‹ Premiers poèmesChapitre 20 sur 82 · DOUBLE RÊVE · texte numérisé non relu

DOUBLE RÊVE

Tu me livres ta maîn d'un geste familier,

Et je vois aussitôt tes grands yeux s'oublier

En un songe lointain dont le charme t'emporte,

Et tu restes immobile comme une morte,

Et je sens ton esprit distrait s'en revenir

Vers le passé défunt de quelque souvenir,

Et tu rêves peut-être, et je te le pardonne,

Un bonheur qui n'est pas celui que je te donné.

Alors une tristesse indicible me prend,

Telle devant ce froid regard indifférent,

Que moi-même je m'en retourne à de vieux rêves.

Et j'évoque des bois gonflés au flux des sèves.

Où la feuille au soleil a des touches d'or blond,

Un jardin d'autrefois, et je marche le long

APAISEMRNT 63

De quelque sombre allée aux ormes séculaires Vers Tendroit qui s'égaie au babil des eaux claires Où, mirant au miroir ondulé des bassins La nudité neigeuse et vierge de ses seins Qui sortent à demi d'un corsage à fleurettes, Une femme dispose avec ses mains fluettes D'une élégance rare et d'un galbe nerveux,!

Dans le fouillis épars et lourd de ses cheveux, Des œillets embaumés, en notre promenade Cueillis près de la grotte où rit une Naïade.

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