‹ Premiers essais de philosophieChapitre 54 sur 59 · CT)MMENCKMENT DE L'HIST. DE LA PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

CT)MMENCKMENT DE L'HIST. DE LA PHILOSOPHIE

L'histoire de la philosophie n'est donc pas contemporaine de l’histoire de l'esprit humain. Celle-ci est heancoup plus étendue que celle-l'a ; elle n’est pas moins intéressante, mais elle est nécessairement plus obscure. Aussi, quand la philosophie remonte au delh de l’époque où elle est née et s’enfonce dans les origines de la pensée humaine, elle sort de son domaine proprement dit, et court le risque de se perdre dans de profondes ténèbres. Son premier elforl doit être de déterminer et de circonscrire le champ de ses recherches; il est d’ailleurs assez étendu.

Par ces considérations, nous ne pouvons approuver les historiens de la philosophie qui, pour se placera son origine, remontent jusqu"a celle du genre humain, et se livrent 'a des hypothèses arbitraires, totalement indifférentes et étrangères h leur vrai sujet. Confondant sans cesse la pensée et la philosophie, ils demandent 'a l’état sauvage des systèmes où il n’y a que des croyances, et parce que, grâce à Dieu, nulle génération humaine n’est déshéritée d’intelligence, où il ne faut voir que des hommes, ils croiént trouver des philosophes. L’historien de l’humanité et des religions, qui en sont le développement le plus immédiat, doit sans doute poursuivre les moindres vestiges de la pensée de l’homme sous les formes religieuses les plus grossières; mais l’historien de - la philosophie ne doit prendre la pensée qu’au point où elle se manifeste sous cette forme spéciale qui constitue la philosophie. On sonlTre de voir Brucker divisant l’histoire de la philosophie en philosophie antédiluvienne et post-diluvienne; dans cette dernière, distinguant ce

5ïO PREIIIETIS ESSAIS, — ANNÉE 1817

(|u'il appelle la philosophie barbare d'avec la philosophie des Grecs, et dans cette dernière encore plusieurs sortes de philosophies, la philosophie mythologique, la philosophie politique et la philosophie artificielle, avant d’arriver à la philosophie proprement dite ; enfui, dans un appendice , sous le titre de philosophie exotique, cherchant dans l'Amérique des vestiges de philosophie, et, faute d'en trouver, nous racontant des mythes et des fables, qui appartiennent bien, nous le répétons, à l’histoire de l’esprit humain, mais non pas 'a celle de la philosophie. Personne ne rend plus justice que nous 'a Brucker, si infatigable dans ses recherches, si exact dans scs citations, si scrupuleux dans ses jugements, et qui a élevé le premier grand monument en l’honneur de la philosophie; mais ce monument serait plus admirable encore si une ordonnance plus sévère eût retranché le luxe surabondant des constructions accessoires, et mené plus directement au sanctuaire.

Selon nous, il faut retrancher de l’histoire de la philosophie toutes les hypotlièses tirées d’un prétendu état sauvage ou d'une civilisation première supérieure aux civilisations qui l’ont suivie ; car tout cela n’est pas même de l’histoire. Peut-être même faudrait-il retrancher toute l'époque orientale*. En effet, l’Orient, à le prendre en masse et dans ses rapports les plus généraux avec l’Occident. présente tous les caractères de celte spontanéité

‘ .liigcinenl ciccs.'.il'. Plus lard, nous avons i.mis-inôinc l'ail cnlrer la pliilosopliio iiulicnno dans l'Insloiro do la pliilosoplne. Voyez 11“ s«‘rîe de nos cours, l. Il, E$<iuivie<ft l'Mtloirc yriimdr <Jr la pAilomp/iie, leç. V el ' J,

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