SULFATE DE POTASSE
toute la force de projection dont elle est susceptible. On conçoit , d'après cela, que les qualités de la poudre doivent varier suivant la nature de Tarme dans laquelle elle doitservir. A dosage égal, on fait varier la qualité de la poudre en employant du charbon plus ou moins carbonisé, en donnant à la matière une compacité plus ou moins grande, ou en variant la grosseur des grains.
§ 388. Le salpêtre que Ton emploie à la fabrication de la poudre est le nitre raffiné, et en petits grains cristallins, dont nous avons décrit la préparation (§ 385 ). Le soufre est acheté à l'état de soufre en canons, puis réduit dans la poudrerie en poudre impalpable par la trituration. Le charbon est obtenu avec des bois légers^ en tiges de 45 à 20 millimètres de diamètre , tels que la bourdaine et le fusain. On le carbonise avec beaucoup de soin, mais en opérant la décomposition d'une manière moins complète que pour fabriquer notre charbon ordinaire. La carbonisation est moins avancée pour la poudre de chasse que pour la poudre de guerre; pour la première on retire le charbon à Tétat de charbon roux, tandis que pour la poudre de guerre, on l'amène à Tétat de charbon noir. Le charbon roux donnerait une poudre trop brisante pour les armes de guerre.
Sulfate de potasse.
% 389. La potasse et Tacide sulfurique forment deux combinaisons cjristallisables. Une dissofution de potasse ou de carbonate de potas/se saturée par l'acide sulfurique, donne, après évaporation , des mstaux anhydres de sulfate de potasse, KO.SO'. Ces cristaux se distinguent, parmi les sels solubles, par leur grande dureté ; ils (lécrépitent par l'action de la chaleur, et fondent^ à la chaleur rouge, sans se décomposer.
400 parties d'eau à 0^ dissolvent 8,5 parties de sulfate de potasse , » 400 » 25,3 B
Le sulfate de potasse ne se dissout pas dans l'alcool concentré.
Si l'on dissout le sulfate précédent c^ans un excès d'acide sulfurique, on obtient une liqueurqui donne, par l'évaporation, un autre sulfate cristallisable, appelé bisulfate de potasse , dont la formule est KO.SO-+HO.SO*. Chauffé à 200«,il fond sans se décomposer et sans abandonner d'eau. Aune plus haute température, il abandonne l'acide sulfurique monohydraté, et il reste le sulfate simple, KO.SO*. L'alcool concentré lui enlève également le sulfate d'eau, et laisse le sulfate KO.SO*.
322 POTASSîuii.
Chlorate de potasse.
§ 390. Le chlorate de potasse, KO.CIO", est un sel anhydre, qui cristallise sous forme de paillettes minces. Les cristaux prennent, cependant, plus de développement lorsque la cristallisation marche lentement II est beaucoup plus soluble à chaud qu'à froid :
4 00 parties d'eau à 0^ dissolvent 3,33 parties de chlorate de potasse, » 404,78 » 60,24 »
La solubilité de ce sel croit donc rapidement avec la température.
Le chlorate de potasse ne se dissout pas sensiblement dans l'alcool.
Le chlorate de potasse fond à une température d'environ 400*, Chauffé davantage, il abandonne son oxygène, et se réduit finalement à l'état de chlorure de potassium. Il fuse vivement sur un charbon allumé. C'est un corps oxydant des plus énergiques; il forme des mélanges explosifs avec la plupart des corps combustibles. Ces mélanges détonent souvent par la simple percussion. Ainsi, un mélange intime de soufre et de chlorate de potasse produit une détonation violente lorsqu'on le place sur une enclume et qu'on le frappe avec un marteau. On ne doit faire ces mélanges qu'avec précaution et en petite quantité, car ils pourraient occasionner des accidents.
Les mélanges détonants^ formés par le chlorate de potasse, sont beaucoup plus énergiques que les mélanges correspondants obtenus avec le nitre. On a cherché à préparer avec le chlorate de potasse une poudre à canon plus puissante que la poudre ordinaire, mais elle était brisant» au suprême degré ; les armes n*y résistaient pas. Sa préparation et sa conservation présentaient d'ailleurs les plus grands dangers, et plusieurs accidents ont forcé d'y renoncer.
On s'est servi également d'un mélange de chlorate de potasse et de soufre, pour former les capsules fulminantes des fusils à percussion ; mais on emploie maintenant de préférence le fulminate de mercure.
Si l'on projette une goutte d'acide sulfurique concentré sur un mélange de soufre et de chlorate de potasse, le soufre prend feu. On a utilisé cette propriété pour confectionner des briquets, dont l'usage a été très-répandu, mais qui ont été remplacés par les allumettes phosphorées dont nous avons indiqué la préparation (§77).
UYPOCULOIUTE DE TOTASSE.
§ 391 . Le chlorate de potasse se prépare en faisant agir le chlore sur une dissolution concentrée de potasse; la réaction a lieu entre 6 équivalents de potasse et 6 équivalents de chlore :