‹ Premiers poèmesChapitre 49 sur 82 · PARDON · texte numérisé non relu

PARDON

La grêle meurtrière a flagellé la vigne

Où la grappe se meurt qui ne doit pas mûrir,

Et je vois le bassin desséché se tarir

Et sa vase souiller Taile blanche du cygne;

Et désespérément en moi je sens mourir La révolte et Torgueil du rêve qui s'indigne D*être déçu toujours et mon cœur se résigne A ne pas espérer pour ne pas trop souffrir;

Car je sais que ta voix même qui me rassure Sera pareille au jour de trahison future...

Et voici mon pardon qui d'avance t'absout;

Qu'importe si la coupe où je bois est d'argile, Prends donc ce cœur qui sait que tout espoir est fou, Qui pardonne au fragile amour d'être fragile.

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