IV
Timbres oubliés, Timbres morts perclus.
Pas d'une autre glissant à la rue, Chansons d'amour et vols de grues Dans d'improbables firmaments,
Les futurs sont à vous^ puisque le vent emporte Vers des cieux, et des lunes, et des flores Vos petits frissons que nul ne peut clore Votre âme a glissé sous les lourdes portes Vers d'imaginaires Lahores.
Timbres oubliés des charmants jardins, Timbres argentins des Thulés lointains, Timbres violets des voix consolantes Ëpandant graves les bénédictions, Timbres bleus des péris aux féeries, Timbres d'or des mongoles orfèvreries Et vieil or des vieilles nations 1...
O mon rêve mi-clos, berce-moi vers ta bouche,
£t tes bras /et tes bras, satin, nacre et satin, Voici que le désir embouche
Les trompettes d'or des triomphants matins Vers les graals aux parvis d'aurores Vers les graals dont tu décores
Les lents palais de rêves aux offices matutins.
Gloire à tes pas futurs raisonnant sur les dalles A la clarté mythologique des salles.
O mon rêve mi-clos, berce- moi, berce-moi Vers des clartés à toi, de toi, qui soient ma loi .
De ces plaintifs et tristes moi Mène le troupeau doux vers Tarabesque égale
De ta suprématrice loi.
LKS PALAIS NOMADES 77
Chair d'ambre, clarté dense,
Frisson qui danse Étirant Tétcrnel appel Et voltant dans l'irréel, Vers les confins du baiser tu t'élances.
Cycle et volute
En trilles de flûte Vers des paradis pleins de nus inconnus
Forme vestale
En ton ombre s'étale Le tapis d'Orient des Édens continus.
Prunelles en rêve, torse en les soleils, Immuable coucher de soleil aux toisons, Voici venir jamais la chanson aux moissons,
^8 PREMIEBS POÈMES
Les chars sont demeurés dans le fixe appareil Et dorment les Jasons aux blanches floraisons Des illusions aux rais de soleil.
Et [l'ombre épaissira ta nuit continuée, Reg-ard, clarté, frisson, disparaissez au voile, Ah ! sont clos les volets de la défunte étoile, Laisse flotter l'oubli et l'opaque nuée.
LRS PALAIS NOMADES 79
El sur la place en iPétes, eu fleurs, en femmes Caresses, ehwolet vos troubles lents.
Des âveux g^alants ondulaient aux femmes — Caresses, ncigez des infinis blancs.
Sur la place en fête, d roses d'âurore — Roses, pâlisse^ atïx gouffres des temps — Les âveux s'ornaient des baisers C(U*irrore Le chœur étiolé des frissons des temps.
Roses, pâlissez, tout fuit et c'est l'ombre.
Chœur étiolé des années sonnées — Caresses, passez vers les odeurs mortes, Caresses, neigez; tout fuit, et c'est lombre — Le mofne soleil d'heures surannées S'enfuit aux banquises de ses mers mortes, C'est la place en deuil aux caresses d'ombre.
8{> HREMIERS POÈMES
Fantôme irraisonné, j'ai passé par la ville.
Amas des chairs, amas des fleurs, et toutes elles, Avec des sons lointains d'orgues et cris d'oiselles, Mon corps s'en alla vague aux rumeurs de la ville.
Treillis de rose et blanc, et gemmes de la chair, Vos gammes déroulaient aux asphaltes si chers Le relent des présents, des divans et des chairs.
Où vont les pas trop mous? Lointaine est l'avenue Les parcs mystérieux et languides où se pare L'image qui s'entoure de toison d'or et pare Le château qui s'endort aux rosées tard venues.
Hilarantes et déchirantes, gemmes et gammes, partez Où s'écoule le flot hagard et pailleté d'apartés ! Insoucieux fantôme et si vague j'allais par la ville.
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Se penchant vers les dahlias, Des paons cabraient des rosaces lunaires.
L'assouplissement des branches vénère Son pâle visag-e aux mourants dahlias.
Elle écoute au loin les brèves musiques Nuit claire aux ramures d'accords, Et la lassitude a bercé son corps Au rythme odorant des pures musiques.
Les paons ont dressé la rampe ocellée Pour la descente de ses jeux vers le tapis
De choses et de sens Qui va vers rhorizon, parure vermiculée
De son corps alangui.
En l'âme se tapit Le flou désir molli de récits et d'encens.
d2 PREMIERS POÈMES
Parc du silence, opacité Morlelle cécité du soi, Vers les boudoirs tendus de soie Volète sa sincérité.
Tout à rheure, c'était sonorant le bal Puis, large, la vag^ue aux nappes liliales, Et Tassourdissement de langueurs filiales, Et les discrets appels déments du triomphait
Parc du silence eu tout est elos, Un trille lent volète aux cirtlfes^ S'énamourent Ifes pui's azymes De l'âme : argentins discrets tintent déà grelots, Course somnambuliqiie [aux abjmes.
LES PALAIS NOMADES 83
Perdu dans le regret d'on ne sait quel vécu — Il susurre en la ville un son d'inexpiable — Et lassé sous ce morne soleil mal convaincu De sa nécessité d'apôtre d*or potable.
Si frêles dans les soirs, si mornes dans les laines. Villes qui dormez vos ruines à ces lacs, Sabbats figés d'écarlales aux entrelacs Des vitraux éclaboussés d'amour pur et de haines Remémorez les fictives scènes.
Sous le lourd faix du temps voûtez les épaules — C'était aux soirs envoûtés le crime inoubliable. Depuis, les pieds au feu, un manteau de pôles.
H/\ FREMI£I\S POKMICS
Et passez, et passez sous la lourde relique Relique au crâne, aux yeux, aux mains
Et puis passez Aux sempiternels demaios
Monotones rongeurs d'éternelle réplique.
Dites-nous vos entités, Vos blafardes déités.
Vos robustes mentent leur obscurité.
Et puis passez, souffrez, évoquez et meniez.
LES PALAIS NOMADES 85
Très lents, — où aller Placides, — que faire Et l'orgueil confère Un rythme en allé
Boire et puis disparaître aux remous Résonner et disparaître en cycles mous Courir vers la fin seule de la faim Dormir enfin.
Et le rêve si gris de simples ambitions Et de vous humbles possessions Mirages d'orages.
Et tout est tranquille aux plus reculés Des ramages, et d'inutiles forages En des sois éculcs.
Le mirage trompeur du toi que tu devais — Regards aux boulevards et sourires aux lacs
Ëmhiitouflé de tes lacs
Terde je m'en vais.
Ton sourire élargi fut le leurre
El les fleufs Ont paré vaiiieiriélit lés ôfs dé loil heure
Tes rythmes vernis par des mages mercenaires — tes yéUx, la boiiehe, ta Voix iSftns cessé s'exonère
En un vague aparté d'Un mei'Veilleux pavois.
LES PALAIS NOMADES ' 87
Et tes reins et tes seins
Et ta lèvre et la fièvre
Tout est mièvre, tout est vain.
Et je me débats des ébats De ta norme difforme.
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Chère apparence viens aux couchants illuminés;
Veux-tu mieux des matins albes et calmes Les soirs et les matins ont des calmes rosâtres
Les eaux ont des manteaux de cristal irisé Et des rythmes de calmes palmes Et l'air évoque de calmes musiques de pâtres.
Viens sous des tendelets aux fleuves souriants
Aux lilas pâlis des nuits d'Orient Aux g-lauques étendues à falbalas d'argent
A l'oasis des baisers urgents Seulement vit le voile aux seuls Orients.
Quel que soit le spectacle et quelle que soif la rame Et quelle que soit la voix qui s'affame et brame,
LES PAL.US 3fOVADE«» 8(1
L'oub]ié da lointain des joars chatouille et serre, Le lotos de l'oubli s'est fané dans mes serres.
Cependant ta m'aimais à jamais ?
Adiea pour jamais.
0^ PIlEMlKnS POÈMES
L'éphémère idole, au frisson du printemps Sentant des renouveaux éclore,
Se guêpa de satins si lointains et d*antan..
Roses exilés des flores I
Le jardin rima ses branches de lilas;
Aux murs, des roses trémièrcs; La terre étala, pour fêter les las,
Des divans vert lumière ;
Des rires ailés peuplèrent le jardm Souriant des caresses brèves,
Des oiseaux joyeux, jaunes, incarnadins^ Vibrèrent aux ciels de rôve.
LKS PALAIS NOMADES €fl