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IV

REID

Reül* ne se présente pas 'a l'imagination avec ces attributs de grandeur et de puissance qui caractérisent d’ordinaire les hommes destinés à opérer de grandes révolutions dans l’intelligence humaine. Le philosophe écossais n’a pas la vigueur de Descartes, ni le vaste savoir de Leibnitz^ ni l’élévation de Jlalebranche et de Berkeley , ni la pénétration ingénieuse de Locke, ni la dialectique audacieuse de Hume. A défaut de ces qualités, Reid en possède deux autres, non moins rares et encore plus nécessaires ’a un philosophe., le bon sens et une bonne méthode. Élevé dans la doctrine de Locke, il crut longtemps k cette doctrine sans défiance, quand tout k coup il fut tiré de sa sécurité par Féclat des ouvrages de Berkeley et de Hume qui, avec les principes mêmes de Locke, attaquaient et détruisaient la matière et l’esprit. Frappé de ces résultats étranges, Reid prend la résolution de soumettre k un examen sévère la philosophie de Locke, de rechercher ses vrais principes et les conséquences légitimes qui en dérivent; et, après un mûr examen, il demeure convaincu que la conséquence inévitable de la philosophie de Locke est le scepticisme universel. Cette découverte l’épouvante : il voudrait sauver l’esprit et la matière, il voudrait échapper au système de Berkeley et

* Voyez un examen détaillé et approfondi des ouvrages de Reid, cours de 1819, PhitoiopMe iconaitt.

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de Hume ; cepeiidanl ce système découle nécessairement des principes de Locke. Que fera donc Reid? Il ne lui reste qu’une ressource, c’est de douter de ces principes; et ce doute fut un trait de lumière qui dissipa les ténèbres qui couvraient la philosophie anglaise.

Reid examine les fondements de la connaissance , d'après l.,ocke; ce sont les deux maximes célèbres : I°que nous n'apercevons immédiatement que des idées; 2° que l'a où il y a idée, l'a seulement, il y a connaissance.

Cet homme sage, ([ui compare sans cesse les assertions des philosophes avec les faits, se demande si la première maxime de F^ocke est vraiment conforme à l’expérience : s'il est bien vrai que nous ne connaissons pas les qualités mêmes des objets extérieurs, mais seulement les idées de ces qualités ; si nous n’apercevons pas les couleurs, les formes, mais seulement l’idée de ces couleurs, de ces formes ; et il se convainc que nos sens s’appliquent directement aux objets, et atteignent les qualités extérieures elles-mêmes sans l’intermédiaire de l'idée.

Il examine la vertu attribuée aux idées de représenter les objets par leur conformité avec eux; il détruit et cette représentation et cette conformité par les arguments mêmes de Itcrkeley et de Hume; et il résulte de ces recherches, faites sans préjugés et avec une méthode jusqu’alors très-peu pratiquée, que les idées ne représentent pas les objets extérieurs, puisqu’elles ne peuvent leur être conformes en aucune manière, et que ce sont des chimères, des inventions métaphysiques.

UEIU

Après s’êlre assuré de la fausseté de la première maxime de Locke, relativement aux objets extérieurs, part’ une analyse exacte des opérations des sens, Reid, appliquant aux faits de conscience la même méthode, la méthode d’observation, se demande s'il est bien vrai que la conscience ne perçoit pas directement le plaisir ou la peine, mais seulement les idées de plaisir ou de peine; et le sens intime lui atteste suflisamment que le^s perceptions de plaisir et de peine sont immédiates. De là il passe à nos autres modilications ; il recberclie si la conscience n’atteint pas immédiatement le désir, la volonté, le souvenir, etc., et les différentes opérations de notre esprit. Les réponses de l’observation intellectuelle sont affiématives, et il reste démontré que nous percevons aussi immédiatement les opérations de notre esprit que les qualités des corps.

V'oilà donc la première maxime de Locke entièrement détruite; la seconde tombe avec la première. Puisque nous connaissons immédiatement les qualités des corps et nos opérations, il est évident que l’idée n’est pas nécessaire pour fonder la connaissance, et 'que celle-ci peut se trouver où l’autre n’est pas. Les bases de lu théorie de la connaissance dans la philosophie de Locke sont donc renversées.

Ici se présente à l’observation attentive de Reid un fait singulier, mais certain ; nos sens atteignent directement les qualités des êtres extérieurs,' et la conscience * celles des êtres pensants ; et en même temps que nous apercevons ces qualités, nous les plaçons naturellement dans un sujet, les qualités extérieures dans la matière,

PRKMIEnS ESSAIS. — ANNÉE 1810

nos opérations dans un esprit (jui est nous-mêmes. L’application directe de mes sens me fait connaître la couleur, la forme, l’étendue, etc.; et en apercevant ces diverses qualités, il m’est impossil)l(> de ne pas être persuadé (|u’il existe quelque clio.st; <pii est coloré, figuré, étendu, etc., c’est-à-dire, en termes pliilosophicpies, que ces qualités supposent un sujet. Le même fait a lieu relativement aux phénomènes intérieurs; il est impossible d’apercevoir une opération de la conscience sans la placer dans un sujet qui la contient , et ce sujet est nous-mêmes. ‘

Les sens et la conscience nous manifestent deux softes de qualités, lesquelles nous révèlent deux sortes de sujets; et comme il est naturel et nécessaiiv' de conclure de la nature des qualités à la nature du sujet qui les possède, il faut conclure que les(|ualités extérieures, parmi lesquelles se trouve surtout l’étendue, c’est-à-dire la divisibilité, résident dans un sujet qui lui-même est étendu et divisible. 11 est impossible, d’un autre côté, de ne pas admettre que des (pialités indivisibles, inétendues, ne soient contenues dans un sujet qui lui-même est indivisible et inétendu ; et ainsi parait la distinction fondamentale de l’esprit et de la matière.

Envisagée sous ce point de vue, l’objection que Hume fait à la loi des substances de conduire au spinozisme est frivole. Quarul denx ordres différents de qualité ont été solidement établis, la loi des subslances ne peut leur donner un sujet commun ; et comme la loi des subslances ne conclnt pas seulement des qualités au sujet, mais de telle ({ualité à tel sujet', loin de conduire à l’identifica-

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lion de la matière et de l’esprit, elle les distingue et les sépare nécessairement*.

I.a loi des substances est une loi certaine qui appartient réellement a l’estirit humain ; mais cette loi, quelle est-elle? peut-on la rapporter à quelque autre loi déjà connue et la faire rentrer sous quelques-uns des principes avoués de notre nature? peut-on la résoudre dans la sensation d’une part et dans la conscience de l’autre ? Non ; la sensation nous découvre lés qualités sensibles, mais non pas l’être qui les possède. La conscience nous découvre nos pensées, mais non pas l’être pensant. Une observation attentive ne nous laisse aucun doute à cet égard. Peut-on rendre compte du principe des substances par le raisonnement? Il a été démontré qu’il n’y a point de conclusion logique de la pensée a l’existence, et que la majeure d’un tel raisonnement contiendrait déj'a la notion de sujet et d’être, c’est-à-dire que le raisonnement renfermerait une pétition de principe. La loi des substances est donc primitive, irréductible, elle est une loi de la raison humaine. Nous terminerons par citer textuellement les. divers passages de Reid qui établissent ce que nous venons d’avancer.

Recherches sur V entendement humain , d’après les principes du sens commun, publiées en 17t!4*. Tom. 1",

* i'cstilitîc argumenta été reprotiuît et développé bien souvent dans nos lc<;uns« par exemple dans la leçon du cours de i819, f.orke, et surtout en 18^, Exatnen du système de Locke, leç. xxv*. Il est décisifeontre ce doute du philosophe anglais, que Dieu aurait pu donner à la matière la faculté de penser; il est décisif aussi contre l’unité de substance imposée par Spinoza à des phénomènes contraires.

^ C’était en 1816 le seul ouvrage de Reid qui fût tradui(. Son grand ou-

c'ji. 1 *', sk-ction 5. Ueid accuso h tort Descartes d’avoir employé un raisonnement pour prouver l’existence personnelle. Il décompose l’entliymème carlcsicn en deux parties, et prouve que toutes deux sont liorsdu domaine du raisonnement. Ces deux parties sont :1° la pensé»? ; ‘i" la relation de la pensée à un sujet pensant.

Cliap. Il, sect. 0 ; « H est certain qu’il n’est point d’homme dans l’univers qui puisse concevoir ou croire que l odeur existe par elle-même, sans un sujet qui la perçoive et qui ait la faculté de respirer... Si quelqu'un demandait ^ju’on lui prouvât que l’odeur, en tant que sensation, ne peut pas exister sans un sujet sentant, je lui dirais »}U(‘ cela est impossible, et qu’il est aussi ridicule de vouloir prouver ce qui est évident par soi-même que de le nier.

« Avant fauteur du Traité de la nature humaine, on avait disputé sur la nature du sujet pensant, s’il est étliéré ou igné, matériel ou spirituel, mais on avait toujours reconnu son existence : Hume est le premier qui l’ait révoqué en doute.

« Ce scepticisme est une conséquence de la doctrine des idées; car, s’il n’y a pas d’autre objet de la pensée que des idées, le moi est une idée, ou n’est rien. »

La doctrine des idées a d’abord détruit les qualités secondes, puis les qualités premières, par conséquent

vrage, Des Faculte'i inteUecluelles tl actives, ne l’était point. Grâce à Uicu, nous possédons aujourd'hui une traduction complète de Reid, de la main ilc M. JouHroy. Je ne laisse donc subsister qu'un petit nombre de citations, au lieu des longs passages qui alors, jiaraissant pour la première fois, excitaient la curiosité et soutenaient l’attention de l'auditoire.

la matière, entiii l'esprit. « Il peut y avoir maintenant (les trahiaeos sans Iraitre, de l'amour sans amant... » Section 7* La croyance du moi est universelle. D'où vient-elle? Est-ce un préjugé de l’éducation, un rêve de la philosophie? Cherchera se délivrer de cette croyance estpn délire; et, si nous la gardons, ne pouvant l’expliquer par le raisonnement, il faut nécessairement la rapporter à un jugement naturel invincible. « L’esprit a donc une certaine faculté d’inspiration ou de suggestion, si je puis parler ainsi, qui a échappé 'a la pénétration de tous les philosophes. »

Dans son grand et dernier ouvrage, publié en 1788. et intitulé -. Des Facultés intelleclueUes et actives, Reid répète souvent qu'un principe, différent de la sensation et du raisonnement, nous révèle notre existence. Mais si Reid excelle 'a découvrir et k ruiner les erreurs qui sortent de toutes parts du système de Locke, s’il combat victorieusement le scepticisme et rétablit les droits imprescriptibles du sens commun et de nos principes naturels, il échoue souvent dès qu’il s’agit de déterminer avec précision les premières applications de ces principes; ainsi on trouve, au chapitre dujucfement, Essai Vf, des Facultés intellectuelles, le morceau suivant, où, faute d’une analyse assez profonde, le philosophe du sens commun reprend, sans s’en dôuter, la roule des abstractions où se sont perdus plusieurs de ses devanciers.

« 11 ne peut y avoir une proposition qui n’enveloppe « quelque conception générale. La proposition, j’existe,- « que Descartes croyait la première de tontes les vérités « et le fondement de toute la connaissance humaine, ne

l'nKSIIEnS KSSAIS. — ANNCE 1810

« peut êli(“ conçue sans la conception de l'existence. « c'est-à-dire sans une des conceptions les plus abstraites « et les plus générales. Un homme ne peut croire à sa « propre existence, ni à l'existence d'aucune chose, s'il « ii'a assez de jugement pour distinguer ce tjui existe « réellement de ce qui peut être simplement conçu. 11 « voit un homme de six pieds do haut, et il imagine un « homme dé six pieds de haut. Dans le premier cas il « juge (jue le premier objet existe parce (|u'il le voit; « dans le second, il ne juge pas que l’homme existe n parce cpi’il le conçoit seulement. Nonobstant, je de- « mande s’il jieut attribuer l’existence au premier objet « et la refuser au second, sans comprendre ce «juc c’est « qu’existence : la chose est impossible.

« Quand la notion d’existence entre-t-elle pour la pre- « mière fois dans l esprit humain ? Je ne peux le déter- « miner ' ; mais il est certain qu’elU* doit être dans l’es- « prit, aussitôt que nous pouvons afiirmer d’uno chose « avec sens qu’elle existe. Dans toute proposition, le « prédicat doit être une idée générale. »

Ici se cache une em>ur profonde. Nos jugements primitifs n’ont pas ce caractère abstrait. Reid a tort de séparer l’existence des choses existantes. L’existence n’est pas un attribut logique, c’est le fonds même de l’être. La

* Sur cc point, la traduction de M. Jonfl’roy pourrait tromper le lecteur. Tome V, page 15 : «Je ne pn-lcnds pas déterminer in. à quelle époque l'esprit acquiert la notion d'existence. » Ici n'est pas dans le tèxte. Ni ici ni ailleurs *lleid ne détermine l'origine de la notion d'existence ni des autres notions fon 'amentales. C’est là le coté l'ailUc de la plniosopliic écossaise. Voyez dans ce même volume le Programme du cours de 1817, cl le Discours d'ouvcruirc.

BEATTIK, CAMPBELL, D. STEWART 75

notion d’çxistence nous est implicitement donnée ‘ dans celle du premier être que nous connaissons, et ce premier être c’est nous-mêmes,. Nous n’allons pas de l’abstrait et du général au particulier et au concret, mais du concret et du particulier ’a l’abstrait et au général, ou plutôt le général et l’abstrait sont engagés nécessairement. mais obscurément dans certaines notions particulières et concrètes d’où nous le tirons ensuite par la réflexion.

lEATTIE. — CAMPBELL. — N. DÜCALO STEWART.

Aussitôt que la théorie des idties pénètre dans la philosophie , . le scepticisme, qu’elle traîne inévitablement à sa suite , s’y introduit, l’envahit peu ’a peu. détruit successivement toutes les réalités, jusqu’à ce qu’enlin, ne trouvant plus rien ‘a détruire, il se détruise luimême.

Dès que Locke eut proclamé ces deux maximes i premièrement, que nous n’apercevons immédiatement que des idées; secondement, que l'a où il y a idée là seulenient il y a connaissance; dès lors toutes les réalités furent en péril ; et si la main de Locke ne fit que les ébranler, il était aisé de prévoir qu’elles ne résisteraient pas à des attaques plus hardies.

* Celle théorie de l’origine de la notion d’exislcnce^ bien comprise et iidèlcment appliquée, ruine dans son foiulcmcnt tout systCrnc ontologique abstrait, et d’altord le spinozisme. Voyez-on le développement partout dans nos ouvrages. • * •

7ü PHEMIEDS ESSAIS. — ANNÉE 1816

En effet, vous avez vu avec quelle facilité Berkeley tourna contre la matière la première maxime delà théorie de Locke. S’il est vrai que nous n’apercevons immédiatement que des idées, les idées ne ressemblant ()u'à des idées, et étant spirituelles de leur nature, elles ne peuvent nous fournir, ni par représentation, ni par aucune autre voie, des connaissances que leur nature ne contient pas : et si par la loi des substances elles peuvent nous révéler les esprits, celui de I bomme et celui de Dieu, elles ne peuvent nous rien apprendre de l’existence d’un être étendu, matériel, qui leur est absolument étranger.

Hume, qui vint après Berkeley, adopta son argument contre la matière, et soutint comme lui que la matière n’existe pas ; mais il n’accorda pas que l’esprit existe : il rejeta le principe des substances qui conclut des idées à leur sujet; et, appelant à son secours la seconde maxime de la théorie de Locke, il réduisit la question de l'existence du moi ’a celte question de fait : si nous avons quelque idée de l’esprit, de l’identité personnelle; et, comme l’observation intellectuelle résout cette question négativement, Hume en conclut que l’esprit n’cxislc p^is plus que la matière. Voilà donc toutes les réalités détruites ; oui , et , par conséquent , les voilà rétablies.

L’eàprit humain ne répugne pas trop à l’erreur, mais il est maladroit de la lui servir à trop forte dose ; alors elle tue ou n’agit pas. L’homme ne peut rien qu’à demi, et son extravagance même a des limites. Trop d’erreur commè trop peu d’erreur île sont pas en notre, puissance. Les demi-mènsonges et les demi-vérités sont

BEATTIK, CAMPBELL, 1). STEWART l'i

l)ons a nos esprits, comme le demi-jour à nos yeux. Un peu de scepticisme n’est pas un incommode oreiller pour une tête bien faite ; mais la nature a horreur du scepticisme universel. Quand donc le scepticisme avoue toutes ses prétentions, il est perdu, et son trioini)he est sa ruine.

Je n’admire pas Reid pour n’avoir pas lléchi sous le scepticisme de berkeley et de Hume ; il n’a fait par là que sauver sa raison des derniei's délires; je l'admire pour avoir détruit ce scepticisme à sa racine dans la théorie des idées, pour avoir su remonter au principe de la philosophie de Locke atin d’y saisir et d"y tarir les sources du scepticisme; c’est là sa "loire, et elle lui demeurera.

Mais si Reid a montré un grand sens, une pénétration rare, une logique supérieure dans la lutte qu’il a entreprise contre le sophisme; s’il a rétabli l’existence du moi, il l’a assez mal rétablie; il a reconnu très-confusément la loi à laquelle il la faut rapporter; et, dans cette (|uestion comme dans beaucoup d’autres, on doit faire cette remarque que Reid, qui résiste admirablement à l’erreur, ne descend pas assez profondément dans la vérité, et qu’il lui a manqué une certaine vigueur d’investigation philosophique. -

Le moi connu, une question reste encore à résoudre; quelle est la loi (pii nous le découvre? Reid se propose cette question, et il n’y conçoit que deux solutions. On peut atteindre le moi par le raisonnement, et c’est ce que Descartes a prétendu faire, dit Reid attribuant à Descartes un raisonnement auquel Descartes n’a pas

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songé. Ou bien si la cfoyance du moi n’est pas le fruit du raisonnement, elle vient d’une suggestion naturelle. .Mais une suggestion naturelle peut appartenir à la conscience ou à une autre faculté, dette incertitude de Ueid va se convertir en une erreur positive entre les mains de ses successeurs.

Reid n’avait pas dit que la conscience nous découvre le moi, il n’avait pas dit non plus qu’elle ne nous le découvre pas ; il s’était servi d’une expression équivoque. James Beattie, professeur de philosophie morale à runiversité d’Aberdeen, et qu'on peut considérer comme un des élèves de Reid, est déjà plus inexact qu»ï son maître. Essai sur la nature et l'immutabilité de In vérité', Edimbourç, 1770; chap. II, sect. 3, De la Conscience ou du sens intime ; « La conscience ou le sens intime nous donne la certitude de l’existence et de l’identité de l’âme. » Remarquez ici deux erreurs dans une ; Beattie attribue à la conscience non-seule-ment la certitude de notre existence , mais encore celle de notre existence identique, ce qui est' évidemment conh’aire a l’observation. « Je suis, dit -il, au- « jourd’hui le même que j’étais hier; c’est la ce dont « m’assure ce dictamen intérieur qui parle a tous les « hommes. » Cela ferait croire que Beattie n’a pas entendu par le mot conscience ce que nous faisons signi- (ier à ce terme aujourd’hui, mais seulement quelque chose qui n’est pas le raisonnement. Cette conjecture est

' Essay on the Nature and Immulabilitÿ of Truth. Cet ouvrage ii i pas éic traduit. Voyei sur Beattie les leçons de 1819, Vhilosophie ecoesaiee. *

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