‹ Premiers poèmesChapitre 5 sur 29 · MÉLOPÉES · texte numérisé non relu

MÉLOPÉES

L'accalmie s'impose morne et monotone.

Pénible, le sommeil de Vidée, Les souvenirs glissent au bleuâtre lointain^ si frètes^ appAlis^ mélancoliques.

Le théâtre on ne sait oà; les figurines, dans une triste apothéose, passent, ploient, virent à Voubli.

Les forces perdues, V indulgence est venue y et la recherche de minutes inoubliables de silence, hantées de douceur et de douleur^ consolatrices en la mé-moire *

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LES PALAIS NOMADES

Je veux, dans le lointain mat et crépusculaire

Du souvenir, figer Timage que j'aimais,

Que mon hiver s'imprègne aux ciels des jolis Maïs î

Et toi qui traversas mon rêve, ô tutélaire,

Dont j'abdiquais jadis les lèvres pour jamais,

Reparais au palais noir de la conscience.

Tes cheveux, les rivaux du soleil ; ô le roux

Infini qui s'étend et balance, courroux

Des blonds exaspérés ; mon rêve se fiance

Au passé, livre enclos, très loin sous les verroux.

Son regard était doux; pourquoi pas de colère? L'oubli, vieil écraseur des roses et des lys. Verse l'apaisement dans les corps démolis, Et la soif des regrets cuisants se désaltère. — Regard bleuté, subtil fauteur de lents délits.

l'REMIEHS POEMES

Son âme — Apparaissez, lunaire défiance, Accoudements pensifs, triste sérénité ; Altesse drape- toi dans ta dualité De remords qui s'estompe et de câline enfance^ Débris où fleurissait de la divinité.

Sa voix ne chantait rien qui s'ébatte ou qui rie ; Un peu de deuil seyait aux modes musicaux, Et les notes glissaient leurs rayons amicaux Comme vers une vague et lointaine Uranie, Vert des pâles azurs, des obscurs idéaux.

Plus jamais je ne veux venir à ta caresse.

Masque pâle et poli d'anciennes douleurs, Nimbé de lente grâce et choyé des couleurs, Profond de souvenirs : boucle d'or en la tresse Des vieux mois abolis et des présents malheurs .

baiser qui s'en va vers l'ombre, et s'y marie !

Passe dans l'horizon que j'exige, frisson,

Mon esprit enlisé s'écoute à ta chanson,

Le fleuve aux quais souffrants du calme te charrie

Dans les douceurs, les songes morts et les tessons.

GooQle.-.\

Voix de rheure implacable et lente, Timbre avertisseur du passé, Encore un lourd pan de Tattente Qui s'est écroulé fracassé!

Rien dans le passé, rien dans le présent. . . Encore un lambeau d'heure évanouie I Un semblant qui s'en va des printemps séduisants, Un départ, un baiser, une note inouïe.

Oh ! le douloureux infini Qu'on ressent aux larges musiques, Au delà des clartés plastiques Dans les puissances mécaniques ^ Oh I le douloureux infini I

LES PALAIS NOMADES

Rien dans l'avenir, rien dans le remords !

Le cœur est blessé d'une flèche étrange ; Un désir pénétrant et vagcue qui le mord, Concert inexpliqué qu'un accroc bref dérange !

Reine des Ijs, blonde oublieuse, enfant perdu, La cime des regrets dans les brumes se dore

Et s*adore En un réveil des fronts appâlîs et fondus.

Les midis jaunes et les soirs blancs.

Tristesse morne des pensers lents, Chaloupe oscillante aux palans Appareille vers plus troublant.

Se fondre I ô souvenir des lys, acres délices 1 Plus de fanal au port, et plus d'espoir aux lices ; Enterrez plus profond les vases des prémices !

GoagJ/^.-

LES PALAIS NOMADES

Chantonne lentement et très bas... mon cœur pleure. Tristement, doucement, plaque Taccord mineur; Il fait froid, il pâlit quelque chose dans Theure... Un vague très blafard étreint Tâpre sonneur.

Arrête- toi... c'est bien... mais ta voix est si basse?... Trouves-tu pas qu'il sourd comme un épais sanglot ? Chantonne lentement, dans les notes il passe Vrillante, Tâcreté d'un malheur inéclos.

Encore 1 la chanson s'alanguit... mon cœur pleure ; Des noirs accumulés estompent les flambeaux.

Ce parfum trop puissant et douloureux qu'il meure Chant si lourd à l'alcôve ainsi qu'en un tombeau. D'où donc ce frisselis d'émoi qui me pénètre, D'où très mesurément, ce rythme mou d'andante? Il circule là-bas, aux blancheurs des fenêtres. De bougeuses moiteurs, des ailes succédantes.

66 PBEMIEHS POÈMES

Assez! laisse expirer la chanson... mon cœur pleure; Un bistre rampe autour des clartés. Solennel Le silence est monté lentement, il apeuré Les bruits familiers du vag^ue perennel.

Abandonne... que sons et que parfums se taisent I Rythme mélancolique et poig-nant I... Oh! douleur, Tout est sourd, et grisâtre et s'en va I — Parenthèse, Ouvres-tu l'infini d'un éternel malheur?...

LES PALAIS NOMADES

Fin des bruits ; des pâleurs, de la paix, de la nuit. (O Miroir argentant les roses éphémères Dans leur cadre d'ébène ou d'or) et les chimères Mentent les doux lointains d'un lac profond qui luit.

Des pas^ et le frisson qui s'amuse aux feuillures. Deux à deux, lentement, puis fini de glisser; La Lune souriante et chaste et sans allures , les Léthés î trouver plus sombre et plus passé.

Un peu de blond, un peu de bleu, un peu de blanc. Pourras-tu revenir dans les soirs, ô vieux rêve I L'Andante qui finit pare Talbe de l'Eve ; Un peu de son, des parfums doux et du très lent.

Venez, les dispersés, pleurer les inécloses I

Et remords de partout et de toujours, nattez

Autour des morts de fleurs, pour leurs métempsychoses

Des corbeilles de fer avec vos vérités.

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