HYDRATE DE POTASSE
l'on verse dans une petite cloche; on attend quelques instants pour que les matières en suspension se déposent, puis on verse une portion de la liqueur claire dans un verre à pied , et l'on ajoute un excès d'acide chlorhydrique. Si tout le carbonate de potasse a élé transformé en hydrate de potasse, il ne doit pas se produire d'effervescence. S'il se manifeste, au contraire, une effervescence assez vive, il faut continuer l'ébullition pendant quelque temps, en ajoutant, si cela est nécessaire, de petites quantités de chaux , jusqu'à ce que l'on n'obtienne plus d'effervescence dans un nouvel essai exécuté de la même manière. On enlève alors la chaudière du feu, on laisse la liqueur seclariûer par le repos, en maintenant la chaudière fermée, pour éviter que la potasse n'absorbe l'acide carbonique de l'air. Si l'on veut conserver la potasse à l'état de dissolution , en décante la liqueur avec un siphon, et on la recueille dans un flacon de verre, que l'on peut fermer par un bouchon à Témeri.
Si l'on veut , au contraire , obtenir la potasse soUde, on évapore rapidement la dissolution dans une bassine en cuivre, ou mieux, en argent. Il est convenable de pousser l'ébullition très-vivement, afin que la vapeur, en se dégageant incessamment, isole la potasse du contact de l'air, auquel elle enlèverait de l'acide carbonique. A la fin, on pousse la chaleur jusqu'au rouge sombre; l'hydrate de |)0tasse KO.HO, qui reste seul alors, fond en un liquide d'une coi|ii^* tance huileuse. S'il s'est formé un peu de carbonate de potasse pm^ dant révaporation, ce carbonate, qui ne fond qu'à une tempérafilrl* beaucoup plus élevée nage à la surface de l'hydrate, et forme nmj; écume que l'on peut enlever avec une écumoire. On verse ensuite l'hydrate fondu sur une plaque de cuivre, où il se fige immédiate- | ment. On concasse tapotasse en fragments, et on la renferme dans des flacons bien bouchés.
L'hydrate de potasse, ainsi préparé , s'appelle dans le commerce potasse à la chaux. Lorsqu'on a employé du carbonate de potasse purifié, et que Topéralion a été exécutée avec tes soins convenables, l'hydrate de potasse est presque pur. Mais il en est rarement ainsi de la potasse à la chaux que l'on achète dans le commerce. Le car* bonate de potasse qui a servi à sa préparation, renferme ordinairement des sulfate et silicate de potasse, d,u chlorure de potassium; de plus, la décomposition du carbonate a été rarement complète.
^ 375. Pour purifier la potasse à la chaux, on la chauffe modérément avec de l'alcool très-concentré ; la potasse caustique se dissout dans l'alcool, et il se forme au fond du flacon un dépôt cristallin, principalement composé de sulfate de potasse et de chlorure de potassium.. Une liqueur sirupeuse se trouve au-dessus du dépôt; elle
est formée, en grande partie, par du carbonate do potasse qui s est dissous dans l'eau enlevée à l 'alcool. On décante la liqueur alcoolique avec un siphon, on sépare, par distillation, environ | de l'alcool, qui est de l'alcool absolu , puis on verse la liqueur , restée dans la cornue, dans une capsule d'argent où l'on achève de l'évaporer rapidement. A la fin on chauffe au rouge sombre, pour fondre l'hydrate dépotasse, que l'on coule, ensuite, sur une plaque d'argent. La diàsolution alcoolique se colore ordinairement en brun, pendant l'évaporalion. Cette coloration tient à une altération d'une petite portion d'alcool, sous l'influence de l'oxygène de l'air et de la potasse; il en résulte un acide organique brun, qui reste en combinaison avec la potasse. Mais, au moment où la potassefond, la matière se décolore complètement; l'acide organique se détruit, et donne de l'acide carbonique qui reste combiné avec de la potasse.
La potasse, ainsi purifiée, porte le nom de potasse à l'alcool ;^\& renferme toujours une certaine quantité de carbonate, mais elle est complètement débarrassée de chlorures et de sulfates. Si l'on vent avoir cette potasse absolument privée d'acide carbonique, il suffit de la redissoudre de nouveau dans l'eau, et de la faire bouillir avec une petite quantité de lait de chaux. On la laisse ensuite refroidir, et on la conserve avec la chaux dans un flacon bien bouché. La liqueur renferme alors un peu de chaux en dissolution ; mais on peut la précipiter, en y versant, après l'avoir décantée, quelques gouttes de carbonate de potasse.
§ 376. La décomposition du carbonate dépotasse parla chaux ne se fait facilement que lorsque la liqueur est étendue; on obtient nécessairement alors une dissolution de potasse très-faible, et il faut évaporer beaucoup d'eau pour obtenir la potasse solide. Si le carbonate de potasse est dissous dans une petite quantité d'eau, on ne parvient pas à le ramener à l'état caustique, même par une ébullition prolongée avec un grand excès de chaux. 11 y a plus, lorsqu'on fait bouillir unedissolution très-concentrée de potasse caustiqueavec du carbonate de chaux, la potasse enlève presque complètement l'acide carbonique à la chaux. On conçoit donc , qu'avec une dissolution de carbonate de potasse d'une certaine concentration, la décomposition du carbonate de potasse par la chaux doive s'arrêtera une certaine limite, que l'on ne parvient pas à franchir, en prolongeant l'opération. On peut même retourner en arrière , c'est-à-dire reformer une nouvelle quantité de carbonate de potasse, si la liqueur se concentre trop par l'ébullition .
La potasse caustique (potasse hydratée] se \)résente sous la forme de masses blanches opaques , à cassure cristalHne. Sa densité est