MANGANÈSE
comporte comme une combinaison du proloxyde de manganèse avec lesesquioxyde, et l'on écrit souvent sa formule MnO.Mn*0*. En effet, l'oxyde rouge, traité par un acide, abandonne dû protoxyde qui se dissout, et il reste du sesquioxyde.
Acides manganique ethypermanganique, MnO' et Mn'O'.
$ 497. Les deux combinaisons acides du manganèse avec l'oxygène s'obtiennent en chauffant de la potasse caustique avec du peroxyde de manganèse, en présence de l'oxygène, ou avec des matières qui abandonnent facilement ce gaz. Si l'on chauffe, au contact de l'air, parties égales de peroxyde de manganèse très-divisé et de potasse caustique, et que l'on reprenne ensuite la matière par un peu d'eau froide , on obtient une dissolution verte , et il reste une poudre brun rougeâtre, qui est un mélange d'hydrates de sesquioxyde ot de deutoxyde de manganèse. La liqueur verte renferme du manganate de potasse, KO.MnO% et de la potasse en exc^. On obtient une plus grande proportion de manganate de potasse , en faisant la calcination dans une atmosphère de gaz oxygène. La liqueur verte, abandonnée sous le récipient de la machine pneumatique, au-dessus d'une capsule remplie d'acide sulfurique concentré, donne, après évaporation, des cristaux d'un beau vert de manganate de potasse. Ces cristaux sont ordinairement mélangés de cristaux blancs d'hydrate de potasse , mais on peut les séparer facilement par triage. On place les cristaux verts sur une plaque de porcelaine dégourdie^ qui absorbe promptement l'eau mère qui les mouille.
Les cristaux verts de manganate de potasse, KO.MnO', se dissolvent sans altération dans une dissolution un peu concentrée de potasse caustique, et se déposent de nouveau après l'évaporation de la liqueur. Mais, si on les dissout dans l'eau pure, il y a décomposition immédiate; on obtient une dissolution d'un beau rouge, et un précipité brun d'hydrate de peroxyde. La dissolution rouge renferme de Vhy permanganate de potasse l, KO.Mn*0'. Cette facile décomposition de l'acide manganique , lors même qu'il est en combinaison avec une base forte comme la potasse , rend impossible la préparation de l'acide manganique isolé.
En chauffant le peroxyde de manganèse, au contact de Toxygène, avec de la soude ou de la baryte, on obtient des manganates de soude et de baryte. Le manganate de baryte est une poudre verte à peu près insoluble dans Teau.
Si l'on reprend, par de l'eau chaude, la masse verte qui renferme le mélange de manganate de potasse, de potasse caustique et d'oxyde
ACIDES MANGAMIQUES. 383
de manganèse , et si l'on fait bouillir pendant quelques instants la iqueur avec le résidu, on obtient une dissolution d'un rouge intense, qui, filtrée à travers de l'amiante, donne, après évaporalion sous le récipient de la machine pneumatique , de^ cristaux prismatiques , d'un rouge foncé, d'hypermanganate de potasse. Mais le procédé le plus simple pour obtenir ce produit en quantité notable , est le suivant : on mêle une partie de peroxyde de manganèse réduit en poudre impalpable, avec une partie de chlorate de potasse. On dissout, d'un autre côté, une partie et quart de potasse caustique dans a plus petite quantité d'eau possible, et Ton y ajoute le premier méange. On dessèche la pâte dans une capsule de porcelaine; pendant cette dessiccation , il se forme une quantité notable de manganate de potasse. La matière est ensuite introduite dans un creuset de terre , que l'on chauffe lentement jusqu'au rouge sombre. On fait bouillir la matière avec de l'eau dans un ballon de verre ; la dissolution rouge est filtrée à travers l'amiante ; on la concentre dans une capsule en porcelaine chauffée avec une lampe à alcool ; et , par le refroidissement, elle abandonne des cristaux d'hypermanganate do potasse. Pour obtenir le sel pur, il faut le dissoudre dans une petite quantité d'eau bouillante, et le faire cristalliser de nouveau. L'hypermanganate de potasse n*est pas tfès-soluble dans Teau : à 4 5^ il faut 4 6 parties d'eau pour en dissoudre 4 de ce sel ; l'eau chaude en dissout beaucoup plus.
On peut obtenir Vacide hypermanganique libre , en dissolution dans l'eau; il suffit pour cela de décomposer l'hypermanganate do baryte par l'acide sulfurique, ajouté goutte à goutte ; il se précipite du sulfate de baryte insoluble, et la liqueur décantée renferme l'a^ cide hypermanganique. La dissolution de cet acide est d'un beau rouge; elle se décompose facilement, même à froid.
Les matières organiques décomposent rapidement les manganates etieshypermanganales, en enlevant à l'acide une portion de son oxygène. C'est pour cette raison , que l'on ne peut pas filtrer leurs dissolutions sur du papier. Si l'on verse sur un filtre en papier une dissolution rouge d'hypermanganate de potasse mêlé de potasse caustique, la liqueur qui traverse est ordinairement verte et renferme du manganate. Si la dissolution est plus étendue, ou si la filtration est très-lente , la liqueur passe souvent complètement décolorée , et le papier se teint fortement en brun par t'hydrate de peroxyde de manganèse qui se dépose dans ses pores.
Si l'on vei^se, dans une dissolution étendue d'hypermanganate de potasse, une dissolution concentrée de potasse caustique, la liqueur change de couleur; elle devient d'abord violette, puis d'un beau
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vert émeraûde. L'hypermanganate 8*est changé en manganate , et une quantité double de potasse est entrée en combinaison :
KO.Mn»0' + KO = 2(KO.MnO») + 0.
L'oxygène dégagé reste en dissolution dans Teau, parce qu*il n*en est devenu libre qu'une quantité extrêmement petite, la dissolution de rtiypermanganate étant très-étendue. Cette transformation est due à la grande énergie basique de la potasse, qui tend à se saturer le plus possible. Le passage du rouge au vert n'a pas lieu d'une manière brusque ; si Ton ajoute la dissolution de potasse par petites portions, la liqueur passe par toutes les nuances intermédiaires entre le rouge et le vert, c'est-à dire par toutes les nuances du violet.
Nous avons vu que la dissolution verte du manganate de potasse devenait rouge quand on la soumettait à l'ébuUition, et qu'il se précipitait de l'hydrate de peroxyde de manganèse ; il faut cependant pour cela que la liqueur ne soit pas trop concentrée. La transformation du manganate vert en hypermanganate rouge se fait aussi à froid , sans précipitation visible de peroxyde. Il suffît d'étendre la dissolution verte d'une quantité de plus en plus grande d'eau froide ; le manganate se change alors en hypermanganate , en absorbant la petite quantité d'oxygène qui se trouve en dissolution dans l'eau; la liqueur passe par toutes les nuances résultant du mélange du vert avec le rouge. Si l'on ne veut pas étendre la liqueur d'une grande quantité d'eau, il suffît de la laisser séjourner au contact de l'air, ou de la faire traverser par un courant d'oxygène. Ces changements de couleur ont fait donner à cette substance le nom de camé' léon minéral.
La transformation du manganate de potasse en hypermanganate se fait plus rapidement par l'addition d'un acide, même par celle de l'acide carbonique. Si l'on ajoute un excès d'acide , la liqueur devient complètement incolore; il se forme dans ce cas un sel de protoxyde de manganèse , et l'oxygène se dégage.
Parmi les oxydes de manganèse, deux seulement jouent le rôle de bases : ce sont le protoxyde et le sesquioxyde..
Sein de protoxyde de manganèse*
§ 498. Les sels de protoxyde de manganèse sont d'un blanc rosé, ou couleur améthyste. Si l'on verse dans la dissolution de l'un de ces sels une dissolution de potasse ou de soude caustiques, on obtient un précipité blanc d'hydrate de protoxyde, qui brunit promptement à l'air. Le changement de couleur est très-rapide si l'on agite la liqueur et le précipité au contact de l'air, ou si on la transvase plu-