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DE LA SPONTANÉITÉ ET DK LA BÉFLEXION

Les connaissances linmaines peuvenl se eonsklérer, soit a leur origine el dans leurs caraclères priuiitifs, soit dans leurs développements et dans leure caractères actuels. '

Toute connaissance primitive est spontanée, et loul(* connaissance développée réllécliie.

D’où il suit que toute connaissance primitive est positive, indistincte, obscure, et qile toute connaissance développée est négative, distincte et claire.

D’où il suit encore qu’autre chose est le point de départ, autre chose est le fondement de la |(hilosophie ; car si la philosophie ne veut point s’abjurer elle-même, elle doit partir de la réllexion pour partir de la lumière ; et si la philosopbie veut porter sur quelque chose, elle doit se présupposer un fondement ’a elle-même dans un fait nécessairement obscur, puisqu’il est antérieur ;i toute réflexion. t

Quel est donc ce fait primitif, enseveli sous les ténèbres qui environnent le berceau de la pensée? Mais qu’est-ce d’abord que la réflexion, et que contient-elle ?

La réflexion est la pensée libre, suspendant le mouvement naturel qui la développe pour ainsi dire en ligne droite, et se repliant sur elle-même daps l’intérieur

* Inséré dans les pretnièi-es éditions des FrasKeiits riiiLosopiiioüEs.

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DE LA SPONTANÉITÉ ET DE LA «ÉI LEXION ‘r>l

même de la pensée qu elle aperçoit nettement, parce qu’elle la considère distinctement, c’est-'a-dire divisée en deux parties, a savoir ; la pensée en tant qn’elle si* replie sur elle-même et se contemple, et la pensée en tant qu elle est contemplée.

La pensée (jui contemple est le sujet de la réllexion ; la pensée contemplée en est l’objet.

Pour parler comme Ficlite, le sujet se pose lui-même, et dit je, moi; mais en même temps qu’il se pose, il s’oppose ou plutôt il rencoittre un objet opposé, lequel, dans sou opposition au sujet moi, est appelé nonmoi.

Le moi et le non-moi nous sont donnés simultanément et distinctement dans une opposition, dans une limitation réciproque.

Les deux termes de cette opposition sont et ne peuvent pas ne pas être deux êtres (inis, imparfaits, contingents.

Or, en même temps que nous apercevons l’imparfait, le contingent, le lini, nous concevons et ne pouvons pas ne pas concevoir son contraire, l’infini, l’immuable, l’éternel .

Comme dans les développements les plus élevés de la science humaine, nous ne dépassons pas les limites du fini et de l’infini; il s’ensuit que tous les développements nltérieurs de la science humaine sont déjk contenus dans le premier acte de réllexion ; mais le premier acte réfléchi n’est pas le premier fait de l’intelligence.

Que le point de vue réflexif présuppose un point de vue antérieur, c’est ce que la nature de la réflexion et la logique démoatreni suffisamment. La réflexion est une

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opôralHHi essentiellement rétrograde ; nous ne débutons pas |)ar la réllexîon, car rélléchir c’est distinguer, et distinguer c’est nier en queUpie degré, mais pour nier, il faut avoir alllirmé ; donc tout jugement négatif, distinctif, réllexif, présuppose un jugement antérieur affirmatif. positif, complexe et indistinct.

La réllexion ou la liberté est le plus haut degré de la vie intellectuelle ; par cela même elle n’en est pas -le commencement.

Le mot liberté peut se* prendre dans deux sens différents. Ln acte libre se dit excellemment de celui (pi’un être produit parce (pi’il a voulu le produire ; parce * (jue, se le représentant, et sachant par expérience qu’il peut le produire, il lui a plu vouloir exercer, relativement ’a cet acte conçu d’avance, la puissance productive dont il se sait doué. Telle est la liberté proprement dite ou la volonté.

Un être peut être encore appelé libre, lorsque les actes (pi'il produit sont le développement d'une force (|ui lui appartient et qui n’agit que par sa propre vertu. Par exemple, si une force extérieure pousse mon bras à mon insu ou malgré moi, ce mouvement de mou bras ne m’appartient pas ; et si l’on veut appeler ce mouvement un acte, ce n’est point un acte libre dans aucun sens ; le mouvement de mon bras tombe alors sous les lois de la mécaniipie ; ce n’est point par mes propres lois individuelles que j’agis, ce n’est pas même moi qui agis, c’est l’univers qui agit par moi. Mais lorsqu’à l’occasion d’une impression sensible l’esprit entre en exercice par son énergie native, et produit un acte quel-

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