‹ Premiers essais de philosophieChapitre 15 sur 59 · LEIBNITZ · texte numérisé non relu

LEIBNITZ

dans une série non pas illimilée, mais Irès-nombreuse. La monade a reçu, dans le bienfait de sa création, une force active qui produit successivement, et lire de son fond toutes les modilications qui peuvent survenir à cette monade.

Vous jiOHvez comprendre maintenant ces paroles célèbres de Leibnitz : que le présent est (jros de l’avenir; et que chaque monade contient en elle-même la série de scs opérations. Remarquez ce mot d'opérations : toutes les modilications de la monade sont des opérations, car sa nature est active. Leibnitz nie tout étal passif de l’âme, et soutient que nous sommes toujours actifs.

Mais, a mesure (jue la monade développe, par la force dont elle est douée, les différents phénomènes qui composent son existence, change-t-elle ou n’y a-t-il que ses modilications qui varient? Leibnitz ne laisse ici aucune équivoi|ue; et contre Locke (pii a prétendu, comme nous le verrons quand nous traiterons de l’identité du moi, qu’à chaque modilication l’âme se renouvelle, il déclare que l’individu ne change jamais, mais (|u’il se modilie continuellement.

Vous avez vu que le développement des différentes modilications qui sont en puissance dans la monade n'a pas hesoin de l’action d’aucune autre monade et se fait par la seule énergie dont chacune est douée. Cependant les monades sont si loin d’étre isolées les unes des autres, qu’elles ont au contraire l’une sur l’autre une action incessante, ,1e ne puis mieux développer Leibnitz qu’en vous rappelant cet admirable passage où Pascal fait voir que tout est eu rapport avec tout; ipie les êtres sont

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entre eux dans une liaison nécessaire ; que l’homme, par exemple, a besoin d’air pour respirer, de terre pour se soutenir; en un mol, qu’il tient ’a toutes les parties de la création. Leibnitz voit l'a un système d’harmonk et non pas d'iu\luence. Tous les cbangemenis, dit-il, qui arrivent dans une monade sont l’effet de la force qui la constitue; mais il distingue entre les cbangements internes et les changements externes, entre les modilications essentielles des monades et leurs perceptions. Je n’entre pas dans le détail du système de l’harmonie préétablie ; vous savez comment ce système suppose que la matière et l'esprit sont dans le rapport de deux horloges qui auraient été montées de toute éternité pour sonner exactement la même heure, sans que l’une ait aucune iniluence sur l’autre, par une harmonie prédéterminée qui n’a sa raison suflisante que dans la volonté de Dieu.

En vertu de cette harmonie mystérieuse, les différentes monades agissent les unes sur les autres sans produire en elles aucun changement interne ; mais leurs impressions occasionnent des perceptions, ainsi que Leibnitz les appelle : or ces perceptions ont la singnlière propriété d’être représentatives; d’où il suit que, ces perceptions étant représentatives, et une monade ayant rapport a toutes les autres monades, l’action de toutes l’allecte; de sorte que, comme dit Leibnitz, uu être supérieur qui connaîtrait une seule monade y apercevrait, comme dans un miroir, tout ce qui se passe dans toutes les autres monades qui sont en rapport avec elle. .4insi une seule monade exprime l’univers selon son point de

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