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Et sur le haut vitrail planent les vols mystique^^ Courbant les lis frôlés du nu de leurs talons, Des Anges vêtus d'or, porteurs de glaives longs Au pommeau rehaussé par des perles bossues Et de robes qu'un ciel d'Etoiles, aperçues En leurs scintillements de clartés et d'exils Et leurs gouttes de feux palpitants et subtils. Par les trous dont le Temps a criblé les verrières. Constelle de points d'or et pique de lumières.
LA VAINE VENDANGE
Ils ont filé la laine blanche à vos genoux, Indolents et charmés de leur tâche d'esclave, Et, sous vos yeux railleurs dont le défi les brave, Ils ont courbé la tète et se sont faits plus doux.
Leurs armures gisaient dans l'herbe haute, et Vous, Gomme par jeu, d'un rire ironique et suave, Fîtes sonner l'écho de la trompette cave, ^
Et le casque essayé couvrit vos cheveux roux.
Et les Héros, riant de cette espièglerie, Ignorent que leur chair imprudente et meurtrie Doit saigner aux sabots de leurs chevaux cabrés ;
Que d'une main tirant vos glaives de Tueuses De l'autre, pour les éblouir, vous dénouerez L'or épars de vos chevelures somptueuses.
LA VAINE VENDANGE
Un sang miraculeux saigne dans les calices D*où déborde en caillots la pourpre des rubis, Et voici s'allumer aux soirs des sacrifices Les cierges, blancs comme la toison des brebis.
Du trésor opulent des laines de la tonte Nous avons façonné par le soin de nos mains Des ceintures d'opprobre et des robes de honte Que nos Epouses traînèrent par les chemins.
Leurs lèvres où s'ouvrait la rose des sourires Ont fleuri leurs parfums pour d'autres que pour nous, Et les doigts enhardis et velus des Satyres Ont manié le poids de leurs cheveux d'or roux ;
216 PMEMIERS POÈME
Chevelures blondes et fauves d*auréole Où nous voulions l'éclat des étranges joyaux, Trophée étrange et prix d'une gloire frivole Qui chargent le retour opime des Héros I...
L^Ile où nous a menés le vol dompté des Cygnes Traînant la conque d'or sur des mers de saphyr. Vers la maturité des vergers et des vignes Sur qui de grands couchants d'Automne vont mourir,
Le jus des fruits sacrés et le pur vin des grappes Dont s'exalte une ivresse aux cerveaux avinés, Ont trompé notre soif au soir de nos étapes Que brûlèrent les feux des soleils déclinés ;
Vendange de la Gloire insipide et cruelle Du sang saigne au calice et déborde, rubis I Et dans le soir la flamme pâle s'échevèle Des cierges, blancs comme la laine des brebis.