LE JARDIN D'ARMIDE
Les heures, fol essaim, sont mortes, une à une. Gomme les fleurs, comme les jours, comme les rôves, Et le reflux du Temps a dénudé les grèves. Et le vent a chassé les sables de la dune.
La poussière des soirs s'enrôle en l'ombre avide De cette vanité qu'un souffle épars emporte.
Gendre amère du fruit maudit d'une mer morte Où gît la Gité d'or mystérieuse et vide.
Le Rouet a filé la laine des vains songes.
Le métier a tissé l'étoffe que tu ronges, Temps, nul n'a vêtu la robe qui s'effile ;
Et le glaive, tenu d'un geste de statue
Par l'Archange, a marqué de son ombre inutile
Le cercle lent où l'heure implacable évolue.