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AZOTATE DE POTASSE

§ 384. Les lessives des matières salpétrées contiennent de Tazotate de potasse , mais, surtout , des'azotates de cbaux et de magné* sie, et de plus , des chlorures de sodium et de calcium ; il faut transformer tous les azotates en azotate de potasse. A cet effets on ajoute ailx lessives une quantité convenable de carbonate ou de sulfate de potasse; il se dépose du carbonate ou du sulfate de chaux , et, lorsque les liqueurs se sont éclaircies , on les décante dans les chaudières à évaporation. D'autres fois, on filtre les lessives sur une couche de cendres, qui fournit, à la fois, du carbonate et du sulfate de potasse pour décomposer les azotates de chaux et de magnésie; les liqueurs passent immédiatement très-claires, et peuvent être évaporées.

§ 385. Le salpêtre brut renferme des matières étrangères , principalement du chlorure de sodium. Pour les séparer , on se fonde sur celte propriété de l'azotate de potasse d'être beaucoup plus soluble à chaud qu'à froid, tandis que le chlorure de sodium jouit à peu près de la même solubilité à toutes les températures. 400 parties d'eau dissolvent 22 parties de salpêtre à 40^, et plus de 250 parties à 100®; tandis que la même quantité d'eau dissout 36 parties de chlorure de sodium à toutes les températures. Ainsi , à froid , le salpêtre est moins soluble que le chlorure de sodium , tandis que , à chaud, il est beaucoup plus soluble que ce dernier corps. On traite donc le salpêtre brut parla quantité d'eau bouillante seulement nécessaire pour dissoudre la totalité de l'azotate de potasse; la plus grande partie du chlorure de sodium reste sans se dissoudre. On décante la dissolution , on y ajoute une quantité d'eau égale à celle qui a opéré la dissolution du salpêtre , on la fait bouillir pendant quelques instants avec du blanc d'oeuf pour clarifier la liqueur, puis on la verse dans des cristallisoirs où on la laisse refroidir complètement. Le sel marin qui s'était dissous dans la première quantité d'eau , restera en dissolution , même après le refroidissement , car il se trouve maintenant dans une quantité d'eau double de celle •dans laquelle il s'était primitivement dissous, et sa solubilité ne diminue pas sensiblement par l'abaissement de la température. Mais le nitre cristallisera presque complètement pendant le refroidissement. On agite constamment la liqueur pour que ce sel ne se dépose qu'en petits grains cristallins, d'un lavage facile, et on le retire, à mesure, avec un râteau. Letiitre, égoutté, est placé dans de grands entonnoirs, dont le bout est bouché ; on l'arrose avec une dissolution saturée d'azotate de potasse pur qu'on laisse digérer pendant quelque temps et qu'on fait écouler ensuite. Cette dissolution d'azotate de potasse , saturée , ne peut pas dissoudre une nouvelle quan-

tilé de ce sel , mais elle dissout complètement le sel marin qui se trouve dans les eaux mères qui mouillent les cristaux de nitre.

§ ;386. La poudre à tirer est un mélange intime, et à proportions déterminées, de salpêtre, de charbon et de soufre. Ces proportions sont en France :

pour la poudre de guerre, 75 salpêtre, 12,5 charbonj 4 2,5 soufre; pour la poudre de chasse, 76,9 salpêtre, 1 3,5 charbon, 9,6 soufre; pour la poudre de mine, 62 salpêtre, 48 charbon et 20 soufre.

La force de projection de la poudre lient à ce que , au moment où elle déflagre à l'approche d'un corps enflammé, il se produit un volume très-considérable de gaz fortement échauifé , si cette déflagration a lieu dans un espace rétréci, ces gaz exercent une grande pression sur les parois de Tespace , et peuvent projeter avec force la partie de ces parois qui serait mobile.

La composition de la poudre de guerre et de chasse s'éloigne peo de celle qui correspondrait à

4 éq. azotate de potasse 74,8

4 » soufre 14,9

3 » carbone 13,3

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et l'on peut admettre que la réaction chimique qui a Heu au moment de la déflagration est représentée par l'équation suivante:

KO.AzO«+S + 3C=KS-f Az+SCO»;

les produits gazeux qui , par leur expansion subite , déterminent la force de projection sont donc de l'azote et de l'acide carbonique; le résidu solide qui reste en partie dans l'arme est du sulfure de potassium.

§ 387. La poudre doit satisfaire à plusieurs conditions, variables suivant la nature des armes auxquelles on la destine. Lorsqu'elle est trop explosible, que l'explosion de la charge est instantanée, la réaction sur les parois de l'arme est violente et brusque, et Tarme est souvent brisée ; on dit alors que la poudre est brisante. Si la poudre n'est pas suffisamment explosible , le projectile est lancé hors de l'arme avant que toute la charge soit brûlée ; une portion de la charge brûle donc en pure perte. La poudre la plus convenable pour une arm^ déterminée, est celle qui, brûlant d'une manière complète dans le temps que le projectile met à parcourir Tâme de la pièce , lui imprime , non instantanément, mais successivement,

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