Article publié par le ConstilutionneL
H. de Persigny n'a cessé de remplir depuis des années dans le département de la Loire, dans ce vieux pays du Forez qui est le sien et où il s'est acquis une popularité, une amitié de toutes les classes, qui ne cherche que les occasions de se manifester. Voilà, me disais-je en paroeurant le recueil local où Ton a réuni les touchants témoignages rendus à M. de Persigny daujs ses visites à SainL-Étienoe et à Montbrison, et qui sortent tout à fait du ton officiel, voilà une province qui vit, qui échappe au reproche qu'on a souvent adressé à notre centralisation admimstralÎTe, d'ailleurs si utile, de n'être qu'un mécaniBine, « ensemble de rouages, et de laisser en dehors ts coentr et l'âme des populations. Les provinces autrefois vivaient, mais elles se cantonnaient aussi ; elles se séparaient volontiers du centre : ici en voilà une qui snbsiste ou qui revit avec un: tondsr rfe souvenir», d'affections, et qui cependant ne ffond'e pas. Le vieux cœur se remet à battre à travers les maille» du réïseau moderne et ne cherche pas à le brider. On a pourtant souffert dans ce pays de Saint-Étienne aut-ant et plus que dans d'autres depuis* deux années; l'industrie y a traversé une pénible crise*; mais on a eu- lia fbfce dte soxt&rir sans s'irriter, sans aecuser le gonveraernenlr qu'on savait attentif et plein de sollicituete Tes piàiiDlfes étaient patientes, elles> sentaient qu'elles arrivadent en lieu sûr, »t personne n'eût dît ce mot injuste : Ah I si F empereur k savait l Cette confiance,., cette, uaîoai cette fii-
LA DIANA. iM
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sîon des diTerses ciassesduis un mérae intérêt, dans un même sentimeat, offre nàk spectacle qui fait du bien. La France est une t>ette pairie ; elle a de ces jours où tous les cœurs n'ont qu'un seul rœu, qu'un cri édataat ; ce sont des journées héroïques, populaires, militaires, m6me civiles, où l'on se retrouye, où tout se confond ; dates immortelles, véritables époques dans notre histoire I elles consolent de bien des inter<* valles. Mais aussi dans ces întervalles, fue de misères, que de tiraillements, que d'inconséquences, que de velléités chétives, que de boudsrîes eontve ce qui existe, que de taqmneriei de méchants enfents (et il y en a dans le nombre qui devraieni ftre sages, car ib scmt grands et même célèbres), et combien ils seraient attrapés tout les premiers si un mauvais Génie les prenait au mot ! En ces tristes journées on est tenté de se demander vraiment si Ton est une nation forte, sérieuse, ayant le caractère fait. Oh 1 si Ton pouvait sur tons les points de la France, à commencer par nousmêmes au centre, inspirer un esprit 4*union qui ne soit point de servilité, mais d'affection i une diose commune, à une seule et même diose qui soit nôtre, et qu'on n'aspire qu'à améliorer, à perfecticMmer, eh 1 comme alors la France serait belle et forte, non-seulement dans ces grands jours qui ne sont qu'à elle dans l'histoire et par où elle éclate au monde, mais au^i dans ce tem kê jêvfn qui est bien de quelque prix dans la vie^es peuples et dans celle des individus.
Que chacun y travaille selon ses forces, à sa portée, ou sur plusieurs points ou sur un seul. II faut rendre à M. de Persigny cette justice qu'il a dans le cœur ce je ne sais quoi d'élevé qui répond bien à un tel sentiment, qui y sollicite et peut y rallier même des adversaires, qui va chercher en chacun ce qui est vibrant, et que le sentiment napoléonien historique et dynastique tel qu'il le conçoit dans son esprit et dans son culte, tel qu'on l'a entendu maintes fois l'exprimer avec une originalité saisissante (toute part faite à un auguste initiateur), est à la fois ami de la démocratie, sauveur et rajeunisseur des hautes classes, animateur de la classe moyenne industrielle en qui il tend à infuser une chaleur de foi politique inaccoutumée.
En revenant au discours du Forez, on retrouve là dans la piquante théorie de la noblesse qui, à la bien entendre, n'est plus un privilège et doit se répartir à divers degrés entre tous les individus d'un même pays, une variante ingénieuse pour exprimer ce sentiment patriotique d'union. Il n'y a plus de démocratie absolue ; il n'y a plus d'aristocratie retranchée : nous tous, enfants d'un môme pays, nous nous divisons inégalement et à Pinfini en deux classes qui se modifient, se pénètrent et travaillent à se refondre chaque jour en vertu d'un va-et-vient aussi naturel que l'est dans le corps la circulation du sang ; parents riches et parents pauvres, voilà toute la différence. Puisse une ex-