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Journal des Savants^ septembre 18&7, p

paresseuses. A la fin^ il ne reste plus que la syllabe ao ceniuée qui a fait noyau.

Pourtant Ton rencontre quelques exceptions, c'est à*dire quelques cas qui prouvent qu'au moment de la transformation, les populations accentuaient certains mots, déformés déjà, autrement que ne faisait la latinité: rogitus pouv rogatus, provùus ponTprobciius^ etc

Car, en beaucoup de cas, les mots ne dérivent que médiatement du latin, et il a existé un mot qu'on peut appeler ôas-latïn^ et qui sert d'intermédiaiiv. Hais H. Diez a grand soin de distinguer deux sortes de bas-latin : a L'un, qui appartient aux premiers siècles, alors que les langues populaires étaient plus voisines de la source latine : celui-là est une mine féconde. L'autre, dû aux notaires et aux moines^ alors que les langues nouvelles commençaient à s'écrire, est dénué d'importance. » La bautepériode du bas-latin était une époque encore vivante.

Quand je parle de l'accent latin déterminant le point essentiel des mots dans le travail de transformation, il n'est pas question, bien entendu, des mots qui ne s'introduisirent que tard depuis la Renaissance, et qui sont copiés et pris du latin lu et non parlé. Ainsi, en français, on a fait de minimus, minime; d'urbamtasy urbanité; de grandiloqueniiay grandiloquence; de jubikare^ jubiler^ etc. Ces mots-là sont des mots morts qu'on a calqués à plat sur le papier ^.

]. De mmimitSi accent étant sur mV, on avait fait dans l'andeD

a £n mettant rigoureusement sur le terrain de la nutation des lettres et des formes l'étymologie des langues romanes, M Diez a trayaillé à augmenter la précision des recherches et des résultats, et plus que îamais il faudra, dans les investigations qui auront ces langues pour objet, suivre maintenant son exemple *. j»

Fucbs, qui a consacré un livre à l'étude de la transmission du latin aux langues romanes, a mis en avant une opinion, une doctrine qui, bien qu'elle semble d'abord excessive, a trouvé des partisans éclairés. Il pense a que les langues romanes sont une évolution na» turelle du latin, qui s'est opérée à peu près comme si les Barbares n'étaient pas intervenus, et par la marche simultanée, bien que contraire, d'un latin classique qui s'éteignait, et d'un latin vulgaire qui se perfectionnail. Dans ce système, dont il a été le principal défenseur (je me sers de TexposiUon qu'en a donnée M. Littré), on considère toutes les modifications qu'a subies la langue latine pour devenir langue romane comme un produit régulier de la loi de changement. Mn d'autres termes, ce n'est point le mélange et l'influence des Barbares qui ont causé des altérations ; ce

français moime, qui, dans le patois da Morvan, veut dire ie plus petit; dejubilare, dans le patois du BevrUjedler; de ruminare, non pas ruminer ^ mais roinger^ d'od ronger. (Journal des Savants U57, p.681.)

1. Voii>) dans le Journal des Savants d'avril, mai^ août, septembre 1855, les articles de M. Littré*

fô6 PREHIfiKS liUNDia.

n'est pas la 'décadence politique et iatellectaelle de TEmpire qui a réagi sur le parler et y a iiikodiût toutes sortes de fautes contre l'analogie; il n'y a eu dans ce grand phénomène ni viciease intervention de rétraager, ni appauyrissement graduel des sources du savoir et ée la grammaire : mais les germes analytiques qu'on peut voir poindre sous la forme synthétique de l'édionie latin se sont développés. Ei pour ioiA dire, quand tnôme l'Empire, au lieu de succocnber sous TefiFort de ses ennemis et d'être en proie à une longue invasion, •eût oontrDué à exister ou se fCkt dissous par la seule réaction des éléments contenus en son propre sein, le latin ne s'en serait pas moins transformé en langaes romanes avec tous les caractères qu'elles possèdent. Ces langues sont pures dans leur transmission; elles oirt suivi, ou plutôt le latin a suivi en elles une marche nécessaire et ascendante, qui l'appropriait au nouvel esprit des temps nouveaux. C'est devant cette influence qu'ont disparu les cas et le passif. Les difTérences ne sont pas des solécismes; l'analogie a été non faussée, mais étendue, et entre le latin et le roman, il ne faut admettre qu'un néologisme qui devint de jour en jour plus indispensable *. •»

1. Journal des 'Savants^ 1S56, p. 282. — C'est la vue la plus opposée à celle d'autres érudîts, qui cherchent la source du roman dans la seule corruption du latin et qui disent : oc L'origine du roman remonte donc au premier barbarisme que les Gaulois ajoutèrent & la langue latine. » (Edélcstand Du MévW^ Essai philosophique sur la formation de la langue française^ 1832, p. 135.)

Il y a an fond, et derrière oe syslème, tout on sysème piûlosopbiqae de la perfectibilité de Tesprit lumain^qui le domine etqui Tenhardit — Mais même le ces «ystèmes excessifs, quand ils sont maniés et ippliqnés par des hommes de talent et de forte étude, 1 reste toujours de certains points acquis et de profita- Dies dépouilles, comme de ces conquêtes poussées trop loin et dont on est forcé de rendre nne partie. Biais dont on garde quelque icbose.

M. Burguy, le saraot auteur de la Grammaire de la langue éToti^ s'est rangé (ce qui étonne un peu) à Topinion de Fucfas. Cet habile grammairien pense, comme lui, que les langues romanes sont un développement organique du vieil idiome latin vulgaire. Pour preuve de l'étroite liaison qui existe entre les langues romanes et ce vieil idiome vulgaire latin dans le genre fles substantifs, il cite les mots : fronSy le front, masculin dans Plaute; pulviSy la poudre, féminin dans Ëonius; cupressm^ laurus^ masculins dans Ennius. Ces genres, qui ont changé depuis dons le latin littéraire, se retrouvent les mêmes dans le français. Ce sont ^> tl faut l'avouer, des analogies bien légères et bien lointaines.

W. Littré, tout en inclinant à la conclusion de M. Burguy, que « les langues romanes doivent être considérées comme tm progrès sinon total, du moins partiel, par rapport à la langue latine, » n'accueille pas sans de grandes réserves cette idée d'évolution et cet

idéal de pureté. Il fait la part irrécusable de la pério<] de corruption, de dégradation, d'écrasement; ma aussi il admet un autre agent latent, progressil analytique, conforme à la marche et à l'exigenc croissante de Tesprit humain : « Ainsi, dit- il, dans ce langues novo-latines ^, qu'au premier abord on preni pour des types dégradés, en voit apparaître l'un de éléments les plus précieux pour la précision et k clarté, à savoir l'article. L'article manque en latin, e c'est certainement une imperfection réelle; mais i| existe dans les langues romanes, chez qui c'est certainement aussi un perfectionnement. » Vous savez, messieurs, qu'à Tépoque la plus brillante et la plus pure de la langue latine, Auguste était tellement préoccupé de la clarté et de la précision qu'il sentait bien que cette noble langue n'avait pas au même degré que la dignité ou la grâce, qu'il n'hésitait pas à ajouter des prépositions aux verbes, à répéter les conjonctions : « Prœcipuamque curam duxity sensum anmi quam apertissime exprimere : quod quo facilius efficeret^ aut necubi lectorem velaïkditorem obturbaretac moraretw, negue prœposttiones verbù addere, neque conjunctiones sœpius iterare duhitavit^ quœ detractœ afferunt aliqyià obscuritatis, etsi gratiam augent K » Les langues ro •

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