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LE SÉNATUS-GONSULTE
Toot a été (fit sur le sénatns-cansultc, et dans le Sénat, et au dehors dans la presse; je n'ai certes pas la prétention de TÎen trouver de nouveau ; mais en présence d'un acte de cette inbportanee, quand on a soimême à le voter, il est du devoir de se rendre compte des motifs de sa détermination^ et aussi d'en rendre compte brièvement au public.
Une chose me frappe avant tout dans celte dernière mesure, à la différence d'autres mesures libérales plus ou moins analogues qui l'avaient précédée : c'est que celle-ci était nécessaire. M. le rapporteur lui-môme l'a
1. Cet article était précédé, û&a& le Temps^dB la lettre suivante : « Mon cher Nefftzer, ma santé décidément (je ne m'en aperçois que trop à la dernière heure) m'interdit d'aller prendre part au Sénat à une discussion pour laquelle je m'étais fait iascrire. Vous mo demandez ce que j'aurais dit: je vous envoie ce que j'avais préparé, en le réduisant à sa plus simple expression : c'est surtout quand on se sent inotilBf qu'il convient dTfthréger, »
reconnu. Le message du 12 juillet dernier et le sénatus-consulte ont été inspirés ou dictés par la nécessité. Ce n'est pas une raison pour moins reconnaître la sagesse de Tempereur. Je dirai même qu'il y a peut-être plus de mérite à faire à temps un acte politique nécessaire qu'à en risquer parfois de généreux, mais d'intempestifs, je veux dire qui n'étaient ni attendus, ni préparés, ni concertés, qui étonnaient même ceux-là tous les premiers qu'on chargeait ensuite de l'exécution : il en résultait que ministres et Chambre s'y prô. taient d'assez mauvaise grâce et à contre-cœur. On se comportait exactement des deux parts comme si Ton s'était dit : « L'empereur vient de faire une imprudence ; lâchons qu'elle soit la moins forte possible. » Ici du moins rien d'ambigu; l'opportunité est claire, manifeste, impérative: la Chambre a donné le signal, l'empereur y a répondu ; tout le monde est préparé et averti ; il importe que rien ne soit éludé d'un grand acte; qu'il trouve ses exécuteurs convaincus et sincères, et qu'il sorte pleinement tous ses effets. Cette idée de nécessité a aussi cela de bon qu'elle doit couper court à tous les regrets, à tous les gémissements rétrospectifs ; que, quelles qu'aient été à nous tous, amis de l'empire dès la première heure, nos vues d'avenir, nos ambitions pour ce régime d'une dictature éclairée et progressive, nos espérances plus ou moins réalisées, plus ou moins déçues, nous n'avons plus qu'une seule idée à suivre, un seul soin à prendre : — entrer sans arrière-pensée de