SULFATE DE CHAUX
le résultat du clivage prend la forme d'un fer de lance (fig. 126). Cette propriété a fait donner à ce minéral le nom de gypse en fer de
lance. On peut le cliver avec un canif en lames extrêmement minces , parfaitement transparentes et incolores. Ces lames se brisent facilement entre les mains, suivant deux autres sens de clivage qui leur donnent la forme rhomboïdale.
Les cristaux de gypse s*entrelacent souvent d'une manière irrégulière les uns dans les autres , et forment, tantôt des masses blanches, tantôt des masses colorées par de l'oxyde de fer hydraté ; ils constituent alors V albâtre. Cette matière est employée pour confectionner des objets d'ornement, tels que vases, massifs de pendule, etc. La pierre à plâtre commune est formée également par une agrégation Fig. 126. de cristaux de gypse; mais, le plus souvent, il y existe des matières étrangères mélangées : du carbonate de chaux , de l'argile, ou du sable.
§ 461 . Le sulfate de chaux est peu soluble dans l'eau ; 4000 parties d'eau, à la température ordinaire, en dissolvent environ 2 parties. La solubilité de ce sel diminue avec la température. Une dissolution , saturée à froid , se trouble visiblement quand on la chauffe jusqu'à 100^
La dissolution de sulfate 'de chaux, évaporée lentement, laisse déposer de petits cristaux brillants, présentant la même forme que le sulfate hydraté naturel.
§ 462. Le gypse, chauffé à 420*> ou 430® , abandonne complètement son eau , et se change en sulfate de chaux anhydre ; mais , à cet état, il reprend facilement l'eau qu'il a perdue, et s'échauffe alors d'une manière sensible. Cette dernière propriété ne se manifeste cependant que dans le gypse qui n'a pas été trop fortement chauffé. Si on élève sa température seulement jusqu'à 460®, la matière anhydre ne reprend plus son eau que très-lentement. Le sulfate de chaux anhydre de la nature , l'anhydrite , ne se combine pas avec l'eau ; il se comporte comme le gypse qui a été calciné au rouge. Le sulfate de chaux fond à la chaleur rouge, et il se solidifie, par le refroidissement , en une masse cristalline dont les clivages sont les mêmes que ceux de l'anhydrite.
C'est sur cette propriété du gypse , de perdre son eau de cristallisation à une température peu élevée, et de la reprendre promptemetat quand on. le mélange avec ce liquide , qu'est fondé l'emploi du plâtre comme morlier dans les constructions et pour le moulage.
En mélangeant avec de l'eau du plâtre déshydraté et réduit en poudre fine, on forme une pâte liquide dans laquelle , au premier moment, les parcelles de sulfate de chaux anhydre sont mécaniquement mélangées à Teau; mais, bientôt, le sulfate de chaux se combine avec l'eau , et se change en sulfate hydraté. Une partie de l'eau mélangée disparait dans la combinaison; les particules qui étaient désagrégées dans la pâte liquide , s'agréent en petits cristaux au momeu't où ils se combinent avec l'eau. Ces petits cristaux se feutrent, pour ainsi dire, les uns dans les autres; et toute la matière finit par se prendre en une masse solide. Une bouillie de plâtre , versée dans un moule , se répand exactement dans toutes ses cavités ; mais, bientôt , le plâtre gâché se solidifie en une seule masse compacte ; il fait prise , par suite de la combinaison du sulfate anhydre avec l'eau. Si , après quelque temps, on enlève le moule, on en sort un morceau de plâtre solide, présentant en relief toutes les cavités du moule. De même , si on étend sur un mur en pierres irrégulières une couche de plâtre cuit , gâché avec de l'eau , de façon à remplir toutes les anfractuosités et les vides de la pierre, on obtient une surface parfaitement plane , sur laquelle on peut façonner toutes sortes de moulures tant que le plâtre n'a pas fait prise. On emploie de cette manière une énorme quantité de plâtre dans les constructions pour revêtir les murs , les cloisons intérieures et les plafonds.
§ 463. C'est avec le plâtre qu'on pre»d le plus ordinairement les empreintes des objets dont on veut reproduire un grand nombre d'exemplaires : on se sert ensuite dé ces empreintes en creux , pour obtenir de nouvelles empreintes en relief. L'empreinte en creux sert ainsi de moule.
§ 464. Lq stuc , qu'on emploie pour revêtir des murs , des colonnes et pour confectionner divers objets d'ornement imitant le marbre, s'obtient en gâchant du plâtre choisi , avec une dissolution de gélatine ou colle forte. Le plâtre, cuit dans un four, est réduit en poudre sous des meules, tamisé, puis gâché avec la dissolution de colle forte ; mais il fait prise plus lentement que quand il est gâché avec de Teau pure. Si l'on veut avoir un stuc blanc, il faut employer une colle incolore , de la colle de poisson par exemple. Pour obtenir des stucs colorés, on ajoute des oxydes métalliques, tels que les hydrates de sesquioxyde de fer , de manganèse, de cuivre..., des hydrocarbonates de cuivre, etc., etc. Pour obtenir des stucs rubannés ou marbrés , on mêle des plâtres , gâchés à la colle , et colorés avec divers oxydes métalliques. L'ouvrier adroit obtient les dessins qu'il veut, en opérant convenablement le mélange. Le plâtre, ainsi