‹ Premiers essais de philosophieChapitre 16 sur 59 · I.KIBNITZ · texte numérisé non relu

I.KIBNITZ

vue, pour me servir des expressions de Leibnitz, qui semblent appartenir a la langue énergique de Pascal : Tout runivers raijonne sur la monade selon le côté auquel elle lui est exposée. Une monade est le monde en raccourci; c'est le miroir de toute la nature, c'est une simplicité féconde, c’est une universalité immense parla multitude de ses modifications, c’est enfin un centre qui exprime une circonférence infinie.

Toutes les monades agissent les unes sur les autres (vous connaissez le mystère de cette action), et les perceptions externes des monades sont représentatives. Ce caractère est commun a toutes les monades; mais la perception de la matière élémentaire, de la monade dont l’agrégat forme le i)bénomène de l’étendue, cette perception, dit Leibnitz, est obscure, sansaperception, sans conscience, sans mémoire. L'univers se peint dans la perception de la monade matérielle; mais celle-ci ne sait pas qu’il y a dans ses perceptions l’image de l’univers. 11 y a perception, mais il n’y a pas aperception; la perception est une représentation purement scéiiograpbique; c’est une scène décrite, mais il n’y a pas de spectateur. Il n’en est pas ainsi des monades du second et du troisième ordi c, les monades des animaux et la monade bumaine. La monade animale a d’abord cette représentation scénograpbique, et elle a aussi l’aperception de ses perceptions représentatives ; mais cette aperception est fort indistincte, si elle n’est pas nulle; c’est-à-dire, dans la langue commune, que les animaux ont la conscience de leurs perceptions et la mémoire, mais que celte conscience est vague et cette mémoire

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conlusc. Les monades du troisième ordre, les monades Immaines, ont l’aperception de leurs perceptions, comme les monades animales, et cette a|)crcepliüu a chez elles un beaucoup plus graml degré de clarté. L'ependant, comme ces monades sont créées, toutes leurs perceptions ont toujours (luelque chose d’im parlait : plus claires que celles des animaux, elles sont encore obscures en elles-mêmes.

l’appelez-vous les principes du système leihnitzicn. Chaque monade éprouve l'action de ruiiivcrs; l'univers se peint dans ses perceptions; ses perceptions sont essentiellement représentatives; donc une seule monade rélléchit runivers ; donc la monade humaine conçoit l’univers, mais confu.sément ; elle le conçoit, dit Leibnitz, comme un homme qui entend de loin le bruit de la mer. Puisqu’il entend le bruit de la mer, et (|iie ce bruit total est composé du bruit de cbacjue vague, on peut dire, en quelque sorte, qu’il entend le bruit de chaque vague. Celui qui voit l'arc-en-ciel voit toutes les gouttes (|ui le composent; il connaît le nombre de rayons lumineux de cbaiiue goutte et les rélractions ipi'ils y subissent. C'est, dans ce sens, dit Leibnitz, que les perceptions de la monade humaine enveloppent l inlini, mais elles l’enveloppent confusément. Il ne nous a pas été donné de voir tout d’une manière claire et distincte. >’os ]ierceptions sont en général obscures; cependant il y en a quebpies-unes qui sont naturellement claires, et d'autres même (pii peuvent le devenir. Le jilus ou le moins de clarté do nos perceptions est la mesure de la perfection. La seule monade (jui perçoive

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