VOIX AU PARC
L'inflexion d«s Yoix chères qui se sont tues. Paul Verlaine.
Fugaces sont les temps d'aimer; pertiriaces les sautillements de petite serve de qui ta ennoblis le regard.
Le long ennui des esclavages, et des luttes sourdes et de la faiblesse. Sa pauvre ironie mauvaise est sans sourire; un peu de pitié pour C éternelle captive ^ la vouée aux chutes mal élues.
Après la crise et le calme, dans le silence momentané ^ écoute ses voix^ les voix de ton autrefois^ en toute sérénité.
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92 PREMlEnS POKMKS
Au détour, au détour, des allées, des allées Ondulant et glissant et diaprant, en allées Le masque se recule aux blancheurs reculées.
Et ses fronts bizarres de langueurs étoilées.
Et ses fronts reculés^ et ses yeux où sont peints
La cime sourcilleuse et l'orgueil des grands pins
Le calme où va le cygne aux lignes curves — vignes
Aux grappes éclatées d'inconsolés désirs —
Et les rossignols pâmés viennent gésir
Aux calmes reculés des yeux épars sans ligne.
Au détour onduleux des guirlandes des sens, Et venir au fugace vague les mains tendues.
Les yeux se sont figés de mortelles étendues Aux détours onduleux et glissants, route des sens.
Qu*iinporte ta douleur à ma douleur
Ta pâleur à mes lang-uides couleurs
Et ta seconde trépidante à ma mort essentielle.
La phtisie des soirs est le frêle encensoir De tes rythmes hâtifs et des bras étendus,
Tes infinis sont en mes ciels, Tes insomnies aux moments de mes soirs,
Où tes sens flocons appendus.
94 Pi^i^ifif^as poÈMcs
Solitude d'épongé endormie Et silence des momies Et paix vaste des accalmies — Aux ongles déchireurs de mes flancs introuvables.
Murmure étoffé des chuchotements Et des diserts pleurs et frissons bramants Et douce mort, ruisselât aux flots calmants Aux conques de mes oreilles le fracas des Océans.
Les voix qui sont passées en langiies périssables Les désirs amoncelés en ondes de sable Aux socles de mes pieds au derme raffermi Que vous baisez impatients et futiles — amants.
LES PALAIS «QM4J>£S Q^
Tes jeu)ç qi^i pas.9pz iadlffénsnt^s '^ Et des soips aux grands grbres où naquit Le douip, le triste^ et l'amour pour qui En ton vague co^ur qui point ne naquit.
Les soirs caressés de tes yeux indifférents.
Tes yeux, ces yeiix épars aq? routes dç mes lèvres Et puis si tes saveurs i^pyeuses ont caressé ^^ Mes lèvres s'appuyaient aux doaceiirs qu'ont tressé Ébène et neige aux lèvres hantées de fièvres — Tu t'qn allais aux décors bruissé^»
Et puis encore petite enfant aux petites main$ Effeuillant à tout jamais les pétales de mes demains
Berce mes âmes murmurantes ^^ Et toi dans l'errance de mes ombres d^^eurant^s*
MlËMIEKS POEMES
Oh! Je souffre vivante et je geins éternelle! A ma barque venez embarquer les caprices Venez au lent sourire, aux yeux clos, à la lice Ouverte des tournois sous mes lampes éternelles.
Tempêtes aux rades, et flots qui mugissent Et solitude éparse au fréquent de mes voix, Et mornes passagers et futiles envois.
Côtoyant les trompeurs phares qui surgissent.
Et de Tor épandu dans les levers, dans les matins Dans les cheveux — et le grêle sillage de satin Qu'autour des larges yeux neigea ma chair pour tes faims*
Toi qui vas solitaire aux carrefours, entends. Voici venir en moi tout le fané des temps
Go^Dgle —
LKS PALAIS NOMADES 07
Voici dans le limpide et le blanc, fleur d'étangs; Recèlent mes appels le mensonge dé tes enfins.
Et si de la pitié te vient de mon hagard
Marche dans mes déserts inconnus des Agars,
Peut-être trouveras Tonde consolatrice
Au seuil en fête, au seuil en fleurs de ma matrice,
Où tu boiras la soif au non de mes regards.
La chimère est en moi, mais molle est ma ceinture, chercheur des toisons perlées de Taventure Ne sais plus mes baisers partis en aventures.
Au plus loin du palais souillé, vers mes étangs ! Et les paons du désir et ses lions qui rugissent Et les fronts inclinés câlinant aux tentures — Et tu seras celui qui dort aux dictatures.
Ou berceuse je serai ton antienne Ou nocturne Tétoile ancienne Ou les soirs aux féeries musiciennes, A mon orgue joueront les profonds du gésir.
Oh I qui galopera dans mes plaines arides?
Quelle main passera son frisson à mes rides?
PEEMIERS POEMES
Qui §elAQeeF0, ]e çb^val sanç bri4# Au mir^g^ fugftco d^ mes br^fs (Lô^ir/s^?
Qui viendra s'oublier, fauteur des pardons Qui résurg>era l'oubli des faux pardcxps?
Et je soufiFre vivanti^ ai je gdips é(#paall« -^ S'éveill^rl Ob J riasteat p^da 4© Ç0t é^lgîpl Mais marcher d^ask le jwpi^li 9C m^notooe elair Qu'allument aux humains mes inscientes prunelles.
!t.*fc.»..i^»i.'r.3a8CllÉ*a*ii*"'"'^^ "' Digitize(Ttiy>
LES PALAIS NOMADES (IQ
Aux bruits s^étoilant en fusées de murmures
Aux passants des ramures Ecoule — et laisse allei' le rêve au bois Et flotter se dispersant — plus aux abois
Et vers l'ample blancheur mène tes incertains Et tristes pas. — Laisse vers les matins S'imposer la trêve obscure du loisir — *
Et va, je suis le peu qui fatigue à dormir.
PRRMIERS POEMES