DU FAIT DE CONSCIENCE
la nature extérieure attaque le moi de riiüle manières plus redoutables les unes que les autres, par le corps intime au moi, par ses peines, surtout par ses joies, par tous les désirs et toutes les passions qui naissent des circonstances et de ce vaste univers qui nous environne. Pour se défendre, le moi n’a que lui-même, comme Médéc. Mais le moi est intelligent et libre ; comme libre, il peut toujours combattre ; doué d’une liberté plus ou moins puissante, il peut être vaincu, mais il peut toujours résister ; et alors même qu’il est vaincu, il sait qu’il n’est pas détruit et qu’il peut combattre encore. 11 ne dépend pas du principe vital, qu’on a voulu confondre avec le moi, d'être vainqueur : il dépend du moi de l’être : ou du moins il dépend do lui de ne jamais céder et de poursuivre toujours le.combal, s’il ne peut le terminer à son avantage.
JIl. Mais n’y a-t il donc pas autre chose encore dans la conscience*?...
* Ici devait se placer l’analyse de la raison comme distincte de la sensation e( de la volonté, qui ne sont que les conditions extérieures et intérieures de l’apcricption, tandis que In raison (7n est le foritlcmenl direct. La raison constitue le savoir en soi ; et comme il y a du savoir dans tout acte de la conscience sru scierMa cum), il s'ensuit qu'au fond la raison
constitue la conscience elle mÔme, et que c'est à clic que la conscience cniprunle toute lumière. i)e plus, la raison apporte à la conscience, outre la possiliililé de toute connaissance, ci en pailii uHcr de U conuoissanec du moi, du non-mni, et de leur rapport, elle lui apporte, dis je, eu meme temps, une connaissance nouvelle, «ut getieris, la connaissance ou la conception de Tin* fini, de l’élre alisolu, source cl principe de toute existence. Ces trois éléments de la pcns'e réunis composent la pliilosopliic cniicrè, qui ne peut se passer d'aucun d'eux. O'où il suit que toutes les notions sur lcsquell> s roule In philo.sopliic, ainsi que toutes les pensées cssenlicllcs de Tbomme, sont déjà dans tout fait de conscience, dans le premier comme dans le dernier.
2ôO
rREMlCHS ESSAIS. — ANNÉE 1817