Et non pas néo^latines, qui est un mot hybride
2. Suétone, Odav. August,,hTL%xyi.U, Egger a remarqué qu'Auguste écrivait plus volontiers includere in carmen que includere carminé, et impendere in aliquam rem que impendere alicui rd*
lanes^ le vieux français en particulier^ tout en dégnrant à tant d'égards et en étant si prodigieuseaent loin de valoir la langue d'Auguste, s'achemilaient du moins à répondre, en fait de clarté et de )récision» à. la grande préoccupation d'Auguste.
Je ne fais que vous poser toutes ces questions, non pour vous les résoudre, non pour les discuter même en grand détail devant vous, mais pour vous avertir qu'elles sont posées, et pour que quelqu'un de vous, un }o\\r peut-être, s'y applique et se fasse honneur à son tour dans ces études ingénieuses et sévères qui exigent, vous le voyez, la connaissance approfondie de la latinité, — de toutes les latinités. Je ne suis et ne puis être que le doigt qui indique le chemin.
M. Littré promet de donner, d'ici à un au ou deux, un Dictionnaire complet de la langue française, y compris la vieille langue : le Glossaire de Roquefort n'est qu'une ébauche dès longtemps insuffisante. Ce D'iclionnaire, tel qu'on peut l'attendre de M. Littré, joint à la Grammaire de M. Burguy, fournira un nouveau point de départ et une nouvelle base solide aux travailleurs.
Je ne dois pas vous dissimuler que ces résultats ^ssez imprévus, et plus précis qu'on n'était accoutumé & les obtenir et à les attendre en pareille matière, i^'oQt pas commencé à se produire sans soulever des objections parmi nos érudils. Un homme du plus grand mérite et des plus savants, qui l'est presque trop, tant
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il sait de choses à la fois, et que. j'aaraîs ééjk. dû nom mer, si je ne l'avais tenu en réserve pooir ce momenl M. Edélestand Du Méril, qui a publié Ini-mêmi des ouvrages approfondis sur le moyen âge français e bas-latin, et qui a regardé de très-près à toutes ce questions d'origines, a exprimé die» doutes^ et souteni que tenter d'appliquer h notre vieux français cette rigueur . grammaticale, cette précision philologique^ vouloir en traiter le& texte» manuscrits Gomme Ton a fait les livres venus^de l'antiquité^ c'était rapprocher des choses profondément dissemblables, c'était £aire une création rétroactive, supposer aux moniMmenls du vieux français une pureté systématique qui lui est le plus étrangère, et chercher, dans ce qui est de soi informe et variable à l'infini, un ordre et une règle qu'on peut y mettre à toute force, mais qui ne s'y trouvent point *. De telles objections , qui nous avertissent nous-mêmes de ne nous avancer en tout ceci qu'avec prudence, me feraient encore plus d'impression, je l'avoue, s'il ne me semblait qu'elles supposent entre d^aussi estimables hommes d'étude plus de dissidences qu'il n'en subsistera après éclaircissement, et je ne doute pas que les esprits sévères auxquels elles s'adressent ne soient disposés à tenir compte de tout ce qu'il y aura de fondé dans une opinion qui se fait plus contraire qu'elle ne peut Têtre : car enfin on ne dit pas,
1. Floire el Blancefior^ Introduction, p. ccx-ccxxiv, ISfiiQ.
ORIGINES DE hX IiAΫ6UE. iZi
i'un eôté, qa'il n'y a, du xi* an xinf siède, qu'une seule langue française uuiforme^de nême que, de^al^- Ire côté, ou ne peut pas vouloicdire qu'il y a autant d* langues^ françaises différentes qu'il y a de manuscrits ou de cLocliers.
Qiiajïd je vois la Goaunission de l'Hialoîre littéraire de Fsance composée cooune elle Test aujourd'hui, et les écoles diverses, les^ diverses qaaiités^ d'esprit si bien représentée» en son sein, sous la présidence du rcspeetable M. Victor Le Clerc, qui y est autre chose encore qu'un modérateur et arbitre, qui est un iravail-^ leur zélé et qui a su trouver pour le» monuments de nos vieux âges une flamme égale à celle qu'il eut ^^dis pour Cicéron; quand je vois M. Paulin Paris à côté de M. Littré, j'ai bon espoir; il me semble que c'est d'un concours et non d'un conflit que sortira. le progrès désiré, et que l'expérience, l'esprit philosophique, la méthode philologique et la pratique consommée des textes s'appuient de tous côtés, se corrigent et se complètent :
• . •.....•• iUterias sic Altéra poscit opem res, et conjurât amice
Il ne me reste plu^ qu'à mentionner un livre tout récent, produit direct de l'érudition française, celui de M. de Chevallet, qui, reprenant la question au point où l'avait laissée Fallol, Ta traitée avec une méthode tout expérimentale, n'a épargné ni recherches ni comparaisons de toutes sortes, pour discerner les éléments
du vieux français, élément latin^ celtique ^ germanique^ pour en établir le compte autant que possible et ei| fixer les proportions, pour faire l'histoire et dresset comme Télat civil des mots provenant des trois races; et l'auteur s'y est consacré avec une telle ardeur, il s'est tellement prodigué de sa personne dans des voyages et des séjours en divers pays, partout où il espérait recueillir des vestiges utiles, qu'il s'y est à la lettre consumé : la mort Ta saisi comme Faliot à la fleur de l'âge, mais du moins après qu'il avait pu voir ce premier et considérable résultat de son effort conduit à bonne fin et couronné. Le livre de M. de Chevailet, plein de faits, de considérations prudentes, incontestables, me parait être l'œuvre la plus complète ù*ua homme sorti de l'école française et formé à la méthode de M. Guessard.
J'ai voulu, messieurs, dans ce long exposé, vous donner une juste et pleine idée de l'importance du problème qui se présente d'abord à quiconque veut étudier la littérature française à son origine. Maintenant, ce problème, qui en est un, à proprement parler, de haute chimie linguistique^ je ne le traiterai pas à fond devant vous. En fussé-je capable, ce ne serait point le lieu : car notre objet et notre devoir, bien que nous ne soyons point ici pour cueillir seulement des fleurs, et que nous ne craignions point de rechercher les racines, c'est avant tout de vous offrir et de vous fi\ire goûter les fruits. Ces fruits de la littérature du
moyen ftge, nous y atteindrons le plus tôt possible; après avoir passé par les rudiments indispensables et nous être rendu comptei seulement pour la bien comprendre, de la question primordiale et de formation^ nous arriverons après deux ou trois journées, nous nous arrêterons devant les premiers monuments, et de ceux-ci nous passerons à d'autres, et ainsi de suite sans plus cesser, en quête par-dessus tout de l'excellent : car, encore une fois, nous sommes ici pour professer la langue, la littérature cultivée, perfectionnée, celle qui ne reste pas à l'état acéphalique, anarcbique, mais qui a une tête, qui, maltresse d'elle-même, se gouverne, réagit en tous sens et s'impose, qui enfin, comme la race et comme l'esprit français qu'elle représente, a et gardera longtemps, nous l'espérons, son unité, sa grandeur et son empire.
êi juillet laOft.
LE EOI JÉRÔME'
Un adieu suprême est dû au dernier représentant de la grande époque, au dernier né de la première génération des Napoléons, et qui vient de disparaître aussi le dernier. Le prince Jérôme rassemblait en lui et personnifiait tous les souvenirs, toutes les péripéties de ce siècle étonnant. Il n'avait que douze ans lorsque le héros de sa race se révélait en Italie comme le premier général des temps modernes; il n'en avait que seize lorsque la France saluait du nom de Consul le conquérant de l'Egypte et de l'Italie; il en avait vingt quand l'empereur prenait son rang en Europe, le front ceint de la double couronne : il fut enveloppé dans sa fortune. Dès l'enfance, il avait été l'objet de sa sollicitude et de ses tendresses. Mais les tendresses
1. De même qu'un article sur la mort de Béranger, recueilli depuis dans le tome XV des Causeries du Lunrîi, l'article suivant parut en vremier-PaHs, et sans signature dans le Moniteur universel .
!LE ROU ir6ÊBK>M£, 135
d'im béros ne ressemblent point à celles dn reste des iiemmes : l^aigle n'enconrage ses petits et ne les porte -encore enfants sur son aile que pour les mieux accou-tniner aox abtmes.
Être le frère d'un grand homme, d'un de ces génies de ciTiiisation et de ces fondateurs qui créent tout autour d'eux et qui inaugurent leur race, est à la îois un grand honneur et un grand fardeau. Il faudrait savoir et se donner et se doubler en quelque sorte, élever son oosur en même temps qu'anéantir sa volonté propre, com^endre d'un seul coup d'œil toutes les destinées futures qui intervertissent l'ordre antérieur et s'y résigner en grandissant. Les plus nobles natures, quand elles sont déjà fastes <et formées, éprouvent de la difficulté à ce rôle complexe qui exige des qualités presque contraires* Le prince Jérôme^ plus jeune, devah y entrer plus aisément. L'empereur le destinait d'abord au service de mer. Il y faisait depuis dnq ans son apprentissage, et il avait passé par les divers grades depuis celui d'aspirant, lorsque Napoléon, dans une lettre datée de Milan et adressée au ministre de la marine (29 mai 1805), disait de lui : « H. Jérôme est à la voile à bord de sa frégate ; je vous « ai déjà fait connaître que vous rangiez sous son « commandement tlncormptibk et TUranie. Il a de (I l'esprit, du caractère, de la décision et assez de « connaissance générale du métier pour pouvoir se « servir éa talent 4es autres. » Dans une autre lettre
du môme jour, Napoléon écrivait à Jérôme lui-môme : < Mon frère, je vous envoie une lettre du ministre de a la marine ; vous y verrez tout le bien que vous pou- « vez faire à mes flottes par une bonne conduite. Il ne « me manque point de vaisseaux, ni de matelots, c ni d'un grand nombre d'ofQciers de zèle, mais il me a manque des chefs qui aient du talent, du caractère « et de l'énergie. »
Le désir, le besoin de Napoléon eût été de susciter quelque part, dans les rangs trop éclaircis de ses flotte^^ un grand homme de mer et du premier ordre, qui pût tenir en échec la puissance rivale dans cette moitié flottante de l'empire du monde ; mais un tel génie, à la fois supérieur et spécial, se rencontre quand il plaît à la nature, et ne se suscite pas. L'empereur ne trouvait de ce côté que du zèle, de l'habileté pratique, des talents partiels, des courages invincibles et à l'épreuve même des revers. Le prince Jérôme se signala honorablement. Capitaine de frégate, ayant ordre, en 1805, d'appareiller avec la Pomone et deux bricks pour se rendre dans les eaux d'Alger et y réclamer du Dey 250 Génois pris par les corsaires algériens et jetés dans les fers, il montra une énergie, une volonté devant laquelle la puissance barbaresque dut plier. Il ramena les Génois délivrés, et reçut le grade de capitaine de vaisseau.
Mais il fait preuve surtout de résolution et d'audace lorsqu'à bord du Vétéran^ en route pour la Martinique,