ACTION DES BASES
§ 336. Souvent, la décomposition est déterminée par Vinsolubilité de la base qui existe dans le sa/. Ainsi , ta potasse décompose Pazotate de plomb, et il se précipite de Toxyde de plomb hydraté. Il en est de même pour tous les sels formés par les oiydes métalliques insolubles. II convient, néanmoins, dans ce cas, d'attribuer en partie la décomposition à TafBnité prépondérante de la potasse pour Tacide ; car la potasse est une base beaucoup plus puissante que ces oxydes métalliques.
§ 327. Quelquefois , un oxyde métallique insoluble décompose Un sel formé par une base également insoluble. Ainsi, l'oxyde d'argent décompose l'azotate de cuivre en dissolution, et précipite l'oxyde de cuivre. La décomposition n*est déterminée dans ce cas , que par Taffînité prépondérante de l'oxyde d'argent pour l'acide azo* tique.
g 328. Lorsque la base du sel est volatile , elle est ordinairement expulsée par une base plus fixe, surtout sous l'influence de la chaleur. Ainsi, la chaux chasse facilement l'ammoniaque de ses combinaisons. La même décomposition est produite, sous l'influence delà chaleur , par des oxydes métalliques insolubles , dont les sels sont ^ au contraire, décomposés par l'ammoniaque, quand ils sont en dissolution. Ainsi , l'oxyde de plomb , chauffé à sec avec du chlorhydrate d'ammoniaque, dégage l'ammoniaque^ et il se forme du chlorure de plomb. L'ammoniaque décompose, au contraire, le chlorure de plomb en dissolution, et précipite de l'oxyde de plomb.
Aetlon réciproque des sel* le« niui «ur les »atr»i, ei des eomposén binaire* entre eux el «nr les «els.
§ 3*29. Lorsqu'on môle deux sels ensemble , il peut se présenter plusieurs cas :
Quelquefois , les deux sels se combinent ensemble, et forment un sel double^ Le sulfate d'alumine se combine avec le sulfate de potasse, et il se forme un sel double auquel on donne le nom d'alun. Le chlorure de potassium se combine avec le perchlorure de platine, et donne un chlorure double de platine et de potassium.
D'autres fois, il n'y a pas d'action apparente des deux sels l'un sur l'autre , et l'évaporation reproduit les deux sels que Ton a mélangés.
Mais, souvent aussi, il y a décomposition mutuelle des deux sels, et cette décomposition est déterminée par certaines circonstances générales'*, qu'il convient d'analyser avec soin, car elles permettent,
* Les lois qui président à la double décomposition des sels et aux réactions des acides et des bases sur les sels, sont ap{)elées lois de Berthollet.
le plus souvent , de prévoir a priori les Téaclions qui auront lieu. Nous distinguerons le cas où Ton chauffe les deux sels mélangés ft ensemble, sans le contact de Feau , ou par voie sèche , et celui où l'on met en présence les deux sels dissous dans l'eau , c'est-à-dire où on les fait réagir par voie humide.
Action matuelle des sels par voie sèche.
$ 330. Lorsqu'on chauffe ensemble deux sels formés par le môme acide, mais de bases différentes, il arrive souvent que les deux sels se combinent en proportions définies « et qu'ils donnent des sels doubles qui cristallisent pendant le refroidissement. C'est de cette manière que l'on peut former un grand nombre de silicates doubles qui, par leur belle cristallisation, présentent les caractères de combinaisons définies. On peut, de .la même manière, obtenir, par voie sèche des chlorures doubles et plusieurs autres sels doubles ; mais il arrive souvent que les combinaisons des deux sels se défont, quand on cherche à dissoudre la matière dans l'eau ; les deux sels primitifs cristallisent alors isolément.
§ 331 . Lorsqu'on chauffe ensemble deux sels formés par des acides el des bases différentes j et que, par l'échange mutuel des acides et des bases, il peut se former un nouveau sel plus volatil qu0 les deux premiers , cette circonstance détermine ordinairement sa formation.
Si Ton chauffe du chlorhydrate d'ammoniaque avec du carbonate de chaux, il se forme du chlorure de calcium et du carbonate d'ammoniaque, lequel est beaucoup plus volatil qu'aucun des sels mélangés. Par Ja même raison, du sulfate d'ammoniaque, chauffé avec du chlorure de calcium, donne du chlorhydrate d'ammoniaque qui se volatilise , et du sulfate de chaux qui reste. Il arrive trèssouvent que les réactions qui se produisent ainsi , par voie sèche, entre deux sejs , sont précisément inverses de celles qui ont lieu éa»s;xiiie dissolution aqueuse. Ainsi, nous venons devoir, qu'en . chauffant un mélange de chlorhydrate d'ammoniaque et de carbonate de chaux, il se forme du carbonate d'ammoniaque et du chloriii^de calcium. Si, au contraire, on verse du carbonate d'ammo- . nii^fue dans une dissolution de chlorure de calcium, il se forme dn carbonate de chaux qui se précipite et du chlorhydrate d'anunoniaque qui reste dans la liqueur. Dans le premier cas , la réaction est déterminée par la volatilité du carbonate d'ammoniaque ; dans le second par l'insolubilité du carbonate de chaux.