LA GRAPPE
L'Aurore impériale et sa pourpre ont passé..
Francis YisLé-GRirriif (Les Cygnes.)
O chère, qui connais le rêve dont je meurs^
Moi qui voudrais cueillir des raisins d*or aux treilles,
Assoiffé d'impossible et rêveur de merveilles
J'ai fait longtemps en vain le geste des semeurs.
Romps la paix oublieuse et calme où tu sommeilles Vaguement souriante à des songes charmeurs; Le vent des frais matins promène ses rumeurs Et la nuit s'éclaircit pour les aubes vermeilles ;
Allons vers la colline où nous guide l'Espoir, Vers la colline douce et de mes mains plantée, Chercher le fruit promis et la grappe enchantée;
Et, si rien n'a germé, nous descendrons, le soir, Pour guetter en ia foi d'attentes puériles Le retour régulier des Aurores stériles.
Avec son chant calmeur qui soulage lea âmes Par l'assoupissement des moroses pensera, La mer s'en vient mourir en rythmes cadencés, Berçant de vieux espoirs dont longtemps nous rêvimes.
Et le désir nous prend de voguer sur les lames Au roulis vagabond des vaisseaux balancés.
Par des pays brûlants et des climats glacés, En de frigides nuits et des midis de flammes,
our voir (6 rêve inné soudainement éclos) ur celte immensité frissonnante des flots, ux confins de la mer brumeuse et matinale,
urgir à l'horizon s'ouvrant comme un décor
'ans le magique éclat d'une aube virginale
'Ile des fleurs de pourpre et des feuillages d'or.