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nient et obscurénionl ; et si nous voulons éclaircli' ces ténèbres , convertir la conscience obscure en une conscience claire et distincte, nous ne le pouvons que par la réllexion. c'est-'a-dire par un point de vue distinctif et des jiiftements mêlés de négation, c’est-'a-dire, encore une fois, que nous ne pouvons dégager le point de vue spontané qu’en le détruisant. Il est pourtant, et la diftlculté de le saisir et de l’exprimer n’intirme pas .son existence.
• II. Le moi est l'élément nécessaire de toute connaissance; mais il li’en est pas l unique fondement, sans quoi il faudrait dire avec Ficbte que toute connais.sance n’est qu’un développement du moi.
Non-seulement le moi connaît les phénomènes <|ni lui apjiartiennent et qu’il constitue, tous ses actes (jiiels (|u’ils .soient, mais il connaît d'autres phénomènes (ju'il sait n’avoir pas faits, par exemple, ses affections invohnitaires, la sensation proprement dite.
‘Lorsqu’on me presse le bras, j'aperçois la son.sation que j’éprouve comme un elfet indépendant de moi et de mes déterminations ; c’est l'a toute la passivité du moi. X proprement parler, le moi n’est jamais ou du moins ne se sait jamais purement passif, car il ne se connaît (|u’autant qu’il s’aperçoit, et apercevoir c’est déjà agir. De plus, le moi agit sans cesse tant qu’il est ; nous agissons dans la sensation même : la sensation n’est pas un acte du moi; mais la sensation n’est sentie, n’est vraiment sensation, que parce que le moi qui en prend connnaissauce est déjà constitué) et il ne l’est que par l’action. Si le moi était purement passif, il faudrait
DU FAIT DE CdNSCIFrXCE 247
un autre moi actif pour prendre connaissance de la pas- * sion du premier moi ; il y aurait deux moi, ce qui est absurde ; le moi est un être indivisible, et son indivisibilité est celle de son activité. Mais au milieu de cette activité continue surviennent des afiections extérieures que le moi est contraint de subir, il est vrai, mais dans lesquelles il agit, et, souvent même il veut encore, puisqu'il les juge, les apprécie, les distingue de soi, y résiste ou y cède, et même eu leur cédant détermine jusqu’où il veut leur céder. Toute affection n’éteint pas la liberté, mais la limite, selon qu’elle est plus ou moioi^ vive; quand l'affection trop violente et trop vaste accable la liberté, alors il n'y a plus d’aperception du moi, ni même du non-rnoi; car il n’y a plus de moi, ni par conséquent aucuneaperception possible; et cependant ce n’est pas le non-moi qui manque à l’aperception, mais bien la force intérieure par laquelle le moi se constitue lui-même et peut alors apercevoir. Privilège et grandeur de la liberté ! où elle manque, s’éteint l’intelligence; et où meurt l’intelligence, la même expire la sensation. Je ne dis pas que la connaissance soit libre, je veux dire qu’un être libre peut seul connaître ; tout comme,, sim confondre l’inleHigence avec la sensibilité; je préteiMS' qu’il faut être intelligent pour sentir, puisqu'à parler rigourèusement, né pas connaître qu’on sent, c’est ne pas sentir*.
■Ainsi le moi esl^ libre, c’est l'a son fond, et. sur ce fond se dessinent mille scènes variées que la liberté
^ Voyez plus Iraut, cours HelSlC, p. 177-179.
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PnhMlERS ESSAIS. — ANNÉE 1817
se donne a elle-même : mais il y a aussi un ordre de pliénomènes involontaires qui limitent la liberté de riiomme, la combattent, quelquefois la surmontent: c'est la le véritable non-moi , que le moi ne s’oppose pas, c’esl-a-dire ne pose pas encore, comme l’a prétendu Ficbte, mais qu’il trouve opposé à lui-même. Le rapport du moi au non moi est un rapport d'opposition réciproque; c'est un véritable combat. Or, comme le moi combat en même temps qu’il est com battu, et qu’aussitüt qu’il cesse de combattre il cesse d’être; et comme aussi combattre est la condition nécessaire pour le moi de savoir qu’il est combattu, il s’ensuit que l’état de pure et entière passivité n’est jamais dans la conscience. La conscience est le théâtre de ce combat perpétuel de la vie intellectuelle et morale, comme la vie physiologique n’est autre chose que la lutte de la force intérieure, du principe vital, contre les forces extérieures ou les principes de destruction ^ La santé est la victoire de la force intérieure; ses défaites sont les maladies ; sa fuite et sa destruction est la mort, ^otre constitution physique est telle que le principe vital ou la force intérieure, seule contre toutes les autres forces, s’épuise bientôt dans la résistance ; et, après avoir rendu un combat plus ou moins long, mais toujours court et plus composé de défaites que de victoires, succombe et abandonne le corps a toutes les forces ennemies qui l’envahissent, le partagent, le décomposent, et le ramènent sous les lois de la nature tiniverselle dont elles sont les agents. Si du monde physique nous rentrons dans le monde moral, nous trouverons qu’ici