Ils se décomposent facilement par la chaleur et laissent du platine métallique. On prépare le protoxyde de platine, PtO , en décomposant le pro-

tochlorure de platine , PlGl, par une dissolution de potasse caustique. 11 reste une poudre noire, qui est de l'hydrate de protoxyde de platine. Cet hydrate se dissout dans une dissolution concentrée de potasse , qu'il colore en brun. Chauffé, il abandonne d'abord -de l'eau , puis son oxygène. L'hydrate de protoxyde de platine se dissout dans les acides et donne des dissolutions d'un brun foucé , qui ne sont pas précipitées par le sel ammoniac.

On obtient le bioxyde de platine , PtO*, en ajoutant à de l'azotate de platine la moitié de la potasse qui serait nécessaire pour décomposer ce sel d'une manière complète ; il se forme un précipité brun volumineux, qui est de l'hydrate de bioxyde de platine PtO*-|-2HO. Si l'on ajoutait une plus grande quantité d alcali , le précipité renfermerait de la potasse en combinaison. L'hydrate perd son eau à une température modérée et devient noir. Chauffe davantage , il abandonne son oxygène. L'hydrate de bioxyde de platine se dissout dans les acides, et donne des dissolutions d'un jaune orangé ; l'oxyde calciné ne se dissout pas. L'hydrate se dissout aussi trèsfacilement dans une dissolution concentrée de potasse caustique ; la liqueur, évaporée, laisse déposer des cristaux de platinate de potasse.

SeU forméii par le pfoi^xyde de platine.

§ 678. Ces sels présentent peu d'intérêt et ont été très peu étudiés jusqu'ici. Ils forment des dissolutions brunes qui^ne cristallisent pas. La potasse ne les précipite pas quand leurs dissolutions sont suffisamment étendues. Les carbonates alcalins donnent un précipité brun qui reste en suspension dans la liqueur. L'hydrogène sulfuré, et les sulfhydrates , les précipitent en noir.

On n'a obtenu jusqu'ici , à l'état cristallisé , que Voxalate de protoxyde de plutine. Pour le préparer, on fait chauffer de l'hydrate de bioxyde de platine avec une dissolution d'acide oxalique ; le bioxyde est ramené à l'état de protoxyde qui se dissout dans l'excès d'acide oxalique, et il se dégage de l'acide carbonique. La liqueur, évaporée , laisse déposer de Toxalate de protoxyde de platine en petites aiguilles d'un ronge cuivreux.

0el0 formés par le bioxyde de platine.

§ 679. Les sels de bioxyde de platine sont d'un jaune orangé. La potasse caustique les précipite en brun ; le précipité est du platinate (le potasse qui se dissout dans un excès de potasse caustique. L'hydrogène sulfuré et les sulfhydrates alcalins donnent des précipités noirs qui se dissolvent dans un grand excès de suif hydrate. Tous ces

CBLORURES DE PLATINE. Ô17

sels se décomposent par la chaleur et laissent du platine métallique. Le fer et le zinc décomposent leurs dissolutions et en précipitent du platine métallique sous forme d'une poudre noire. Le chlorure de potassium et le chlorhydrate d'ammoniaque donnent, dans les dissolutions des sels de bioxyde de platine , des précipités cristallins jaunes qui sont des chlorures doubles PtCl*+KCl, PtCl»+AzH».HCl. Ces chlorures doubles sont très-peu solubles dans Tenu , et à peu près insolubles lorsqu'on ajoute à l'eau une certaine quantité d'alcool. Le chlorure double ammoniacal donne, par la calcination, de l'éponge de platine. Le chlorure double de platine et de potassium se décompose par la chaleur en platine métallique et chlorure de potassium ; fe matière, traitée par l'eau, laisse du platine pur.

Le bichlorure de platine est la dissolution de platine exclusivement employée dans les laboratoires. Cette dissolution présente quelques réactions particulières qu'il convient d'indiquer ici. La potasse et Tammoniaque, leurs carbonates, et en général tous les sels de potasse et d'ammoniaque, précipitent le platine à l'état de chlorures doubles ; tandis que la soude et les sels de soude ne forment pas de précipités.

Combinaisons da platine avee le chlore*

§ 680. On connaît deux combinaisons du platine avec le chlore; elles correspondent aux deux oxydes. On obtient le protochlorure, PtCl, en chauffant le bichlorure de platine desséché, PtCl*, dans un bain d'huile que l'on porte lentement jusqu'à 200*, et qu'on maintient à cette température tant qu'il se dégage du chlore. Le bichlorure abandonne ainsi la moitié de son chlore et se transforme en une poudre vert foncé, qui est du protochlorure de platine. On obtient également le protochlorure de platine sous forme d'un précipité gris verdâtre, en faisant passer un courant de gaz acide sulfureux à travers une dissolution de bichlorure de platine ne renfermant pas un excès d'acide ; il se forme en même temps des acides sulfurique et chlorhydrique. Le protochlorure de platine est insoluble dans l'eau , mais il se dissout dans l'acide chlorhydrique. Si l'on ajoute à cette dissolution du sel ammoniac ou du chlorure de potassium; il ne se forme pas de précipité; mais, en évaporant la liqueur, on obtient de beaux cristaux de chlorures doubles, dont les formules sont PtCl+KCl et PtCl-fAzH'.HCL

Le bichlorure de platine se préparé en dissolvant le platine dans l'eau régale : on évapore la liqueur à une chaleur modérée pour chasser Texcès d'acide, et l'on reprend par l'eau. La dissolution du bichlorure de platine est d'un jaune légèrement brun ; elle est plus

foncée quand olle renferme un peu de protochlorure de platine. Le bichlorure de platine ne cristallise pas ; il reste, après Tévaporation, sous forme d'une masse brune déliquescente ; il se dissout facilement dans l'alcool. Le bichlorure de platine se combine avec un grand nombre de chlorures métalliques. Le chlorure double de platine et de potassium, et le chlorure double de platine et d'ammoniaque présentent un intérêt tout particulier dans les analyses chimiques , parce qu'ils sont très-peu solubles dans Teau et insolubles dans l'alcool. Si l'on dissout ces chlorures doubles dans une grande quantité d'eau chaude , et qu'on abandonne la liqueur à l'évaporation spontanée, les chlorures doubles cristallisent en octaèdres réguliers , très-nets, et d'un jaune orangé. L«urs formules sont PtCl"-|-KCl et PtCl"+AzH*.HCl. Le chlorure de sodium forme avec le chlorure de platine un chlorure double analogue ; mais ce composé est très-soluble dans Veau et même dans l'alcool. Sa dissolution évaporée donne de beaux cristaux jaunes qui ont pour formule PtCl"-fNaCl-f6H0.

Extraction da platine.

g 681 . Le platine se trouve à l'état natif dans les sables d'alluvion, semblables à ceux dans lesquels on trouve l'or ; les principaux gisements de platine existent en Colombie', dans le Brésil et dans les monts Ourals en Sibérie. Le platine est disséminé en petits grains au milieu de ces sables ; on en a cependant trouvé des pépites qui pesaient jusqu'à 40 kilogrammes. Les sables platinifères sont soumis 'k des lavages qui donnent en dernier résultat un sable riche en platine, mais d'une composition très-complexe. Ce sable renferme, en effet, outre le platine, les métaux qui accompagnent constamment ce corps, savoir l'osmium, l'iridium, le palladium, le rhodium , le ruthénium ; et , de plus , de l'or , de l'argent , du fer et du cuivre; enfin beaucoup de minéraux lourds, tels que le fer oxydé magnétique, les fers titanes, le fer chromé, les pyrites, etc.

Lorsque le sable platinifère contient une quantité un peu notable d'or, on extrait préalablement ce métal par l'amalgamation. Le minerai , purifié aussi complètement que possible par les moyens mécaniques, est attaqué, dans les ballons en verre, chauffés au bain de sable , par de Teau régale renfermant un excès d'acide chlorhydrique ; mais on ajoute un peu d'eau, afin qu'il se dissolve le moins possible d'iridium, qui rend le platine cassant. On renouvelle plusieurs fois l'eau régale jusqu'à ce que le platine se soit complètement dissous. On décante la dissolution de platine après qu'elle s'est éclaircic par le repos, et l'on y verse une dissolution concen-

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