‹ Premiers poèmesChapitre 9 sur 29 · CHANSON DE LA BRÈVE DÉMENCE · texte numérisé non relu

CHANSON DE LA BRÈVE DÉMENCE

Le bref accord, sous les claires ramures^ s'est défait de lente tristesse,

La lassitude éparse, qui des heures lointaines s'ensevelit en l'esprit, adapte un hivernal manteau aux chairs pas assez neuves.

Rien ne survit au bref instant ^ V accord s'évapore en regrets, l'acte dissonne puis se résout, rien ne revit ni ne refleurit.

Bientôt vers les heures lointaines ensevelies, encore cette minute. Aux nécessaires lassitudes rentrons.

LKS PALAIS NOMADES

Quel que fût l'inconnu que tes mains apportèrent Violette et grave enfant, à la voix brève, à l'œil sans pleurs Pour tes cieux et tes yeux et ta bouche et tes fleurs Merci d'être venue t'assoupir à mes terres.

Car je me suis éclos de toutes tes morsures Plus intime aux frissons intimes des douleurs Et du lourd chagrin des mains souveraines Et des saines strideurs des bouches en blessures.

Enfant qui t'en vas seule aux berges si lointaines, Par le regret cruel des places longtemps vides...

Passez sa voix incertaine

Aux voix des soirs plus livides.

PHEMIERS POÈMES

Je suis redire dans la dëtlieurë

Avec la tadturne iVrésst; qui pàl*donfae \

Les cloches de mémoires qai tnearërit i

Grondaient l'instant qui s'abandonne. J,

Les cloches de iriémôiré redisaient les yeux morts.

Les chevelures rèdéhou^es

Et les làngiieufs tant douées D'un mirage furtif et frêle de bonne mort.

Et dans la brève demeure où meurent

Cuirasses des seins vaincus, des fleurs

L'ombre s'est apaisée de 1 âme qui pardonne

Aux bras tordus, qui vers d'autres pôles, s'abandonnent.

.^Goo^Ie ù^

LÈS PALAtS NOMADES I03

Tes hérauts qui soniiaieat A\ix hdrizoïië^ Tes étendards qui fldttaietlt aii& horizbtis^ Et ton debout datls l'ère obi^cdré Et tes fanaux dans ma nuit obscure.

Les cors de tes désirfe éûl g-amitiës de ebiiëëiëilbë Les assoupis, les étoilfféâ àpfielâ de éôrs; Les micas d68 lëtlg^tiëurë làng>(iidéë de toîi côr^iis Le point noir immobile aux yeux de ta conscience

Et toutes meâ liiiiiiltéé eil foiile

Et toutes mes pensées en hdule^

Et les chevaux cabrés de me& vdtllëirâ

Eperonnés des folies de ta g'ioire

Au lit pierreux du fleuve mort voulaient boire.

Les voix redisaient : la chanson qui brise En son cœur, son cœur enseveli C'est le son des flûtes aux accords des brises Et la marche nuptiale des pâles lys.

Et que des perrons d'idéal porphyre Elle descendrait lente et front baissé En lacis perlé d'idéales Ophirs Et les mains soumises et lèvres blessées

Qu'il faudra bercer la candeur surprise A l'éveil si brusque au matin d'aimer — si court mirage des bonnes méprises Et réveil si brusque et fini d'aimer.

LES PALAIS NOMADES

Je me mémore en ton fantôme d'ombre recluse Et puis en tes parlers sillés de nuls falots — Le décor se mobile aux mouvantes écluses Du fleuve aux rouges et mordorés et verdâtres flots.

Au fleuve dont les flots sont mordorés et rouges Mes yeux se sont penchés inquiets de tes climats Façonnés de parlers fièdes dont le sillage bouge D*arcs argentés, de sourires blancs^ de lys en amas.

Le décor se mobile et fond en minceurs

Les falots au lointain sont perdus — et que dire?

Les falots sont éteints. Rêveuse la noirceur

Accoude ses plis lourds aux berges mourantes du dire.

Aux berges s'est traîné démantelé le fleuve Le décor assombri s'immerge en la logique De l'Eve au parler sourd sillé de névralgiques Regrets d'avoir été palais, décor, et fleuve, et veuve.

Par delà la ttietf la iher, entendràs-tu moa soûvénfr ^^ Je sculpterai ta face à Tavant du navire Et tes jùJi% bercérOFtit atf gottflffe le fiaVité.

Par delà les sables, tes sables, chercheras-tu mon souvenir Toujoiirs plus loin, l'yihmée d'iin fève intérieur Lente, la caravane ira les yeux ailleurs Sans chercher l'oasis ni les kiefs d'avenir.

Par delà les rêves, les rêves oublieras-tu mon souvenir — Oublieux du banal dont te parent tes fautes, Du dormant palais dont parfois je fus l'hôte, Je g^arderai le nostalgique amour sanâ revenir.

Gdos

LES PALAIS NOMADES IO7

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