‹ Premiers éléments de chimieChapitre 124 sur 126 · LOI DBS CHALEURS SPÉCIFIQUES · texte numérisé non relu

LOI DBS CHALEURS SPÉCIFIQUES

d'argent doit avoir le. même mode de constitution que le sulfure de cuivre Cu*S, et que la formule du sulfure d'argent doit s'écrire Ag*S. Mais , si la formule du sulfure d'argent est Ag'S , celle de l'oxyde d'argent doit être Ag*0.

Maintenant, l'observation démontre que le sulfate d'argent est isomorphe avec le sulfate de soude anhydre. Pour satisfaire à la loi de risomorphisme , il faudra donc écrire la formule du sulfate de soude Na'O.SO», si l'on écrit celle du sulfate d'argent Ag*O.SO». Mais, les composés du potassium sont isomorphes avec ceux du sodium ; on ne peut donc pas écrire leurs formules de deux manières différentes ; la formule de la potasse doit donc être écrite R^O.

§ 720. D'après la loi des chaleurs spécifiques, l'équivalent de l'hydrogène doit être 6,25 au lieu de 42,50 que nous avons adopté d'après les seules considérations chimiques ; l'équivalent de Tazote doit être 87,5, au lieu de 475,0 ; l'équivalent du chlore 224,6 au lieu de 443,2 ; celui du brome 489,45 au lieu de 978,3 ; enfin celui de l'iode doit être 789,4 au lieu de 4578,2. Les équivalents de ces corps à l'état gazeux, au lieu d'être représentés par 2 vulumes, le seront par 4 volume. Les formules de l'eau et du bioxyde d'hydrogène s'écriront H'O et H»0*, au lieu de HO et H0« ; celles des acides chlorhydrique , brômhydrique , iodhydrique et sulfhydrique , etc. , etc., s'écriront H«Cl*, H«Br*, H'Io*, H«S, etc., au lieu do HCl, HBr, HIo, HS, etc., etc.

* § 724 . Il est d'ailleurs facile de se convaincre que ces nouveaux nombres proportionnels y déduits de la loi des chaleurs spécifiques et de celle de Visomorphisme , satisfont à toutes les lois des combinaisons qui nous ont conduits à la considération des équivalents chimiqueSy et que rien ne s* oppose à ce que nous les adoptions à la place de ceux que nous avons d abord choisis. On reconnaîtra, en effet, avec un peu d'attention, que les considérations développées (% 687 et suivants) élablisâent, seulement, une série de coriditions auxquelles les équivalents chimiques doivent satisfaire, et qu'il existe, le plus souvent, plusieurs nombres, toujours multiples très-simples les uns des autres, qui satisfont également bien à ces conditions. La loi des chaleurs spécifiques et celle de l'isomorphisme déterminent le choix entre ces nombres également possibles. Seulement les nombres, ainsi fixés, ne peuvent être appelés équivalents dans le sens précis que les chimistes ont attaché à ce mot ; nous les appellerons nombres proportionnels thermiques.

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THÉORIE ATOlillQUB.

$ 7112. Les équivalents chimiques expriment les rapports numériques des quantités pondérales suivant lesquelles les corps se combinent. La théorie.des équivalents sera toujours exacte , quelle que soit Tidée que Ton adopte sur la constitution moléculaire des corps , parce qu'elle est l'expression immédiate des faits constatés par H^expérience, Mais les chinitistes ont voulu aller plus loin ; ils ont cherché à remonter à la cause première de ces relations numériques, et à les exprimer sous une forme matérielle. C'est ce qui a donné naissance à la théorie atomique.

Dans cette théorie, oïl admet que les molécules, ou atomes, des corps simples se combinent suivant des rapports très-simples, ainsi, 4 atome d'un corps simple A se combine à 4 , 2, 3, 4, 5, 7... atomes d'un corps simple B ; ou 2 atomes de  se combinent à 3, à 5, à 7 atomes de 6. On explique ainsi la loi des proportions multiples. Dans les composés que Ton regarde comme formés de 4 atome de A et de 4 atome de fi, il est clair que les rapports pondéraux des deux corps simples sont ceux des poids de leurs atomes ; en d'autres termes, ce sont les rapports de leurs poids atomiques.

Les chimistes ont admis une autre hypothèse , mais celle-ci est en opposition avec les faits aujourd'hui connus ; c'est que les gaz simples renferment , sous volume égal , et dans les mêmes circonstances de température et de pression Je même nombre d* atomes. Ainsi , si 4 volume d'oxygène se combine avec 2 volumes d'hydrogène , cela tient à ce que 4 atome d'oxygène se combine avec 2 atomes d'hydrogène pour former de l'eau , qui , dans la théorie atomique , doit nécessairement prendre la notation H*0. 2 volumes d'azote se combinant avec 4 , 2 , 3 , i ,' 5 volumes d'oxygène , on dit que 2 atomes d'azote se combinent à 4 , 2, 3, 4, 5 atomes d'oxygène pour donner des composés qui se formuleront Az*0 , Az'O* , Az*0* , Az'O* et Az*0*. 4 volume de chlore se combine avec 4 volume d'hydrogène pour former l'acide chlorhydrique; mais, pour satisfaire aux relations numériques des équivalents, on dira que 2 volumes de chlore se combinent à 2 volumes d'hydrogène , ou que

2 atomes de chlore se combinent avec 2 atomes d'hydrogène pour former 4 atome d'acide chlorhydrique H*Cl*. On dira, de même, que

3 volumes d'azote se combinent avec 6 volumes d'hydrogène , ou que 2 atomes d'azote se combinent avec 6 atomes d'hydrogène pour former 4 atome d'ammoniaque Az*H*.

Pour les combinaisons du soufre avec l'iiydiogène et avec l'oxy-

THÉORIB ATOMIQUE. 549

gène y si l'on voulait rester fidèle à Thypothèse que tous les gaz simples renferment, sous un égal volume, le même nombre d'atomes , on serait obligé de dire que 4 volume de vapeur de soufre se combine avec 6 volumes d'hydrogène et avec 6 volumes d'oxygène, pour former les acides sulfhydrique et sulfureux ; ou , que 4 atome de soufre se combine avec 6 atomes d'hydrogène et avec 6 atomes d'oxygène, pour former des composés, qui se formuleront alors SH* et SO* ; mais les chimistes qui adoptent la théorie atomique n'ont pu se décider à admettre ces dernières formules qui ne satisfont pas aux lois de Tisomorphisme ; et , renonçant , pour ce cas, à une de leurs hypothèses fondamentales, ils les écrivent H'S et SO*.

§ 723. En résumé, la théorie atomique repose sur des hypothèses gratuites ; elle ne renferme d'exact que ce qu'elle emprunte à la théorie des équivalents , sans présenter d'avantage sur cette dernière. Pour la faire accorder , à la fois , avec les équivalents chimiques et avec les lois de l'isomorphisme , il faudrait renoncer aux principes sur lesquels on l'a basée d'abord , et admettre pour les poids atomiques les nombres proportionnels thermiques que nous avoils définis (§ 734). Nous avons adopté, dans cet ouvrage, la notation des équivalents chimiques parce qu'elle est aujourd'hui le plus généralement adoptée, et qu'elle est l'expression directe des faits. Mais, eu adoptant celle des nombres proportionnels thermiques , on aurait l'avantage , non-seulement de satisfaire aux relations numériques établies par l'analyse , sans introduire aucune hypothèse, mais encore de représenter par des formules semblables les composés auxquels les lois de l'isomorphisme assignent des constitutions semblables.

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